étape 9 - lundi 15 janvier 2007 | Tichit - NĂ©ma
- Spéciale 494 km
- Liaison 3 km
- Total 497 km
Le film de l'étape
Une seule faute suffit





Entre Tichit et Nema, Marc Coma a gĂ©rĂ© son avantage au classement gĂ©nĂ©ral en roulant sans prĂ©cipitation en tĂŞte de course durant les 494 km de la spĂ©ciale. C’est l’amateur Janis Vinters, parti en 21ème position ce matin, qui offre Ă la Lettonie sa première victoire de spĂ©ciale sur le rallye. En autos, le team Volkswagen s’effondre, avec une casse moteur pour le leader du classement gĂ©nĂ©ral du matin, Giniel De Villiers, et des problèmes d’électronique fatals Ă Carlos Sainz. La bonne opĂ©ration est pour Peterhansel et Alphand, qui deviennent comme en 2006 les deux leaders Ă ce stade de la course, et pour Schlesser, qui remporte une deuxième Ă©tape et peut croire au podium final. En camion, Wulfert Van Ginkel s’impose pour la première fois dans une spĂ©ciale du Dakar, devançant Hans Stacey qui reste solidement installĂ© en tĂŞte du classement gĂ©nĂ©ral.
L’anomalie de boite de vitesse qui touche les nouvelles KTM 690 s’agite très certainement dans un coin de la tête du leader de la course moto Marc Coma. Cela ne l’a pourtant pas empêché de continuer sa marche triomphale vers Dakar. Sur cette 9ème étape du rallye, le Catalan a une nouvelle fois passé la journée en solitaire. Parti premier, arrivé premier, sans pour autant signer le meilleur temps : de la gestion de course à la Coma.
Le vainqueur de cette 4ème étape mauritanienne ne s’était pas encore fait remarquer depuis le début du rallye. Janis Vinters, 10ème de la dernière édition, a en effet surpris son monde en venant signer le meilleur temps à tous les CP avant de franchir victorieusement la ligne avec un avantage de 7’31’’ sur Cyril Despres.
Derrière, les adversaires de Coma n’ont rien pu faire. Son dauphin, Cyril Despres, victime d’une chute au kilomètre 130, avait débuté la spéciale avec des outils de navigation hors d’usage : il a dû parcourir toute la spéciale en déroulant manuellement son road-book. Difficile, donc, de rattraper le virtuose Catalan, qui reste largement en tête, ne cédant que 22’’ au Français. L’écart est toujours de 54’36’’. De son côté, Pal-Anders Ullevalseter, heureux d’être installé dans le top 5 du général, s’est contenté de rattraper, puis de suivre Despres jusqu’à 30 km du terme. Le Norvégien termine quatrième à 7’53’’.
Giniel De Villiers postulait au titre officieux de pilote le plus infaillible du Dakar. Depuis son arrivĂ©e sur le rallye en 2003, il a systĂ©matiquement terminĂ© avec les honneurs. Surtout, son pilotage aussi sĂ»r que vif, sa sagesse et sa luciditĂ© depuis Lisbonne, l’avaient placĂ© sur les rails d’un succès mĂ©ritoire Ă Dakar. StĂ©phane Peterhansel, expert s’il en est, reconnaissait mĂŞme Ă Tichit : « Giniel est un très bon pilote. Je crois qu’il n’a pas crevĂ© une seule fois du rallye, et qu’il ne s’est pas ensablĂ© non plus », se permettant tout de mĂŞme de rajouter que « tout est possible sur le Dakar ». En effet, la belle aventure n’aura durĂ© que 5255 kilomètres cette annĂ©e pour De Villiers. Au kilomètre 130 de la spĂ©ciale, le turbo du Race Touareg Volkswagen numĂ©ro 301, leader du classement gĂ©nĂ©ral, a pris feu. Devant le Rocher des ElĂ©phants. Bel endroit pour une dĂ©faite.
Respectueux du cadre, le Sud-Africain n’en rajoute pas dans la dramaturgie. Une poignĂ©e de main Ă son copilote Dirk Von Zitzewitz, et tout le monde aura compris que les espoirs de victoire sont dĂ©finitivement envolĂ©s. CondamnĂ© Ă attendre son Ă©quipe d’assistance pour rejoindre Nema « Ă la corde », il fait dignement une croix sur la victoire.
Après les déconvenues de Sainz la veille, l’affaire est supposée profiter aux Mitsubishi de Peterhansel et Alphand. Mais un bouleversement arrive rarement seul. La confrontation entre les bleus et les rouges reprend sa place au centre des débats, sous l’effet conjugué d’un fâcheux contretemps avant CP1 pour Peter (arrêté pour un problème d’embrayage pendant une dizaine de minutes), et d’un sursaut d’orgueil du pilote espagnol, qui passe avec le meilleur chrono au CP1. L’embellie ne dure toutefois que peu de temps pour l’ex champion du monde des rallyes, lui-aussi trahi par la technique en ce lendemain d’étape sans assistance. Le numéro 303 reste bloqué une cinquantaine de kilomètres avant CP2 en raison d’une panne d’électronique. Ni Miller, ni Sousa, qui passent tous deux un moment avec Sainz, ne trouvent la solution miracle.
La voie semble donc libre pour les deux ténors de Mitsubishi. Mais les événements du jour montrent que les spéculations sont souvent hasardeuses sur le Dakar. D’autant que Jean-Louis Schlesser, signataire du meilleur chrono du jour et quatrième du général à 2’11’’ d’Al Attiyah, se régale de cette position d’outsider. Car la course entre Peterhansel et Alphand pourrait également occasionner des dégâts.
Dans la course camions, Wulfert Van Ginkel s’impose pour la première fois de sa carrière dans une spĂ©ciale du Dakar. Le NĂ©erlandais, au volant d’un camion GINAF, devance son compatriote Hans Stacey de plus de 12’. Un Ă©cart qui correspond au temps perdu par le leader au gĂ©nĂ©ral pour cause de crevaison. Stacey accroit tout de mĂŞme son avantage au gĂ©nĂ©ral et compte plus de 3 heures d’avance sur Ilgizar Mardeev, 7ème de l’étape.