DAKAR 2012 : C'EST LE PÉROU !
À vol de condor, près de 5000 kilomètres séparent Mar del Plata de Lima. En 2012, le Dakar propose une épopée panaméricaine de plus de 9000 kilomètres au total. Le tracé en ligne, qui transporte le rallye des rives de l’Atlantique à celles du Pacifique, permet d’emmener ses concurrents à la découverte de nouveaux territoires, d’une autre Amérique. L’ampleur du défi impose également une modification du format sportif, qui comprend cette année 14 jours de course. Constamment guidés par la Cordillère des Andes, les pilotes retrouveront l’Atacama, et feront surtout l’expérience de la diversité des dunes en s’aventurant au Pérou.
TROIS PAYS : ARGENTINE - CHILI - PÉROU

Voir la carte en grand format (PDF, 368 ko)
Argentine, version large
Grand Départ + 5 étapes
Les séances de sport débutent dès le 1er janvier, après la cérémonie de départ de Mar del Plata. Habitués à traverser l’Argentine, les pilotes et équipages emprunteront cette fois une « ligne de coupe » inédite pour rejoindre la Cordillère des Andes. Seuls quelques paysages familiers et secteurs de premier choix, entre dunes et canyons, ont été sélectionnés pour rentrer dans le programme argentin de 2012.
Chili, cap sur l'Atacama
5 étapes + 1 journée de repos
L’entrée au Chili commence d’abord par une partie d’escalade. Après avoir enjambé le massif andin, le rallye s’apprête à le longer jusqu’à son terme, en se frayant un chemin entre montagnes et océan. Au cours de cette remontée de l’axe sud-nord, le Dakar prévoit de se perdre au cœur du désert d’Atacama, où les aptitudes en navigation sont tout aussi indispensables que la science des dunes.
Pérou, l'autre pays du désert
4 étapes + arrivée
Au niveau de la mer, le passage de la frontière est cette-fois-ci indolore, mais le contraste est bien réel. Avant de rejoindre Lima, les plus anciens du rallye peuvent se préparer à réviser leurs classiques. Les secteurs de dunes péruviens peuvent paraître interminables, sauf à ceux qui maîtrisent le mauritanien. Là où la diversité des territoires et des modes de vie s’impose comme évidente, celle des sables exigera un apprentissage délicat.
| DATE
| DÉPART
| ARRIVÉE
|
| 01/01/2012 |
Mar Del Plata |
Santa Rosa de la Pampa |
| 02/01/2012 |
Santa Rosa de la Pampa |
San Rafael |
| 03/01/2012 |
San Rafael |
San Juan |
| 04/01/2012 |
San Juan |
Chilecito |
| 05/01/2012 |
Chilecito |
Fiambala |
| 06/01/2012 |
Fiambala |
Copiapo |
| 07/01/2012 |
Copiapo |
Copiapo |
| 08/01/2012 |
Repos |
| 09/01/2012 |
Copiapo |
Antofagasta |
| 10/01/2012 |
Antofagasta |
Iquique |
| 11/01/2012 |
Iquique |
Arica |
| 12/01/2012 |
Arica |
Arequipa |
| 13/01/2012 |
Arequipa |
Nasca |
| 14/01/2012 |
Nasca |
Pisco |
| 15/01/2012 |
Pisco |
Lima |
Voir le tableau de kilométrage (PDF, 2.8 Mo)
Motos : tout le monde en 450cc
La réforme initiée il y a deux ans arrive maintenant à son terme. Toutes les motos inscrites sur le Dakar 2012 sont limitées à une cylindrée de 450cc. En 2010 et en 2011, le passage obligatoire à la 450cc pour les pilotes d’élite a abouti à une confrontation plus dense entre les constructeurs, puisque 4 marques étaient représentées dans le Top 10 final de la dernière édition.
PARCOURS 2012 : anarchie ordonnée !
