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étape 13 - vendredi 19 janvier 2007 | Kayes - Tambacounda

  • Liaison 180 km
  • Spéciale 260 km
  • Liaison  18 km
  • Total  458 km

Portraits

moto

Rowland Kirishima : « Une agonie constante ! »

Copyright A.S.O. / Amaury Sport Organisation

Rowland Kirishima avait prĂ©vu d’attendre son quarantiĂšme anniversaire pour participer au Dakar. Pris par la passion et inquiet d’une Ă©ventuelle blessure, le Japonais de pĂšre Ă©cossais a avancĂ© son rendez-vous avec le rallye : « Je ne pouvais plus attendre ». C’est donc sur une Yamaha 450cm3 que cet habituĂ© des courses sur circuit s’est lancĂ© en direction du Lac Rose. Une premiĂšre dans la douleur. Sur le bivouac d’Ayoun El Atrous il avoue : « Je dois ĂȘtre le motard qui a le plus chutĂ© de tout le Dakar ».

Avant le mythique rallye, Rowland s’est notamment prĂ©parĂ© sur le rallye d’Egypte, terminant Ă  une trĂšs honorable 28Ăšme place : « Mais le ‘Pharaon’ est une ballade en forĂȘt par rapport au Dakar. Je ne savais pas que ce serait aussi difficile, c’est une agonie constante. On ne peut jamais respirer. »

Lors de l’étape entre Atar et Tichit, Kirishima a vĂ©cu l’enfer repoussant sans cesse ses limites. « J’ai dĂ» tomber au moins 20 fois lors des 50 premiers kilomĂštres. Je roulais ensuite de nuit avec le camion balai juste derriĂšre moi. L’organisation voulait que j’abandonne, ils m’ont dit de m’arrĂȘter pendant quelques minutes pour que je reprenne des forces
 Et j’ai continuĂ©. A nouveau lors des 10 derniers kilomĂštre j’ai chutĂ© une bonne vingtaine de fois en pleine nuit. En plus de cela, je n’avais plus de phare Ă  cause d’un problĂšme de batterie. Je roulais donc Ă  la lampe frontale ».

Au lendemain de cette Ă©tape apocalyptique, ce photographe de profession, blessĂ© Ă  la jambe, n’ose pas se rendre Ă  la tente mĂ©dicale de peur qu’on l’oblige Ă  abandonner


Les leçons de courage sont nombreuses sur le Dakar, en particulier dans la famille des motards. Rowland Kirishima y ajoute la chance, celle d’avoir vu l’étape d’Atar rĂ©duite Ă  cause de la mauvaise visibilitĂ©, ou encore celle de ne pas avoir dĂ» aller jusqu’à Tombouctou. Avec un grand sourire il ajoute : « En tout cas j’en ai eu pour mon argent ! »

moto

Mike Hughes : « Le boomerang anglo-australien »

MIKE HUGHES

Au dĂ©but, tout ce que Mike Hughes voulait, c’était venir sur le Dakar et faire la course sans trop de frais et aussi aisĂ©ment que possible, pour se dĂ©barrasser du virus et tout oublier. C’était en 2001. « La premiĂšre fois, j’ai louĂ© une Honda XR400 dans le magasin de motos parisien, Challenge 75 et ils se sont chargĂ© de mon assistance. A l’époque, le rallye durait 21 jours mais tout s’est magnifiquement bien passĂ©. Je n’ai eu presque aucun souci, ni avec ma moto, ni avec mon pilotage et je suis arrivĂ© au bout sans encombres. »

VoilĂ  qui aurait dĂ» mettre un point final Ă  l’aventure, sauf que Mike avait encore soif de Dakar
 « Bien que j’aie atteint l’objectif que je m’étais fixĂ©, j’ai commencĂ© Ă  me demander ce que ce serait sur une plus grosse moto. » MĂȘme un dĂ©mĂ©nagement du Royaume-Uni en Australie n’a pas suffi Ă  mettre suffisamment de distance entre lui et le mythique rallye raid ; il est donc revenu en 2005 sur une KTM 660 pour abandonner juste aprĂšs le jour de repos pour cause de problĂšmes mĂ©caniques. Le boulot Ă©tant encore inachevĂ©, Mike est revenu une troisiĂšme fois en 2006 mais n’a Ă  nouveau pas pu finir la course pour cause de jambe cassĂ©e cette fois.

