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étape 4 - mardi 9 janvier 2007 | Er Rachidia - Ouarzazate

  • Liaison  96 km
  • Spéciale 405 km
  • Liaison 178 km
  • Total  679 km

Portraits

moto

Jean-Pierre MĂ©allet : « Le camion Ă©tait bloquĂ© par la police »

Copyright A.S.O. / Amaury Sport Organisation

« Je m’étais promis de ne pas boire une seule bière de tout le rallye, mais je vais quand mĂŞme m’en autoriser une ce soir », souffle Jean-Pierre MĂ©allet Ă  son entrĂ©e dans le salon du Ciudad de Salamanca , le ferry qui le transporte finalement pour traverser la MĂ©diterranĂ©e et attaquer la partie africaine du rallye. Car la grande aventure dont ce chef d’entreprise rĂŞve depuis l’enfance a dĂ©jĂ  connu un fâcheux rebondissement. Pas sur le terrain : « c’était nickel », se rĂ©jouit-il. C’est en fait dans les coulisses que s’est jouĂ©e la première galère de Jean-Pierre et de trois autres motards, compagnons d’infortune sur ce dĂ©but de course : « Notre Ă©quipe d’assistance a organisĂ© le transfert de nos motos de l’arrivĂ©e de la spĂ©ciale jusqu’à Malaga en camion, pour nous Ă©viter les 400 kilomètres de liaison ». L’intention est plutĂ´t louable, mais ledit camion, qui ne bĂ©nĂ©ficie pas de la protection des « stickers » du Dakar, n’a rien Ă  faire un dimanche sur l’autoroute, tout au moins aux yeux de la Guardia Civil : « Quand nous les avons appelĂ© pour avoir des nouvelles, alors que nous Ă©tions dĂ©jĂ  arrivĂ©s Ă  Malaga, nous avons appris que le camion, dont les disques avaient rĂ©vĂ©lĂ© d’autres irrĂ©gularitĂ©s, Ă©tait bloquĂ© par la police. Il Ă©tait dĂ©jĂ  près de 17 heures, donc nous sommes immĂ©diatement repartis Ă  SĂ©ville pour rĂ©cupĂ©rer nos motos ».

Sans rentrer dans des explications forcĂ©ment conflictuelles avec le chauffeur, nos quatre compères ont immĂ©diatement sautĂ© sur leurs montures, avec dans la tĂŞte une « dead line » difficile Ă  tenir : ĂŞtre de retour Ă  l’embarcadère avant 21h00. « En arrivant Ă  Malaga, nous Ă©tions perdus, un jeune garçon en scooter nous a guidĂ©s jusqu’au port. Mais en route, nous avons perdu nos deux copains Karl Vauclin et JoĂ«l Moro », explique Jean-Pierre en compagnie de Pascal Browet. Les deux retardataires ont finalement rejoint le port Ă  temps pour rentrer sur le bateau suivant. La petite Ă©quipe en est quitte pour quelques frissons et une poignĂ©e d’heures de sommeil en moins.

moto

Anthony Fillatre : « Je ne peux pas rouler moins vite »

ANTHONY FILLATRE

C’est certainement l’envie de bien faire. Anthony Fillatre avait dĂ©jĂ  identifiĂ© les risques avant mĂŞme de se rendre Ă  Lisbonne. « Il va falloir que je maĂ®trise ma fougue », reconnaissait le jeune homme en pensant Ă  ses chances de rallier Dakar pour sa première participation. Il ne s’imaginait pourtant pas que son Ă©nergie dĂ©bordante allait lui jouer des tours dès la première spĂ©ciale portugaise : « je me suis retrouvĂ© sur le cĂ´tĂ© après seulement quelques kilomètres, sans avoir l’impression de forcer. Je n’arrive pas Ă  rouler moins vite. En tout cas je me suis relevĂ© tout de suite et je suis reparti, bien que je me sois donnĂ© une Ă©longation au niveau du mollet droit », dit-il en boitant, deux jours après sa cabriole.

Vieux camarade de la famille Morel au grand complet, Anthony escomptait faire plus ou moins route avec Antoine, le père et Alan, le fils. Mais la diffĂ©rence de classement rĂ©sultant de la bourde du premier jour, et d’une crevaison plutĂ´t pĂ©nalisante le lendemain, le condamne Ă  voyager seul. Un Ă©tat de fait qui pourrait participer avec bĂ©nĂ©fice Ă  son apprentissage du rallye : « Il faut que j’apprenne la navigation. A part un stage d’une semaine oĂą nous nous sommes entraĂ®nĂ©s Ă  lire des road-books, je n’ai aucune notion. J’espère que d’ici aux Ă©tapes mauritaniennes, je serai revenu Ă  leur hauteur (Antoine et Alan Morel) au classement gĂ©nĂ©ral, car cela me fait un peu plus peur de me retrouver livrĂ© Ă  moi-mĂŞme lĂ -bas ». En plus d’apprendre Ă  lire, il faudra avant tout jouer la prudence.