Le Dakar 2012 sera servi corsé d’un bout à l’autre. Pour permettre des rebondissements fréquents et donner une dimension plus aléatoire au concept d’endurance, le tracé de la course a été conçu avec la volonté d’éparpiller les difficultés. Dès lors, les moments de répit seront courts, et les passages délicats pourront se présenter aux endroits les plus inattendus. Equilibré mais indomptable, le parcours est empreint d’une dose d’anarchie qui invitera les pilotes d’élite comme les amateurs à une remise en question constante. Dur pour les nerfs !
David Castera, directeur sportif du Dakar : « Je suis incapable de prédire où se jouera le rallye cette année. Il n’y a pas vraiment d’étape reine, et on peut même parler d’une alternance absolue dans ce que trouveront chaque jour les concurrents. Les changements de rythme seront permanents, liés à la variété des terrains, au sein même de chaque étape. J’ai le sentiment que les plus expérimentés, ceux qui savent faire face à l’imprévu, seront mieux armés que les purs techniciens ».
Dimanche 1er janvier
- Liaison, 763 km
- Spéciale, 57 km
Dunettes, pas bronzette
La station balnéaire de Mar del Plata évoque le farniente, surtout après le bain de foule dans lequel les concurrents vont se fondre pour la cérémonie de présentation au public du 31 décembre. Pour la courte spéciale de mise en jambes, ils auront tout de même droit à un paysage de bord de mer, dans lequel les dunettes à avaler serviront de premier test. Sur cet exercice modeste, la montre désignera un premier vainqueur, et chacun aura déjà pris sa place. Après l’effort, il restera une longue liaison à couvrir jusqu’à Santa Rosa de la Pampa.
Lundi 2 janvier
Motos - Quads - Camions
- Liaison, 487 km
- Spéciale, 295 km
Autos
- Liaison, 487 km
- Spéciale, 290 km
Les dunes grises de Nihuil
Le réveil sera matinal et la route déjà longue pour rejoindre le départ de la spéciale. Mais le rythme à soutenir sur une première moitié de parcours très rapide maintiendra d’emblée les pilotes à un haut niveau de concentration. Après de grandes courbes rapides négociées sur terrain dur, l’entrée dans un théâtre de dunes ralentira sensiblement la progression. A Nihuil, le sable prend des teintes grises, en héritage d’une activité volcanique intense il y a quelques millénaires dans la région.
Mardi 3 janvier
Motos - Quads
- Liaison, 291 km
- Spéciale, 270 km
Autos - Camions
- Liaison, 291 km
- Spéciale, 208 km
Les Andes, façon Atlas
La Cordillère des Andes, omniprésente tout au long du Dakar 2012, impose ses contraintes aux pilotes. Sur la spéciale du jour, les traversées de rios et les nombreux trous et pierres qu’ils devront éviter rendent le terrain particulièrement cassant. La robustesse des mécaniques sera mise à rude épreuve en cas de baisse de vigilance. Mais l’altitude et les reliefs offrent à la fois des paysages somptueux, avec toutes les nuances possibles de rouge, et de petits défis acrobatiques, comme une sévère montée que les motards termineront à coup sûr en première.
Mercredi 4 janvier
- Liaison, 424 km
- Spéciale, 326 km
Gare à l’excès de confiance
Les plus à l’aise pourront s’amuser à compter les rivières asséchées qu’ils croiseront dans cette journée. Ils auront aussi le loisir d’admirer les canyons spectaculaires de la province de la Rioja, mais ont tout intérêt à rester extrêmement vigilants. Sur la spéciale, personne ne pourra s’installer dans un rythme de croisière. Qu’il s’agisse de subtilités de navigation en fin de parcours ou de petits obstacles à amadouer, les occasions de perdre du temps sont ici nombreuses. Il est probable qu’une fois à Chilecito, un ou deux prétendants soient déjà éliminés de la bataille pour le titre !
