Dakar 2022 - Étape 6 | Sanders et Terranova, la force rouge !

Dakar 2022 | Étape 6 | HA'IL > AL DUWADIMI
7 janvier 2022 - 12:23 [GMT + 3]

L’ŒIL DANS L’OBJECTIF
Dernière journée de course avant celle de repos, l’étape 6 a donné lieu au jeu des chaises musicales entre les boucles FIA et FIM de la veille dans la région de Riyadh. Les autos et les motos se sont élancées en même temps à partir de 7h45 dans leurs spéciales respectives. Si les autos retrouvaient au sol les traces des deux roues qui leurs sont familières, pour les motos de tête, habituées à affronter des pistes vierges, ou seulement empruntées par quelques-uns de leurs homologues partis en amont, il s’agissait d’un exercice inhabituel. L’essentiel du parcours chronométré était déjà marqué par les passages des catégories FIA de la veille.

Des traces parfois accentuées par les intempéries, et qui ont rendu le parcours impraticable sur certaines portions, contraignant la direction de course à stopper les motards à la première neutralisation commune, au km 101. Les motos n’ont ainsi eu droit qu’à un quart du programme, synonyme de repos supplémentaire bien mérité dès cet après-midi. Une aubaine pour certains, à l’image de Joan Barreda, parti chiffonné ce matin après sa chute de la veille. Chez les autos, la spéciale de 348 km à l’Est de la capitale saoudienne a tenu ses promesses et permis à Terranova et Ekström de faire parler d’eux.

Le résumé du jour présenté par Gaussin - Étape 6 - #Dakar2022
221 Terranova Orlando (arg), Oliveras Carreras Daniel (spa), Bahrain Raid Xtreme, BRX Prodrive Hunter T1+, Auto FIA T1/T2, action during the Stage 1B of the Dakar Rally 2022 around Hail, on January 2nd, 2022 in Hail, Saudi Arabia - Photo Frédéric Le Flo
221 Terranova Orlando (arg), Oliveras Carreras Daniel (spa), Bahrain Raid Xtreme, BRX Prodrive Hunter T1+, Auto FIA T1/T2, action during the Stage 1B of the Dakar Rally 2022 around Hail, on January 2nd, 2022 in Hail, Saudi Arabia - Photo Frédéric Le Flo © Frédéric Le Floch / DPPI
#201 Al-Attiyah Nasser (qat), Baumel Batthieu (fra), Toyota Gazoo Racing, Toyota GR DKR Hilux T1+, Auto FIA T1/T2, W2RC, action during the Stage 5 of the Dakar Rally 2022 around Riyadh, on January 6th 2022 in Riyadh, Saudi Arabia
#201 Al-Attiyah Nasser (qat), Baumel Batthieu (fra), Toyota Gazoo Racing, Toyota GR DKR Hilux T1+, Auto FIA T1/T2, W2RC, action during the Stage 5 of the Dakar Rally 2022 around Riyadh, on January 6th 2022 in Riyadh, Saudi Arabia © A.S.O./ E. Vargiolu / DPPI
211 Loeb Sébastien (fra), Lurquin Fabian (bel), Bahrain Raid Xtreme, BRX Prodrive Hunter T1+, Auto FIA T1/T2, W2RC, action during the Stage 4 of the Dakar Rally 2022 between Al Qaysumah and Riyadh, on January 5th 2022 in Riyadh, Saudi Arabia - Photo Eric
211 Loeb Sébastien (fra), Lurquin Fabian (bel), Bahrain Raid Xtreme, BRX Prodrive Hunter T1+, Auto FIA T1/T2, W2RC, action during the Stage 4 of the Dakar Rally 2022 between Al Qaysumah and Riyadh, on January 5th 2022 in Riyadh, Saudi Arabia - Photo Eric © Eric Vargiolu / DPPI

L’ESSENTIEL
Sur des terrains éloignés et des modèles différents, ce sont une combinaison rouge et une auto du même ton qui se sont imposées sur la dernière spéciale avant le repos, avec Daniel Sanders et Orlando Terranova respectivement à la manœuvre.

L’Australien n’a eu besoin que d’une centaine de kilomètres en raison de l’interruption des débats (voir L’œil dans l’objectif) pour aller chercher sa troisième étape sur le Dakar, avec un chrono qui lui permet de se repositionner sur le podium provisoire en dépassant Adrien Van Beveren au général. Sanders n’inquiète toutefois pas Sam Sunderland, son coéquipier chez GasGas lui aussi tout de rouge vêtu, en tête du rallye avec 2’39’’ d’avance sur Matthias Walkner à la journée de repos.

