étape 5 - mercredi 10 janvier 2007 | Ouarzazate - Tan tan
- Liaison 164 km
- Spéciale 325 km
- Liaison 279 km
- Total 768 km
Portraits
Shusei Yamada : « Finir le Dakar au bio-diesel »

Shusei Yamada connaĂ®t le Dakar sur le bout des roues. Pour sa 22ème participation, il en est pourtant toujours Ă l’heure des premières. Photographe de profession et de vocation, le Japonais a participĂ© Ă l’édition 1983 du Dakar dans une voiture de presse : « C’était l’époque des pionniers, avec Thierry Sabine. Après une première expĂ©rience, je lui ai demandĂ© de partir sr une moto en tant que journaliste. Cela a changĂ© ma vie. Ensuite je me suis inscrit comme concurrent en 1989, mais cela s’est très mal passĂ©. J’ai fait une chute très grave et je n’ai pas pu marcher pendant deux ans. »
Depuis, Yamada a vaincu le sort et bouclĂ© le Dakar en 1991. Baroudeur insatiable, il a notamment entrepris un tour du monde Ă moto. Au total, il a promenĂ© ses deux roues dans 140 pays. Mais l’affaire qui l’amène sur le Dakar, un autre projet de circonvolution ambitieux se fera en voiture. Cette première Ă©tape vers la capitale sĂ©nĂ©galaise, c’est aussi une façon de lancer son challenge militant, de proclamer son engagement pour le respect de la planète : « Je vais essayer d’être le premier Ă finir le Dakar au volant d’un vĂ©hicule qui roule au bio-carburant. Pour montrer que l’avenir de l’automobile peut aussi passer par des moyens qui permettent de rĂ©duire les Ă©missions de dioxyde de carbone. La carrosserie de la voiture est aussi en partie conçue avec du bio-plastique, Ă base de rĂ©sine de Kenaf ». Pour l’instant, mĂŞme retardĂ© par une mĂ©chante crevaison qui lui a fait perdre le contrĂ´le de la voiture, et près d’une heure au classement gĂ©nĂ©ral, Yamada poursuit sa route : « Mais mon grand trip, c’est plus de 100 000 kilomètres. Je suis encore loin, c’est plus de dix fois le Dakar ».
moto
Ruben Marcelo Miti : « Le Dakar est encore plus dur que ce que je pensais »
Quand il arrive Ă Foum-Zguid, Marcelo Miti n’est pas d’humeur causante. Le visage poussiĂ©reux, le geste lent, il a le regard Ă©teint. Etre dĂ©jĂ arrivĂ© au bivouac en plein jour alors que des dizaines d’autres motards en dĂ©cousent encore avec la première Ă©tape marathon, ne contribue pas Ă le dĂ©rider. Ce premier Dakar est vraiment une Ă©preuve. Et en plus son engin ne lui donne pas satisfaction : « Je me bagarre beaucoup avec la moto. J’ai un problème avec la suspension arrière et je pilote sans ĂŞtre en confiance . » Bref, l’un des deux argentins du rally, avec OrlandoTerranova, n’est pas Ă l’aise. Et ce bivouac perdu entre Er Rachidia et Ouarzazate, l’inquiète un peu : « OĂą est-ce qu’on dort ? Il y aura des couvertures ? »
Pour tout dire il regrette son rally d’argentine : « Las Pampas je le ferai tout le temps, c’est sĂ»r. Le Dakar je ne sais vraiment pas. » En fait, la dĂ©couverte du rallye raid de rĂ©fĂ©rence est une surprise quotidienne pour le natif de Buenos Aires. « Je ne m’attendais pas Ă tout ça » dit-il assis maintenant sous la tente avec son plateau repas. « Les vĂ©rifications c’est beaucoup de stress. Il y a aussi la langue. Je suis un peu dĂ©passĂ© et je suis tout seul. Quant Ă la course c’est très dur, je le savais. Quand on la vit c’est encore plus dur. Ce qu’il faut faire c’est venir avec une structure pour se consacrer Ă la course. »
Marcelo est peut-ĂŞtre dĂ©jĂ dans son prochain Dakar. Il serait bien Ă©tonnant qu’il ne relève pas ce dĂ©fi. Ce ne serait pas le premier. Marcelo a notamment repris l’exploitation agricole familiale, et en Argentine, cela Ă©quivaut souvent Ă des Ă©chelles particulières. 5.000 tĂŞtes de bĂ©tail et 200.000 poulets, en l’occurrence. La propriĂ©tĂ© s’appelle “ Estancia El Visnal” et se trouve Ă 200 kilomètres de Cordoba et, surtout, Ă 30 kilomètres du premier village. Pas simple pour la vie sociale. Beaucoup plus intĂ©ressant quand on aime la moto, pour peaufiner son profil de combattant du deux roues. Ruben Marcelo a dĂ» attendre pour cela d’arriver Ă une majoritĂ© très confirmĂ©e. Ce n’est qu’Ă 27 ans qu’il a pu prendre son vrai dĂ©part de motard. Les responsabilitĂ©s et la pression familiale ont longtemps retardĂ© sa vocation. Mais en une dizaine d’annĂ©es d’activitĂ©, il a multipliĂ© les compĂ©titions et les rĂ©sultats, en Argentine et en Espagne. Son but avouĂ© est de parvenir Ă terminer l’Ă©preuve pour ĂŞtre, avec Orlando Terranova peut-ĂŞtre, le seul argentin Ă ĂŞtre arrivĂ© au Lac Rose.
Jérôme Bonfils - Pierre Paul Chanoine : L’entente cordiale

