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J-2 : à l’heure des vœux


2 janvier 2026 - 08:03 [GMT + 3]

A deux jours du prologue de la 48e édition du Dakar, la première journée des vérifications techniques et administratives a notamment vu un défilé des Toyota Hilux qui représentent une partie des favoris de la course autos. C’est le cas du tenant du titre Yazeed Al Rajhi et de son premier poursuivant en 2025 Henk Lategan, ainsi que d’une très grande partie la génération montante du rallye-raid. Le bivouac de Yanbu a également vu le retour de Stéphane Peterhansel, qui a marqué une pause en 2025 mais sera bien au départ samedi de son 36e Dakar, au volant d’un Defender dont trois exemplaires vont s’attaquer à la catégorie Stock.

Le retour de Mathieu Baumel pouvait sembler encore plus improbable après son grave    accident à la fin du mois de janvier 2025. Il est bien le copilote du Belge Guillaume de Mévius, avec qui il entend bien batailler pour une place dans les hauteurs du classement. En marge de la course aux titres les plus prestigieux, les jeunes pilotes de l’académie Saudi Next Gen ont bien débuté leur programme.

L’avenir se prépare aussi sur le plan de l’innovation technologique, puisque l’écurie de Sven Qandt a annoncé qu’elle engagerait en 2027 une auto à hydrogène en cours de conception avec la société Inocel de Mike Horn.

YAZEED AL RAJHI : « NOUS SOMMES PRETS À NOUS BATTRE »

Sous plusieurs bannières, ce sont les Toyota Hilux qui ont massivement occupé le terrain pour la première journée des vérifications techniques et administratives. Leur chef de file naturel reste Yazeed Al Rajhi, héros de l’édition 2025 après une victoire à domicile, conquise au terme de sa 11e participation au Dakar. Après son heure de gloire, le champion saoudien s’est fracturé deux vertèbres lors d’un accident sur la Baja Jordan et n’a pas retrouvé son niveau de pilotage sur le reste de la saison, mais ne perd pas l’espoir de défendre son titre : « aujourd’hui nous sommes prêts à nous battre et notre but est de gagner à nouveau. Car nous avons toujours la même vitesse ». Parmi ses nombreux adversaires, son premier rival de l’année dernière reste lui aussi embarqué dans un Hilux. Henk Lategan pense logiquement à améliorer sa 2e place, mais connait déjà suffisamment bien les aléas du Dakar pour éviter de claironner trop fort cet objectif : « La compétition sera très serrée, c’est le peloton le plus compact mais aussi le plus large que l’on ait jamais vu au Dakar, beaucoup de pilotes peuvent gagner. » Après deux victoires à moto (2016-19), Toby Price a dû abandonner pour son passage sur quatre roues en 2025, ce qui ne le prive pas de cultiver des ambitions qu’il partage avec son nouveau copilote Armand Monleon : « je veux gagner le Dakar en auto, affirme l’Australien. Cela va demander beaucoup de travail, mais au fond de moi, quelque chose me dit que je n'en ai pas encore tout à fait fini avec ça ». 

JOAO FERREIRA : « LES JEUNES VONT DE PLUS EN PLUS VITE »

L’armada des Toyota se distingue autant par la qualité des CV de leurs pilotes que par une moyenne d’âge d’étudiants en droit. Avec Seth Quintero (23 ans) et Saood Variawa (20 ans), la marque japonaise était déjà représentée l’année dernière dans le tableau des vainqueurs d’étapes. Ils ne s’interdiront pas de viser cette fois-ci une belle place au classement général final, tout comme Joao Ferreira (26 ans), qui se réjouit d’avoir intégré le club « Toy » en cours de saison : « avant le départ de la course, tout le monde est candidat à la victoire. Les jeunes pilotes vont de plus en plus vite. Et on l’a vu au Maroc, on était au rythme des meilleurs, pas seulement moi, mais aussi les autres ». Justement, un autre prodige du volant se voit bien batailler dans les hauteurs du classement. Après s’être imposé dès sa première participation en SSV sur le Dakar 2023 à seulement 19 ans, Eryk Goczal ne se fixe aucune limite pour son arrivée dans la catégorie reine. Le Polonais a choisi lui aussi un Hilux T1+ pour son retour sur le Dakar : « J’essaye d’être meilleur à chaque course, j’espère que ce sera le cas les prochains jours. Je ne compte pas m’arrêter là, je ne vais pas lever le pied et je pense que c’est le côté positif de mon pilotage ! » Pour viser très haut, le bambin pourra bénéficier des équipiers les plus dévoués qui soient, son père Marek et son oncle Michal, eux aussi vainqueurs d’étapes à leur époque SSV.