moto

Robbie Allan : « J’avance Ă  mon rythme »

Copyright A.S.O. / Amaury Sport Organisation

A 66 ans, Robbie Allan est le plus vieux concurrent moto de ce Dakar. L’Ecossais dĂ©couvre le Dakar avec des yeux d’enfant : « Je n’ai jamais vu quelque-chose d’aussi Ă©norme, Ă©voquait-il au soir du bivouac d’Er Rachidia. C’est le dernier grand challenge au monde. »
Ce père de trois enfants n’a pas eu trop de mal Ă  avoir l’aval des siens. « Cela fait 42 ans que nous sommes mariĂ©s et que je le subis alors je ne peux que l’accepter », avoue sa femme. Sa plus jeune fille lui a tout de mĂŞme dit qu’il s’agirait de « son premier et dernier Dakar ».
Frère de Vic Allan, quatre fois champion de Grande Bretagne de motocross, Robbie est un robuste qui a l’habitude des grandes Ă©preuves sur terre comme sur route. « A nous deux, nous avons 95 ans d’expĂ©rience Ă  moto ».

Venu Ă  Lisbonne avec sa femme et son frère deux semaines avant le dĂ©part du rallye, le vieux Robbie, en bon Ecossais, a peaufinĂ© sa prĂ©paration physique avec un bon bain de mer le jour de NoĂ«l. De quoi bien attaquer une Ă©preuve qu’il a Ă©voquĂ© avec son lĂ©gendaire compatriote Colin McRae, ancien champion du monde des rallyes engagĂ© par Nissan sur le Dakar en 2004 et 2005. Les bons conseils du plus expĂ©rimentĂ© des deux a en tout cas permis Ă  Robbie Allan d’achever la troisième Ă©tape, la première en Afrique, en 223ème position (sur 236), Ă  plus de trois heures du vainqueur. « Une mauvaise journĂ©e pour moi. Ça s’était bien passĂ© au Portugal mais j’ai eu des soucis d’essence et j’ai perdu 1h30. Je suis dĂ©goutĂ© parce que je chute au gĂ©nĂ©ral », insistait l’ambitieux motard. « Mais je ne suis pas très content de l’attitude des pilotes auto. Certains ne sont pas très sympa. J’ai presque reçu un gros caillou en plein visage Ă  cause d’une voiture qui me doublait. Je ne me souviens pas du numĂ©ro mais je reconnaitrai le vĂ©hicule. Et si je le trouve… »

La première spĂ©ciale marocaine est derrière lui mais les grosses difficultĂ©s arriveront en Mauritanie « J’avance Ă  mon rythme, tout seul. J’arrive Ă  me servir du road book mais je ne comprends rien au GPS ». La dĂ©couverte du Dakar continue pour le sexagĂ©naire, avant de monter sa tente pour profiter d’une courte nuit de sommeil…

moto

Chris Jones : « Ma femme me soutient totalement »

CHRISTOPHER JONES

La plupart des privĂ©s sur le Dakar admettent aisĂ©ment que le simple fait de se prĂ©senter sur la ligne de dĂ©part est un exploit en soi. L’obstacle le plus souvent citĂ© est très certainement d’ordre financier. Suivi par le manque de temps. En privĂ©, bon nombre de privĂ©s admettent aussi que le fait de convaincre sont partenaire de vie n’est pas une mince affaire. Chis Jones, un nouveau venu parmi les motards, semble ĂŞtre l’exception qui confirme la règle Ă  ce sujet. "Pour ĂŞtre honnĂŞte, c’est ma femme qui a portĂ© ce projet du Dakar a bout de bras. Tout a commencĂ© il y a trois ans alors que nous terminions un voyage Ă  moto nous menant des Etats-Unis vers le pointe mĂ©ridionale de l’AmĂ©rique du sud. Nous regardions les images du Dakar Ă  la tĂ©lĂ© et c’est elle qui m’a suggĂ©rĂ© de tenter ma chance". Depuis lors, le couple a consacrĂ© un temps incalculable Ă  la prĂ©paration de cette aventure pour enfin arriver Ă  la ligne de dĂ©part. Chris dut avant tout peaufiner son pilotage off-road et ensuite prĂ©parer sa KTM Adventurer. "J’ai montĂ© la moto moi-mĂŞme et je la connais dans les moindres dĂ©tails, ce qui peut s’avĂ©rer utile puisque mon camion d’assistance vient de tomber en panne et j’ai la sensation que je ne reverrai pas avant longtemps. Evidemment cela va rendre les choses beaucoup plus difficiles, et ça fait du bien de savoir que ma femme ne soutient totalement dans cette aventure".