Cap sur Lima : dunes à gogo !

12 janvier 2019 - 22:03 [GMT -5]

Au terme des 5 premières étapes ayant mené les pilotes et équipages jusqu’à Arequipa, il reste 247 véhicules encore en course sur la 41e édition du Dakar (105 motos, 18 quads, 93 autos dont 24 SxS, 32 camions), soit le taux de réussite à mi-course le plus faible depuis 2007 (74 %). Parmi les rescapés de ce parcours exigeant, les motards sont dominés par le jeune Américain Ricky Brabec, porteur des espoirs de Honda pour remettre en cause la domination de KTM sur l’épreuve. En autos, c’est a contrario un trio de pilotes chevronnés, avec Nasser Al Attiyah, Stéphane Peterhansel et Nani Roma, qui se détache du reste des prétendants, dont fait encore partie Sébastien Loeb, double vainqueur d’étape. L’étape de la reprise, dessinée entre Arequipa et San Juan de Marcona, promet une redoutable explication avec d’emblée le test majeur des dunes de Tanaka. La route de Lima promet un nouveau festival du sable.

Motos : Brabec, le joker de Honda
Avec déjà 3 leaders différents en 5 étapes, la course moto n’aura pas mis longtemps à s’animer parmi les favoris de cette 41e édition. Et les têtes n’ont pas tardé à tomber avec l’abandon du premier leader du général Joan Barreda dès la 3e étape sur une faute de navigation fatale l’ayant conduit dans une cuvette inextricable, puis celui de son expérimenté coéquipier Paulo Goncalves deux jours plus tard sur chute. Mais tout n’est pas noir dans le clan Honda avec la révélation Ricky Brabec, en tête du général à mi-rallye. A l’aise dans ce parcours sablonneux, l’Américain impressionne en cette première partie de Dakar et porte en lui tous les espoirs du blason ailé de pouvoir (enfin) destituer KTM.
La firme autrichienne n’a toutefois pas dit son dernier mot avec Sam Sunderland pointé à moins d’une minute au provisoire et qui a pour lui l’expérience d’une victoire sur le Dakar. Le classement est également ouvert à Pablo Quintanilla à 2’52 et Toby Price à 3’21, sans oublier Adrien Van Beveren, Kevin Benavides et Matthias Walkner, tous les trois positionnés en outsiders crédibles pour la victoire finale à Lima. Il leur reste 5 étapes pour attaquer et offrir un sprint final de folie !

Quads : le patron est argentin
Débarrassé des deux derniers vainqueurs quad en date Ignacio Casale et Sergei Kariakin, Nicolas Cavigliasso sent que 2019 peut être son année et n’est pas décidé à laisser passer sa chance. L’Argentin, impérial depuis le départ du rallye, collectionne les victoires d’étapes avec un superbe 4/5 ! Seul son compatriote Jeremias Gonzales Ferioli a semblé être en mesure de suivre un temps le rythme du pilote Yamaha, mais pointe à déjà 59 minutes au classement provisoire. Cavigliasso peut donc se permettre « d’assurer » sur la deuxième moitié du rallye, une attitude qui ne correspond toutefois pas à l’état d’esprit du pilote de Cordoba ! On gardera également un oeil attentif sur de potentiels coups d’éclats de la part de Gustavo Gallego et du Français Alexandre Giroud.

 

15 BRABEC Ricky (usa), Honda, Monster Energy Honda Team 2019, Motul, Moto, action during the Dakar 2019, Stage 1 Lima to Pisco, peru, on january 7 - Photo Antonin Vincent / DPPI
15 BRABEC Ricky (usa), Honda, Monster Energy Honda Team 2019, Motul, Moto, action during the Dakar 2019, Stage 1 Lima to Pisco, peru, on january 7 - Photo Antonin Vincent / DPPI