Les relations anglo-françaises sont marquĂ©es de hauts et de bas. Placer Jeanne d’Arc sur un bĂ»cher ne permit certes pas de faciliter les relations diplomatiques, mais le Dakar 2007 semble indiquer qu’un trait a Ă©tĂ© tirĂ© sur le passĂ© vu le nombre Ă©levĂ© d’engagĂ©s français roulant sur une machine britannique. Prenez par exemple JĂ©rĂ´me Bonfils qui, pour le Dakar 2007, a choisi de piloter un Desert Warrior prĂ©parĂ© au Royaume-Uni. On aurait pu imaginer que le choix de JĂ©rĂ´me pour une voiture britannique provenait de son envie de traverser la Manche et de dĂ©guster la cĂ©lèbre cuisine anglaise. Ou peut-ĂŞtre souhaitait-il simplement pratiquer son anglais. Toutefois, selon JĂ©rĂ´me, aucun de ces deux paramètres n’a influencĂ© son choix. "Tout simplement la voiture est agrĂ©able Ă conduire, fiable et d’un bon rapport qualitĂ©-prix. L’arceau de sĂ©curitĂ© est très solide et le moteur turbo diesel de BMW est extrĂŞmement fiable. Pour ce qui est de la communication, on se dĂ©brouille comme on peut en franglais". Mais JĂ©rĂ´me n’est pas prĂŞt Ă franchir certaines limites au nom de l’entente cordiale. "Je proviens d’une rĂ©gion viticole, et j’ai beau apprĂ©cier leur aide pour la prĂ©paration de ce rallye raid, je ne suis pas encore sur le point de me mettre Ă la bière brune et tiède".
Ronn Bailey :

Ronn Bailey le rĂ©pète Ă tout qui veut bien l’Ă©couter : "Je veux juste arriver Ă Dakar". Mais mĂŞme cette "modeste" ambition peut s’avĂ©rer difficile Ă concrĂ©tiser. "On avançait très bien lors de la première Ă©tape au Portugal et tout Ă coup la voiture s’est arrĂŞtĂ©e. Alternateur cassĂ© ! Nous sommes repartis et cette fois nous avons arrachĂ© le système de gonflage en frĂ´lant un camion". La voiture de Ronn est encore tombĂ©e en panne lors de la liaison mais il a fini par rejoindre le parc fermĂ© dans les dĂ©lais.
La deuxième spĂ©ciale portugaise s’est dĂ©roulĂ©e sans incident majeur mais le buggy a fait plusieurs tonneaux sur l’autoroute de Malaga. "J’ai dĂ» donner un coup de volant pour Ă©viter de heurter un conducteur local et nous sommes partis en tonneaux. Le buggy Ă©tait gravement endommagĂ© mais notre assistance a rĂ©ussi Ă nous faire repartir et nous avons finalement rejoint le ferry pour le Maroc".
Le vĂ©hicule de Ronn ayant grand besoin de rĂ©parations, celui dĂ©cida de le conduire avec dĂ©licatesse tout au long de la première Ă©tape marocaine. C’est alors que la courroie lâcha". La courroie est facile Ă remplacer. Le problème c’est qu’elle est difficile Ă atteindre et nous avons perdu 30 minutes. Nous avons eu notre dose de malchance, j’espère que c’est fini maintenant et qu’on pourra atteindre la ligne d’arrivĂ©e sans trop de problèmes. Rien qu’un jour ou deux sans incidents, ça ferait plaisir".