« J’ai fait les 50 km qui me sĂ©paraient du bivouac avec la fracture espĂ©rant que ce ne serait pas si grave mais une radio a confirmĂ© mes craintes. » Cette annĂ©e, jusqu’à prĂ©sent en tout cas, tout se passe comme prĂ©vu et Mike commence Ă  croire qu’il sera en mesure de se dĂ©barrasser de son dĂ©mon du Dakar. « Avant le dĂ©part, je me suis dit que si j’arrivais Ă  passer au travers de l’étape Nema – Nema je serait bon, et me voilà
 Je dois dire toutefois que cette annĂ©e a Ă©tĂ© trĂšs dure. En 2001, j’aurais pu continuer mĂȘme aprĂšs l’arrivĂ©e, c’était un jeu d’enfant comparĂ© Ă  cette annĂ©e. 2006 Ă©tait dur aussi mais je pense que c’est plus dur encore depuis que David Castera (le Directeur Sportif) prĂ©pare le road book. Ce qui est Ă©trange, c’est que toutes proportions gardĂ©es, il n’y a pas eu autant d’abondons cette annĂ©e qu’en 2001. J’y ai beaucoup pensĂ© et je suppose que c’est parce que le profil des concurrents a changĂ©. En 2001, il y avait beaucoup d’aventuriers, alors qu’aujourd’hui il y a bien plus de pilotes. »

Evidemment la question qui s’impose Ă  Mike est : Ă  supposer qu’il finisse cette annĂ©e, reviendra-t-il ? « C’est pas le but. L’idĂ©e est de finir sur une grosse moto et de m’arrĂȘter lĂ . D’un autre cĂŽtĂ©, j’ai dĂ©jĂ  regardĂ© certaines des KTM 525 Ă©quipĂ©es rallye et je pense que je pourrais aller plus vite encore sur une moto comme celle-là
 »

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Marc Dullum : “Je trouve mon Ă©quilibre de vie sur le Dakar”.

Copyright A.S.O. / Amaury Sport Organisation

Marc Dullum n’a pas commencĂ© la moto avant ses 36 ans ; pour lui c’est un moyen de se vider la tĂȘte aprĂšs une dure journĂ©e au bureau. Puis il a entendu parler d’un petit rallye en Tunisie et a dĂ©cidĂ© de s’inscrire. C’était en 1998. Marc le reconnaĂźt : « je n’avais pas la moindre idĂ©e de ce que je faisais mais j’étais mordu par le virus et j’ai dĂ©cidĂ© de me fixer l’objectif Ă  long terme de faire le Dakar. » En 2003, aprĂšs cinq ans d’entrainement et de collecte de fonds, il a pris le dĂ©part et terminĂ© le Dakar Ă  sa premiĂšre tentative. En 2004, il est revenu avec la ferme intention d’amĂ©liorer sa place au classement final mais a dĂ» abandonner Ă  cause de problĂšmes mĂ©caniques. « J’ai dĂ» laisser ma moto sur la piste et je ne l’ai rĂ©cupĂ©rĂ©e que 6 mois plus tard. Quand Etienne Lavigne m’a tĂ©lĂ©phonĂ© pour me dire qu’ils l’avaient retrouvĂ©e et la renvoyaient en Europe j’étais aux anges ; on passe tellement de temps avec sa moto, qu’on finit par s’y attacher. »