En quads, c’est pour 9 secondes qu’Aleksandr Maksimov remporte sa première spéciale sur le Dakar, mais cette marge ne privera pas un autre Alexandre, Giroud, de conserver la tête du classement général à mi-course.

Dans la course autos, Nasser Al Attiyah a assuré le minimum syndical (10e) pour boucler cette première semaine avec une confortable avance. Il constatait même à l’arrivée que Sébastien Loeb avait reculé au 3e rang de la hiérarchie sur une faute de navigation lourde de conséquences, et dont bénéficie aussi Yazeed Al Rahji, son poursuivant direct à 50 minutes tout de même. Dans le même temps, le numéro du jour était signé Terranova, dont le BRX Hunter tout rouge réalisait le meilleur temps à l’arrivée. « Orly » retrouve ainsi la saveur de la victoire qu’il n’avait plus goûtée au Dakar depuis 2015 sur ses terres argentines… une autre vie !

Ce n’est plus une surprise, mais c’est cette fois-ci sans ses freins que Seth Quintero a inscrit son nom pour la 6e fois sur le tableau des spéciales de l’année.cPour autant, la démonstration de l’Américain laisse de marbre « Chaleco » Lopez, qui se reposera à Riyadh avec une grosse vingtaine de minutes d’avance sur son coéquipier chez South Racing Sebastian Eriksson.

Le Brésilien Rodrigo Luppi de Oliveira n’en demandait pas tant pour sa première participation en SSV, mais dormira aussi du sommeil du juste avec 6 minutes d’avance au général sur Austin Jones.

Pendant ce temps, Marek Goczal signe son troisième succès de la semaine et compte bien soigner ses statistiques à la reprise de la compétition.

Enfin, Dmitry Sotnikov devrait recevoir les félicitations à mi-course de son patron chez Kamaz : il mène le podium tout bleu des camions avant de se détendre à Riyadh.


LA PERF’ DU JOUR

Avec la volonté de lancer une révolution technologique sur le Dakar, le constructeur Audi s’exposait à des sensations fortes en Arabie Saoudite. Et les péripéties des trois RS Q e-tron engagées au départ n’ont pas manqué de donner des frissons de tous ordres à Sven Quandt, le chef d’orchestre du projet.

Peterhansel hors-jeu sur une casse mécanique, Sainz exclu des débats sur une séance de jardinage, le titre a été perdu de vue, mais ses trois virtuoses s’appliquent aussi à lui donner des émotions plus positives. Après la victoire du « Matador » dans la 3e étape, la première sur le Dakar d’un véhicule à motorisation alternative, c’est maintenant Mattias Ekström qui fait briller la marque aux anneaux. Le multiple champion de DTM et champion du monde de rally-cross, est allé chercher le 2e temps de la spéciale de Riyadh, échouant à 1’06’’ du chrono de Terranova. Le pilote allemand, qui participe à son 2e Dakar après une tentative avortée en T3 l’année dernière (abandon étape 7), prouve s’il en était besoin que son patron n’a pas uniquement misé sur lui pour avoir dans ses rangs un porte-drapeau de la marque.


LE COUP DUR DU JOUR
Au Dakar, tout peut basculer en quelques secondes et Manuel Andujar en a fait la triste expérience aujourd’hui après seulement 11 km dans la sixième spéciale. Le tenant du titre est passé dans une ornière tracée par ses autres homologues à quatre roues la veille et a chuté.

Touché à la jambe, l’Argentin, qui occupait la troisième place au général avant d’aborder cette étape, a aussi endommagé son quad. Si serrer les dents peut être une éventualité lorsqu’il s’agit d’une simple blessure, quand son véhicule est touché et irréparable, on a beau y mettre toute sa volonté, il n’y a rien à y faire…

Après trois victoires d’étape, Andujar a donc dû plier bagage. L’univers impitoyable des rallyes-raids n’épargne personne, pas même les plus grands.