Autos : la prime à l’expérience

Les trois pilotes composant le podium provisoire du Dakar à la journée de repos pèsent 17 titres au total, dont 10 dans la catégorie. Le niveau de performance technique et de fiabilité exigé par les étapes péruviennes sélectionne les meilleurs alchimistes de l’alliage entre l’agressivité et la prudence. Dans ce domaine, Nasser Al Attiyah est devenu l’expert le plus fin et le plus solide à la fois, bien loin de la réputation de voltigeur-cascadeur qu’il promenait dans ses premières années. Régulier en pilotage, sûr en navigation grâce à la complicité développée avec Mathieu Baumel, le pilote Toyota récite un sans-faute qui lui donne une avance de 24 minutes au classement général sur Stéphane Peterhansel. Au volant de son buggy Mini, l’homme aux 13 titres a soigné ses statistiques en allant chercher la 75e spéciale de sa carrière, il s’est montré capable de jouer à armes égales avec Al Attiyah, mais est parti deux fois de trop à la faute. Nani Roma, discret mais constant dans une Mini dont il maîtrise parfaitement la version 4x4, ferme le podium à 34’ et préserve ses chances de victoire.

Le principe de la prime à l’expérience connaît malgré tout quelques exceptions notables, puisque Giniel de Villiers, classé 14 fois sur 15 dans le Top 10 final depuis 2003, risque cette année d’en sortir puisqu’il pointe à près de 6h30 de son coéquipier, en 23e position. Sans pouvoir afficher une régularité aussi exemplaire, le double vainqueur Carlos Sainz se retrouve lui aussi relégué dans les profondeurs (19e à 5h30) après avoir brisé la suspension de sa Mini dans un trou lors de la 3e étape. A l’inverse, les coups d’éclat réalisés par le plus jeune venu dans la discipline, Sébastien Loeb, avec deux nouvelles étapes en poche dont une superbe démonstration à la veille du jour de repos, peuvent inquiéter les « anciens » qui le devancent dans le classement. A condition qu’il ne parte pas à la faute : l’an dernier, c’est dans les dunes de Tanaka, au programme de la reprise dès demain, que l’aventure de l’Alsacien avait pris fin.

SxS : un duel Chili-Brésil…
Avec un accroissement phénoménal de l’effectif au départ et un renouvellement de la liste des favoris lié à l’afflux de nouveaux arrivants prestigieux, la catégorie semblait la plus ouverte du Dakar 2019. Et en effet, les cinq étapes ont vu cinq vainqueurs différents, notamment des anciens motards « Chaleco » Lopez et Gerard Farres et de l’ancien vainqueur en quad Sergei Kariakin. Dans cette meute grandissante, les désillusions aussi ont débuté, avec la dégringolade d’Ignacio Casale, 11e à 2h35 du leader du classement général, son compatriote Rodrigo Moreno. En haut du classement la bataille est lancée avec le tenant du titre Reinaldo Varela, pointé à 1’42’’.

Camions : les Kamaz en pointe
Dans la maison Kamaz, on cultive assez peu le sens du suspense. Donnés favoris dès le départ, les camions russes étaient promis à une rude concurrence solide des Iveco de l’équipe De Rooy… dont on a finalement peu vu les crocs. Trop tendres et peut-être nerveux à la fois, tout comme les Tatra et les Maz, les rivaux attendus n’ont rien pu faire contre Nikolaev et sa bande, vainqueurs des 5 étapes au programme de cette première séquence. Gerard De Rooy ne doit sa place sur le podium provisoire (3e… à 2h tout de même du tenant du titre) qu’à l’exclusion Andrei Karginov suite à un accident ayant blessé un spectateur dans l’étape 5. Au sommet, Eduard Nikolaev domine les débats avec 11’54’’ d’avance sur son coéquipier Dmitry Sotnikov.

301 AL-ATTIYAH Nasser (qat), BAUMEL Matthieu (fra), Toyota, Toyota Gazoo Racing, Group T1, Class 1, Auto, action during the Dakar 2019, Stage 4, Arequipa - Tacna, peru, on january 10 - Photo Antonin Vincent / DPPI
301 AL-ATTIYAH Nasser (qat), BAUMEL Matthieu (fra), Toyota, Toyota Gazoo Racing, Group T1, Class 1, Auto, action during the Dakar 2019, Stage 4, Arequipa - Tacna, peru, on january 10 - Photo Antonin Vincent / DPPI

Suivez-nous

Recevez des informations exclusives

Partenaires du Dakar

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies pour vous proposer des contenus et des publicités ciblés en fonction de vos centres d'intérêts.