Étape 5 - mercredi 7 janvier 2009 | Neuquen > San Rafael
- Liaison 173 km
- Spéciale 506 km
- Liaison 84 km
Échos
Gaston, son idole
L’aventure de Ivo Kastan s’est achevĂ©e, mardi, au dĂ©part de la 4ème Ă©tape. Sa moto perdait trop d’huile. La mort dans l’âme il a pris la direction du tracĂ© des camions d’assistance et, Ă 60 km/h, il a rejoint Neuquen. « Je mettais de l’huile de temps en temps. Un camion m’en a passĂ©. De l’huile pour diesel » sourit ce Tchèque aux 8 Dakar courus pour 6 menĂ©s Ă bien. Cette annĂ©e, pour sa neuvième participation, il lui fallait une nouvelle motivation. « L’AmĂ©rique du Sud c’était 50% La moitiĂ© restante c’est mon mĂ©tier qui me l’a apportĂ©e : je suis concessionnaire de petites motos, alors j’ai dĂ©cidĂ© de monter un engin inĂ©dit. » Et voilĂ comment notre longiligne concurrent s’en est venu dĂ©fier le Dakar avec une Honda 146 centimètres cubes mise au point par ses soins et qu’il a baptisĂ©e : Rahier Honda. « Gaston, c’est mon idole car il Ă©tait de petite taille, toujours de bonne humeur et il a gagnĂ© le Dakar. » Ivo va continuer Ă suivre la course en prenant les pistes de traverse pour retrouver sa femme journaliste, au bivouac tous les soirs. Aucune dĂ©ception pour lui. « Avec cette moto j’ai fini 4ème de l’European Bajas Cup en – de 250 cc. Je pense que sur le Dakar, beaucoup d’amateurs se trompent : les grosses cylindrĂ©es c’est trop cher et trop dangereux. Moi, je retrouve l’esprit du Dakar avec ma moto. »
Soleil plus tard, couchés plus tôt !
Le Dakar en AmĂ©rique du sud, c’est aussi pour les Ă©quipages un changement d’habitudes liĂ© Ă la saison. L’étĂ© austral implique bien sĂ»r des tempĂ©ratures plus Ă©levĂ©es qu’en Afrique, spĂ©cialement au Maroc et en Mauritanie. Les donnĂ©es sont aussi totalement diffĂ©rentes en ce qui concerne l’amplitude horaire de l’ensoleillement. Et ce paramètre est un Ă©lĂ©ment dĂ©cisif, comme le rappelait David Castera avant la course : « Pour les motards essentiellement, en deux heures de nuit, on parcoure le mĂŞme nombre de kilomètres qu’en une heure de jour ». Sur le terrain, la tendance se confirme. Aux malles-motos, oĂą JĂ©rĂ´me Fauchier officie depuis plusieurs annĂ©es pour prĂŞter main forte aux motards sans assistance, on la diffĂ©rence : « C’est vrai que mĂŞme avec des problèmes d’éclairage, ils arrivent Ă s’en sortir plus facilement. Et si l’on fait le point vers 23h par exemple, il y a en moyenne un peu plus de pilotes qui sont rentrĂ©s. Mais il en reste toujours qui connaissent des moments difficiles, et qui veillent ensuite très tard pour rĂ©parer ». Yannick Guyomarc’h fait justement partie de ceux qui ont dĂ©jĂ eu leur dose de mĂ©canique nocturne cette annĂ©e, et reste conscient que la situation aurait Ă©tĂ© compromise sur un cas de figure similaire les annĂ©es prĂ©cĂ©dentes : « Fatalement, le gros piège de l’Afrique, c’est la nuit. LĂ j’ai eu des problèmes d’huile, et sur une Ă©tape aussi longue en Mauritanie, cela ne serait peut-ĂŞtre pas passĂ© », se rĂ©jouit le pompier de Paris, toujours en course après quatre jours.
La mission de Carlo
Les voies du rallye raid sont impĂ©nĂ©trables. Carlo Mercandelli, Ă peine inscrit pour son 8ème Dakar, reçoit un coup de fil de l’évĂŞque de sa ville, Casale Monferrato, entre Milan et Turin. Monsignor Gennaro Antonio a une mission Ă lui confier : « Il avait vu dans la presse locale que je faisais le Dakar et que la course passait Ă Neuquen. Il voulait que j’apporte des fonds Ă l’un des quatre missionnaires prĂ©sents dans cette rĂ©gion. J’ai acceptĂ© et sollicitĂ© Ă nouveau mes sponsors, j’ai mis de l’argent personnel et j’ai remis ce mardi au père Varvello Italo un chèque symbolique de 10.000 euros. Il recevra la somme par virement et pourra consolider sa mission auprès des mères cĂ©libataires et des enfants abandonnĂ©s. » Carlo n’a jamais doutĂ© : « Je crois que quelqu’un lĂ -haut m’a aidĂ© Ă arriver Ă Neuquen… » 137ème de cette 4ème Ă©tape l’aventure du Dakar continue pour Carlo. La solidaritĂ© aussi : « C’était la première fois, mais ce ne sera pas la dernière. »