Jeudi 5 janvier
Motos - Quads
- Liaison, 151 km
- Spéciale, 265 km
Autos-Camions
- Liaison, 246 km
- Spéciale, 177 km
Chacun son Fiambalá
Jusqu’ici, personne n’est resté indifférent aux dunes blanches de Fiambalá, dont le sable a par exemple planté les motards par dizaines lors de leur première visite, et qui a également été fatal aux espoirs de victoire de Carlos Sainz à deux reprises, en 2009 et en 2011. Cette année, le parcours a été dédoublé pour offrir un confort de conduite optimal à tous les véhicules. A moto, les contretemps viendront plus sûrement des erreurs de navigation que des difficultés de franchissement. Ils devraient aussi connaître quelques frissons en roulant sur une étroite piste à flanc de montagne, avant d’aborder le secteur de dunes. Totalement différent, le parcours réservé aux autos et camions emmènera plus longuement les pilotes dans le sable.
Vendredi 6 janvier
- Liaison, 394 km
- Spéciale, 247 km
Papiers, s’il vous plait
L’été austral réserve quelques surprises, dont les températures négatives que devront peut-être endurer les motards qui aborderont en pleine nuit la longue montée vers le Paso San Francisco, où ils franchiront la frontière, à plus de 4 700 mètres d’altitude. Une fois au Chili, la spéciale se jouera dans un premier temps sur sol dur, dans l’aridité brutale du désert d’Atacama. Il ne sera plus question d’aller soigner sa vitesse de pointe au moment d’affronter les dunes de Copiapó, qui se présenteront en quatre temps. La finesse du pilotage sera ici l’unique parade pour se préserver de l’expérience d’un long séjour au creux d’une cuvette de sable géante. Certains n’y échapperont pas.
Samedi 7 janvier
- Liaison, 154 km
- Spéciale, 419 km
Dunes en pagaille
La boucle se présente comme le gros défi de la première semaine, bien que le début de spéciale, parcouru sur pistes au milieu des collines et des cactus, puisse paraitre inoffensif. Mais ensuite, le poids des kilomètres accumulés depuis Mar del Plata devrait se faire ressentir, précisément au moment où s’enchaîneront de gros paquets de dunes. Le dernier cordon à franchir, si proche et pourtant si loin de l’arrivée, pourrait prendre des allures de bivouac déporté au beau de milieu du désert. Heureusement pour les retardataires qui planteront la tente, le règlement autorise les véhicules à se présenter jusqu’à 18 h 00 pendant la journée de repos.
Lundi 9 janvier
- Liaison, 245 km
- Spéciale, 477 km
Jour de rentrée
À ce stade de la partie, le nombre des prétendants au titre sera déjà réduit à une petite poignée dans chaque catégorie. Mais malgré le kilométrage élevé ce jour, il ne faudra pas compter sur cette étape de reprise pour créer des écarts décisifs. La plus longue spéciale du rallye servira à se remettre dans le rythme de la compétition. Sur les pistes empierrées qui mèneront à Antofagasta, il sera plutôt soutenu, mais n’empêchera pas les pilotes de capter quelques somptueux points de vue.
Mardi 10 janvier
- Liaison, 9 km
- Spéciale, 556 km
Attention, frissons !
Une étape à deux visages occupera les concurrents qui poursuivent la remontée vers le nord du continent, entre océans et montagnes. Deux tronçons séparés par une neutralisation sont au programme, avec des caractéristiques et des décors variés. En début de journée, on creuse des canyons, on file sur des pistes bien propres et on s’enfonce dans du fesh-fesh ! La deuxième spéciale fait appel aux talents de navigateurs des pilotes et copilotes, qui auront à faire leurs choix en se basant sur de très rares points de repères, tout en restant précis sur les WPM. En récompense à ce travail de concentration, ils plongeront sur les rivages de l’Océan Pacifique par la grande descente d’Iquique, empruntée dans sa version Dakar 2010.