STÉPHANE PETERHANSEL : « ON SERA LOIN DES PROTOTYPES »

« Monsieur Dakar » a bien changé, il ne vient pas pour gagner ! Après avoir collectionné 14 trophées (6 à moto, 8 en auto), on aurait pu croire que Stéphane Peterhansel arrêtait sa carrière au terme de son aventure avec le constructeur allemand Audi. Il a finalement décidé de reprendre du service pour un projet bien différent consistant à redynamiser la catégorie Stock, où sont engagés des véhicules proches des modèles de série, n’ayant aucune chance de rivaliser avec les véhicules de pointe. « Un prototype a une résistance qui est incroyable, explique le recordman du Dakar. Tu peux passer dans des trous, des saignées où tu vas presque blesser le dos du pilote à l’intérieur, mais la voiture va résister aux chocs. Nous, on a une voiture qui a des éléments beaucoup plus fragiles. Donc on est obligé de passer moins vite et de ne pas taper dans le matériel. Ce sont ces deux raisons qui font principalement que l’on sera loin des prototypes. » Si les Defender D7X-R ne figureront jamais au sommet des classements scratch, la marque britannique espère toutefois s’attaquer au titre de la catégorie Stock, jusqu’ici dominée par les Toyota Land Cruiser Auto Body (12 victoires). « Peter » est accompagné dans cette mission par le Lituanien Rokas Baciuska et l’Américaine Sara Price, qui ont auparavant été des acteurs majeurs en Challenger et en SSV.

MATHIEU BAUMEL : « UN TOP 5 SERAIT UNE BELLE VICTOIRE POUR UNE REPRISE »
Guillaume de Mévius
est la carte maîtresse de Mini X-raid. Le Belge a aussi été le premier à témoigner de sa confiance à Mathieu Baumel, le navigateur quadruple vainqueur de l’épreuve victime d’un accident quelques jours après le dernier Dakar, qu’ils venaient de boucler ensemble. Pour l’équipage qui avait créé la surprise en 2024 en se hissant au 2e rang de la course, la course contre la montre pour se retrouver dans un baquet de course a déjà été remportée haut la main. Le duo franco-belge a déjà pu disputer deux Bajas de préparation. L’heure est au retour aux affaires et Mathieu Baumel a déjà des objectifs clairement en tête : « On m’avait donné un an ou deux de réhabilitation et cela s’est fait quasiment en six mois. Dire que l’on vient pour gagner serait trop optimiste. Se positionner dans un Top 5 serait une belle victoire pour une reprise. Ce qui est plus réalisable, et que j’espère on arrivera à faire rapidement, c’est une victoire d’étape. Ce serait ma victoire personnelle et on la doit au team. »

ORIGINAL BY MOTUL : LA PURE AVENTURE, EN TOUTE DISCRETION
Ils sont 26 motards dans la catégorie Original by Motul. C’est à eux que le directeur du Dakar et ancien motard David Castera est venu présenter en premier ses vœux, accompagnés d’un message spécial : « vous êtes une catégorie à part car vous avez fait le choix que peu de concurrents osent faire : partir sans assistance, ne compter que sur vous-même. Vous êtes les aventuriers au sens le plus pur. Je tiens à vous dire tout le respect que l’organisation a pour vous dont l’aventure est parfois plus discrète ». A côté de la poignée d’habitués de la catégorie qui visent le classement interne de cette course dans la course, comme le Roumain Emanuel Gyenes (vainqueur 2020 et 2025), le Français Benjamin Melot (par deux fois son dauphin) ou l’Espagnol Javi Vega (2e en 2023), ils sont dix débutants, soit plus d’un tiers de la catégorie. Sept d’entre eux sont français, dont Matthieu Jauffraud : « on commence à tous se connaître, on a tous débuté notre parcours de sélection en 2023 ou 2024, presque toujours en malle-motos sur des courses comme le Rallye du Maroc, l’Abu Dhabi Desert Challenge ou le South African Safari Rally. On a tous fait le même vœu pour cette nouvelle année : être sur le podium ici le 17 janvier. J’ai hâte que cela commence, je suis parti le dimanche 28 décembre et la course va commencer samedi, presque une semaine après ».