LA STAT DU JOUR : 80,78 KM/H
Après les lourdes pénalités qui l’ont mis hors-jeu pour la victoire finale suite aux problèmes mécaniques rencontrés au troisième jour de course, Seth Quintero a enchaîné par un sans faute au tableau des étapes. Le plus jeune vainqueur de spéciales de l’histoire du Dakar semble au-dessus du lot cette année avec désormais six scratches au compteur, soignant du même coup sa position au championnat du monde de rallye-raid FIA chez les T3 (voir W2RC). Pour se rendre compte du potentiel du Californien, on peut s’amuser à comparer son temps sur la dernière portion du jour, longue de 44 km, avec celui d’Orlando Terranova, vainqueur en autos… Et tenez-vous bien, dans ce secteur sablonneux et technique, Quintero rivalise valeureusement, avec moins d’une minute d’écart : 32’41’’ contre 31’46’’ pour l’Argentin. La moyenne du pilote Red Bull s’élève donc à 80,78 km/h sur ce secteur. C’est certes moins bien que Sébastien Loeb, le plus rapide du jour à cet endroit avec 90,67 km/h, mais bien mieux que Nasser Al Attiyah, qui s’y est un peu promené le coude à la portière, à 79,4 km/h.


SUR UN AIR DE CLASSIC

La hiérarchie commence sérieusement à se dessiner sur le Dakar Classic à mi-course. Le podium au classement général provisoire reste figé à la veille de la journée de repos et un mano a mano s’est installé entre les habitués de la régularité que sont les experts espagnols de l’équipe RumboZero dans leurs Mercedes Classe G, emmenés par Jesus Fuester Pliego avec 120 points, et Serge Mogno dans son HDJ 80, quasiment à égalité avec 119 points. On ne peut plus parler de chance du débutant pour l’équipage français pour qui c’est une première en régularité. Florent Drulhon, consultant en informatique en charge de la navigation et de la régularité est un autodidacte pur. Pour sa première course automobile, il fait plus que rappeler le profil du copilote vainqueur avec Marc Douton en 2021. Emilien Etienne, jeune papa, n’est pas aux côtés du tenant du titre cette année. Retenu par ses obligations paternelles, mais aussi par un nouveau poste au sein de Dassault, le groupe fleuron de la technologie aéronautique française. Lui n’était pas informaticien, mais ingénieur. C’est à ce lui que le pilote victorieux de la première édition attribuait le mérite de la victoire. A celui « qui n’a pas un cerveau fait comme nous » comme le décrivait avec un respect absolu Marc Douton qui ne cherchait pas à jouer les gros bras en arrivant à Jeddah. Sur le Dakar Classic, inutile de sortir les muscles, tout semble bel et bien se passer dans la tête.


W2RC : AL RAJHI EN POURSUITE

Yazeed Al Rajhi (Toyota Overdrive) est non seulement remonté en 2e position du général provisoire du Dakar, mais cette performance pourrait lui valoir quelques bénéfices jusqu’à la finale au Rallye du Maroc, puisque sa première place du jour lui rapporte 5 points au W2RC. De quoi revenir au contact de Loeb (Prodrive), bredouille aujourd’hui. Son coéquipier Nani Roma, écarté de la course pour le titre à Jeddah, peut quant à lui voir plus loin et dorénavant miser sur sa régularité jusqu’à la fin de la saison. En empochant 4 points ce jour, il revient au contact du Saoudien. Al Attiyah conserve l’avantage avec un total de 20 points, devant Loeb 18 points, Al Rajhi 14 points et Roma 12 points. Le match entre les pilotes européens de Prodrive et ceux du Moyen-Orient de chez Toyota Gazoo Racing et Toyota Overdrive semble engagé. Chez les T3, Seth Quintero (Red Bull) poursuit sa moisson. Ses 25 points ont tous été récoltés à coup de 5 à chaque fois, synonyme de victoire ! Mais son jour blanc en début de course permet à la régularité de « Chaleco » Lopez (EKS South Racing) d'être à 3 petits points. Cristina Gutierrez se rapproche de leur débat en empochant les 4 points de la 2e place du jour. Marco Carrara et Fernando Alvarez marquent quant à eux leurs premiers points. Chez les T4, Marek Goczal (Cobant-Energylandia Rally Team) continue sa récolte avec son deuxième pack de 5 points, mais Rodrigo Luppi de Oliveira (South Racing Can-Am) conserve le général provisoire avec 20 points de mieux que le frère de Marek, Michal Goczal, et Austin Jones (pilote Can-Am Factory South Racing). Chez les camions, Martin Macik (Big Shock Racing) est le plus doté toutes catégories confondues avec un total de 27 points sur 30 disponibles ! Kees Koolen (Project 2030) enfonce le clou en finissant 2e de la catégorie. Il cumule 19 points, en sandwich devant l’autre pilote Big Shock Racing, Martin Solty et ses 14 points.


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