Mercredi 11 janvier
- Liaison, 317 km
- Spéciale, 377 km
Séances de surf
De bon matin, les sensations saisissent les pilotes avec encore plus d’intensité. C’est justement en début de spéciale qu’ils seront bouleversés par un point de vue spectaculaire, mêlant sable et vagues, et se prolongeant sur plusieurs kilomètres. La thématique reste ensuite valable, puisque les dunes qui s’étendent sur une centaine de kilomètres pourront être surfées par les experts les plus à l’aise. En revanche, la zone délicate de fesh-fesh à affronter en fin de spéciale ramènera tout le monde aux dures réalités du rallye-raid.
Jeudi 12 janvier
Motos - Quads
- Liaison, 171 km
- Spéciale, 534 km
Autos
- Liaison, 120 km
- Spéciale, 478 km
Camions
- Liaison, 120 km
- Spéciale, 432 km
Les motards en mode « club »
Pour la première journée du Dakar dans leur pays, les Péruviens auront droit à deux spéciales, et un supplément de kilomètres pour les motards. Après une journée d’alternance entre du hors piste et des zones entrecoupées de rios, ils bénéficieront d’un moment d’intimité : un bivouac dédié leur sera installé avant de continuer l’exploration du Pérou. La formule, qui n’avait plus été expérimentée depuis le campement marocain de Foum Zguid pendant le Dakar 2007, implique aussi une contrainte majeure qui influera sur la gestion de course. Les véhicules d’assistance ne seront pas autorisés sur le parc de travail, où seuls les pilotes de motos et de quads pourront s’entraider.
Vendredi 13 janvier
Motos - Quads
- Liaison, 259 km
- Spéciale, 245 km
Autos - Camions
- Liaison, 412 km
- Spéciale, 245 km
Le Dragon de Nasca
Seul un vol au-dessus de la région permet d’admirer les «lineas de Nazca», énigmatiques figures construites sur le sol il y a plus de 2000 ans ! Sur la carte du Pérou, le parcours de la spéciale en forme une nouvelle, aux allures de dragon de sable. Les zones de dunes sont équitablement réparties, mais les concurrents se rappelleront à coup sûr de l’une d’entre elles, qui a marqué les esprits au sein de l’équipe des « recos ». Pendant près de vingt kilomètres, et sans la moindre interruption, les dunes s’enchaînent, transportant les pilotes dans une nouvelle dimension. La portance du sable aide à traverser ce cordon sans trop de peine, mais les plus habiles en franchissement auront tout de même un coup à jouer, spécialement à trois jours de l’arrivée finale. Le « coup de volant mauritanien », pour ceux qui l’ont conservé, peut rapporter de précieuses minutes.
Samedi 14 janvier
- Liaison, 100 km
- Spéciale, 275 km
Ambiance Pacifique
Les dunes sont reines dans cette partie du pays. Elles garantiront jusqu’au bout l’indécision sur les titres à gagner ou pour les places à attribuer sur le podium. De même, rien n’est acquis pour les rouleurs les moins pressés, qui commencent à envisager le soulagement de l’arrivée. Il leur faudra encore négocier un nombre considérable de cordons de dunes, éviter les confusions entre des vallées semblables mais divergentes, et lutter contre une fatigue bien installée après les milliers de kilomètres parcourus. C’est ici que chacun se rappellera ce que signifie le terme d’endurance extrême.
Dimanche 15 janvier
- Liaison, 254km
- Spéciale, 29 km
Place à la fête
Sur la courte spéciale qui achèvera de départager les concurrents, les pistes et dunettes doivent être savourées, mais pas négligées. Les enjeux chronométriques sont maintenant dérisoires, et le plaisir de l’aboutissement prend le dessus. Au cœur de la capitale, les héros de l’édition 2012 peuvent compter sur une célébration à la hauteur de leurs émotions. Ceux qui viennent à bout de l’aventure prennent alors la mesure de tous les coups durs vécus en cours de route. Le défi est relevé : restent des images, des sensations, et l’empreinte d’une expérience de vie hors-normes.
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