SAUDI NEXT GEN, SAISON 2

Le Dakar ne se dompte pas, au mieux on apprend à le connaître pour tenter d’y tenir son rang. Afin de faire émerger des talents pour prendre exemple sur Yazeed Al Rajhi, le ministère des sports saoudien et la fédération des sports mécaniques ont créé avec les organisateurs du rallye une académie qui a reçu depuis hier les membres de sa deuxième promotion. « Nous souhaitons que l’Arabie Saoudite ne soit pas seulement une terre d’accueil, mais aussi une terre de pilotes, une terre de champions », a résumé David Castera en ouverture d’une conférence de presse à laquelle les cinq pilotes et cinq copilotes de Saudi Next Gen, venant cette année d’horizons variés (karting, circuit, rallye classique, tout-terrain…) étaient invités à s’exprimer. Parmi eux, le pilote de kart et d’autocross Abdulaziz Al Saud pointe les aspects clé de la session d’apprentissage accéléré qu’il est en train de vivre : « c’est vraiment un processus important pour se rapprocher du haut niveau, et ça ne concerne pas que le pilotage. Il faut aussi comprendre les enjeux de la préparation, ou l’harmonie avec son copilote. Ici, nous mesurons déjà les efforts nécessaires pour nous montrer à la hauteur du Dakar dans l’avenir ». Pour encadrer cette classe d’apprentis, c’est l’ancien pilote et organisateur Edo Mossi qui donne les directives et observe le potentiel des candidats. L’Italien se rend compte de la marge de progression de ses élèves et garde l’enthousiasme de les voir se rapprocher de leur rêve : « sur les tests effectués pendant la première, c’était très difficile. Hier j’avais avec moi de grands débutants, qui n’avaient quasiment jamais ouvert un road-book. Mais aujourd’hui j’ai observé des progrès, j’ai des élèves très concentrés ».

DAKAR FUTURE, DE L’HYDROGÈNE À L’HORIZON

Le futur se conjugue déjà au présent sur le Dakar. David Castera détaille : « c’est un labo à ciel ouvert, où l’on dessine la mobilité de demain ». L’impulsion donnée par les organisateurs avec le programme Dakar Future présente plusieurs facettes, elle est également accompagnée par la détermination des constructeurs présents sur la course… à la fois pour la gagner et pour faire progresser des technologies qui seront ensuite proposées à grande échelle à leurs clients. Ainsi, la team manager des Dacia Sandriders Tiphanie Isnard, qui dépend du groupe Renault, a recours pour ses quatre véhicules à un carburant que ses ingénieurs ont développé avec la compagnie saoudienne Aramco : « nous tablons sur ce bio-carburant car nous avons pu observer que le rendement en termes de performance est identique, tout en faisant baisser dans des proportions importantes notre empreinte carbone ». Du côté de Toyota Gazoo Racing, le virage vers des carburants plus propres a également été pris, comme l’explique le directeur sportif de TGR W2RC Jean-Marc Fortin : « avec Repsol, nous avons un ennemi commun qui est le carbone, donc nous avons mis en place une collaboration très étroite et pratiqué beaucoup de tests pour aboutir à un bio-fuel avec lequel nos Hilux tournent parfaitement ». Sur les pistes et les dunes du Dakar, les six motos engagées par Artic Leopar Galicia Team et Segway ainsi que le camion KH7-Ecovergy disputeront le challenge Dakar Future Mission 1000. L’éventail des dispositifs de Dakar Future se retrouve également dans le bivouac en tant que nouvelle étape d’un projet étant né… au cœur de la course. En 2020, l’aventurier Mike Horn était engagé aux côtés de Cyril Despres dans une auto missionnée pour emmagasiner des données en vue de la conception d’une pile à combustible hydrogène. Six ans plus tard, c’est sa société Inocel qui a dans un premier temps mis au point Gen-Z 300, un générateur mobile à hydrogène qui alimente déjà une partie du bivouac en électricité. Surtout, la conférence de presse donnée à Yanbu aujourd’hui a été le cadre d’une annonce importante : Inocel et l’écurie X-Raid de Sven Qandt (qui a déjà fait gagner le Dakar à Audi avec un véhicule hybride en 2024 confié à Carlos Sainz) mettront au point un véhicule à hydrogène pour participer au challenge Dakar Future Mission en 2027. En attendant mieux…

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