En 2005 Marc Ă©tait Ă  nouveau de retour et a terminĂ© sans trop de problĂšmes avant de revenir encore en 2006 comme reporter pour une tĂ©lĂ©vision danoise. Et en 2007 il est Ă  nouveau lĂ  chevauchant sa KTM adorĂ©e et s’occupant des reportages tĂ©lĂ© Ă  son arrivĂ©e au bivouac. “Toute l’annĂ©e, je travaille dur comme consultant dans l’industrie alors j’ai besoin de mon dĂ©fi annuel du Dakar pour rester sain de corps et d’esprit. Le Dakar m’a aidĂ© dans ma vie professionnelle. J’ai nouĂ© de nombreux contacts grĂące au rallye et la course m’a enseignĂ© tant de choses sur la motivation et la concentration. » Donc Marc sera probablement lĂ  en 2008 Ă  nouveau. « D’une maniĂšre ou d’une autre, oui. Mais j’ai 45 ans maintenant et ça commence Ă  faire mal quand je chute. J’ai regardĂ© ces buggies monoplaces Gache et j’aimerais bien essayer au volant de l’un d’entre eux. »

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Antonio Ramos : « Moi, j’aide tout le monde »

ANTONIO RAMOS MARTINEZ

« Moi, j’aide tout le monde. » Ne rappelez pas Ă  Antonio Ramos qu’il est maintenant cĂ©lĂšbre dans la caravane en Ă©tant devenu le porteur d’eau de Marc Coma, tenant du titre et leader de la course moto. Ne lui rappelez pas, parce qu’il porte en lui la philosophie du Dakar, et que, en fier hidalgo, il ne veut pas ĂȘtre rĂ©duit Ă  une attitude opportuniste. « Je fais le Dakar Ă  l’ancienne », dit-il pour solder tout malentendu. Le mĂ©canicien de Murcia en est Ă  son 11Ăšme rallye raid, depuis 1996. S’il a accrochĂ© une jolie 22Ăšme place en 2003 Ă  son revers de blouson, il a surtout emmagasinĂ© l’esprit de l’épreuve. « J’ai toujours aidĂ© tout le monde. Tout le temps. Cette annĂ©e au Maroc, c’était un Portugais. Puis lors de l’étape de Tichit, le Mexicain qui s’est blessĂ© au pied
Sunny Irvine ! Il avait rompu une courroie. »

Antonio Ramos, 49 ans, est un type entier. Le genre qui ne triche pas. Grand et longiligne, il s’exprime d’une voix forte et dit faire le Dakar sur des convictions. Le reste de l’annĂ©e, il ne pense quasiment qu’à cette course et se met en quatre pour donner des conseils ou faciliter des solutions techniques. Jordi Ingles, le petit Catalan de Santa Coloma, en tĂ©moigne : « Il m’a envoyĂ© une piĂšce, en dĂ©cembre, sans rien me demander. En me disant simplement de ne pas me tracasser pour le payer. » Tout cela, au bout du compte, crĂ©e un statut. Une petite renommĂ©e qui se rĂ©pand vite dans les travĂ©es du bivouac et les pistes des spĂ©ciales.

Pas Ă©tonnant que Jordi Arcarons, le team manager de KTM Repsol, ait pensĂ© Ă  ce motard pour supplĂ©er les abandons de Jordi Viladoms (7eme) et de Giovanni Sala (9Ăšme). Un motard fiable, mĂ©cano de surcroĂźt, et qui roule sur KTM : Antonio est trĂšs vite apparu comme le sauveur dĂ©signĂ© de l’équipe Repsol et de Marc Coma, seul en course depuis Nema. Modeste et pudique, il ne s’étend pas sur cet accord passĂ© avec Arcarons. Pour lui, c’est normal. Ce qui ne le serait pas serait de le rĂ©duire aux 6.000 euros pour une intervention, sur lesquels repose l’accord. Antonio a d’autres batailles. Celle de la reconnaissance, notamment. Il est un peu en pĂ©tard contre les mĂ©dias de sa rĂ©gion. Trop habituĂ©s Ă  son raid annuel, ils l’ont un peu dĂ©laissĂ© cette annĂ©e. « On ne me reconnaĂźt pas Ă  ma vraie valeur » dit-il, l’accĂ©lĂ©rateur Ă  fond sur la fiertĂ©. La reconnaissance de ses pairs en tout cas, lui est acquise.