Giroud, la reconquête à petit pas
Dakar 2026 |
Étape 2 |
YANBU
> ALULA
5 janvier 2026
- 21:09
[GMT + 3]
Pour son 10e Dakar, l’ancien quadeur et même double vainqueur de la catégorie Alexandre Giroud est engagé comme l’année dernière en Challenger. Et à ce stade de sa nouvelle carrière, il lui reste encore du chemin pour viser un nouveau titre. La malchance s’en mêle un peu, mais la patience est son alliée.
Sur le Dakar, il est courant de passer de l’anonymat à la gloire, et inversement. Alexandre Giroud a dans une première vie connu une phase ascendante qui lui a enseigné l’humilité et la persévérance. En débarquant pour la première fois en Amérique du Sud en 2017, le pilote isérois était déjà piqué par le virus du quad, hérité de son père Daniel qui avait été le premier en 1997 à terminer le Dakar sur ces engins alors perçus comme farfelus. En revanche, le fiston a dû se frotter à une concurrence redoutable des Argentins et Chiliens, qui dominaient la scène avec les frères Patronelli, Ignacio Casale ou Nicolas Cavigliasso. Sur ses deux premières tentatives, Giroud a coincé aux portes du Top 10, puis a finalement connu la consécration en s’imposant sur l’épreuve en 2022 et 2023. Depuis la disparition de la catégorie sur le Dakar, une reconversion s’est imposée pour le Français, qui a opté pour le Challenger, mais sa première expérience s’est soldée par un abandon. Mais le champion d’hier est-il redevenu un bizuth comme les autres en troquant son guidon contre un volant ? « Cela ne me plait pas aujourd’hui de ne pas être devant, mais honnêtement en quad au début c’était pire, je prenais une heure à heure et demie par jour. J’ai appris, on a travaillé et on a vu ce que cela a donné. Aujourd’hui je suis à dix minutes un quart d’heure, il n’y a pas de raison que ça ne marche pas. Cela m’a pris trois-quatre ans pour commencer à faire des perf’ en quad et c’est à mon sixième Dakar que j’ai gagné. On va essayer de ne pas attendre autant ! »
Manifestement, il manque à Alexandre quelques automatismes propres aux prototypes légers pour batailler dans les hauteurs du classement. Et comme si la délicate adaptation à ce nouveau véhicule ne suffisait pas à enquiquiner notre homme, la poisse est venue perturber ses plans sur l’étape menant à AlUla. « On a crevé deux pneus au km 37. On n’avait plus de roue de secours, et un autre a recrevé malgré la prudence que je pense avoir mis. On s’est retrouvé à rouler sur un pneu crevé. Comme on roulait doucement, on a eu un accrochage avec une auto et en nous tapant, elle nous a crevé un autre pneu. On en était à quatre au km 80. Le camion d’assistance est arrivé et nous en a dépanné de deux. On en a encore crevé un… ce qui fait cinq dans la journée ! On découvre la discipline, mais je suis un travailleur plutôt qu’un chanceux, ceux qui me connaissent le savent. Donc on va travailler ». A l’arrivée de la spéciale le pilote du Taurus #308 du team Rebellion-Spierings accuse en effet un retard de 1h39’ sur le vainqueur du jour Lucas Del Rio, et pointe au 20e rang de la catégorie. Il en faudrait bien davantage pour le décourager : « Pour l’ego, c’est compliqué. Mais je vais manger mon pain noir et rester prudent car au Dakar, le but n’est pas de gagner du temps mais d’en perdre le moins possible. Il y a un quadeur nommé Nico Cavigliasso qui a mis trois Dakar en voiture pour y arriver, ça s’apprend ».
