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étape 10 - mardi 16 janvier 2007 | Néma - Néma

  • Liaison  10 km
  • Spéciale 366 km
  • Liaison  24 km
  • Total  400 km

Portraits

moto

Mirjam Pol : « ÃŠtre à Dakar, oui… mais avec ma moto ! »

Copyright A.S.O. / Amaury Sport Organisation

Au bivouac de Tichit, elles étaient encore six. Un carton plein pour les femmes engagées dans la course moto. Et parmi les 174 concurrents en course : une certaine Mirjam Pol.

Pour sa première participation en 2006, la Néerlandaise a terminé deuxième de la catégorie femmes, et 80ème au général. Cette année, Mirjam, 23 ans, pourrait faire encore mieux. 44ème à Tichit, la jeune professeur de sport a eu ses hauts et ses bas depuis le départ à Lisbonne. « En Europe j’ai réussi à me maintenir dans le Top 100, mais au soir de l’étape marathon à Foum Zguid, j’ai commencé à avoir de la fièvre et ça s’est empiré le lendemain ». Ajoutons à cela une mauvaise entorse à la cheville lors de l’étape menant à Zouerat : « Je me suis mal réceptionnée après un saut et je me suis tordu la cheville droite. Je pensais que ça irait mais la douleur m’a réveillée en pleine nuit ».

Avec sa cheville bien ‘strappée’ la solide Néerlandaise poursuit sa route vers Dakar, son objectif. « Je me fous du classement et des autres femmes en course. Je sais que Ludivine Puy et Annie Seel sont bien meilleures », confie-t-elle tout en regardant le général et son retard sur la Française.
Lors de l’étape vers Atar, Mirjam aurait bien mérité un prix du fair-play, s’arrêtant pour donner de l’essence à Annie Seel, preuve supplémentaire que la Suédoise n’a rien d’une rivale.

La ‘motarde’ sait qu’elle est encore en apprentissage sur le Dakar mais a acquis le respect. « L’an dernier aux Pays Bas les gens rigolaient lorsque j’ai décidé de prendre le départ. Puis ils étaient surpris de me voir atteindre la journée de repos. Cette année, c’est presque normal si je suis là. Je dois maintenant continuer jusqu’à Dakar sans prendre de risques et en prenant bien soin de ma moto. Le but n’est pas que je sois à Dakar, le but est que j’y sois avec ma moto… »

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Rob Deckers : « Je reviendrai en camions »

ROB DECKERS

Rob vient d’arriver à Tichit. Il a avalé 589 kilomètres de spéciale dans la solitude mauritanienne. Derrière cette victoire, une lassitude presque aussi grande que la longueur de l’étape partie d’Atar. « C’est trop dur », lâche-t-il. Debout devant sa KTM 525, un bonnet enfoncé jusqu’aux oreilles, il semble perdu. Il est 10 heures du soir et Rob Deckers demande qu’on lui donne un coup de main. Ses doigts gourds et tuméfiés n’arrivent même plus à débloquer son road book. La mécanique va bien, mais le moral vacille. Le Hollandais repasse en quelques phrases cette foutue étape. « J’ai fait les derniers 120 kilomètres dans le sable. Il faisait nuit. Je roulais à 40 km/h. C’était très long. Trop dur. J’ai 42 ans… »

Rob allume une cigarette et laisse partir son regard. Le bruit des motards qui arrivent où qui travaillent sur leur engin ne l’atteint pas. Ce bouillonnement, dans le coin des "malles motos" en cette nuit d’étape sans assistance, lui est lointain. Rob aspire une bouffée et raconte son histoire. « Je suis venu sur le Dakar en 2005. Lors de la sixième étape j’ ai chuté dans les dunes et une voiture est retombée sur l’arrière de ma moto. J’ai eu la cage thoracique enfoncée. J’ai pu finir car le bivouac était à 60 kilomètres. Mais le lendemain j’ai abandonné. J’ai mis trois mois à m’en remettre. »

Après cette première tentative, il est revenu cette année. Pour finir et en finir. « C’est une trop grosse épreuve et à mon âge c’est trop de risques. Je vais terminer, par orgueil et pour boucler ce projet, mais, la moto sur le Dakar, c’est terminé. » Rob Deckers va peut-être gagner son pari personnel mais ce Dakar-là l’aura vaincu. Paradoxe d’une épreuve hors-norme. Il ne conçoit cependant pas l’avenir sans Afrique et aventure. Installé en Belgique, à Meerle, dirigeant d’une société d’import-export de camions, il compte se resourcer avec son milieu. « Je vais revenir faire le Dakar comme pilote camions. C’est moins risqué et plus naturel pour moi. » 22h30, dans la nuit noire et étoilée de Tichit, le 135 se dirige maintenant à pas lents vers le bivouac restauration. Pensif et déjà ailleurs.

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Nuno Mateus : « Arriver à Dakar pour faire la fête à Albufeira »

NUNO MATEUS

Les années se suivent et se ressemblent presque pour Nuno. A Tichit, on le retrouve en train se s’activer autour de sa moto, couleur bleue claire, sponsorisée par sa région de l’Algarve et sa ville d’Albufeira, avec Pedro Bianchi Prata. Cet autre motard portugais en a déjà fini avec l’étape et la mécanique de sa moto. Il prête main forte à Nuno pour son changement de roue. L’entraide n’est pas un vain mot sur le Dakar et Nuno le sait mieux que quiconque. Cheveux courts et bruns, petite taille et allure tonique, il sourit en évoquant ses mésaventures de l’an dernier. « Oui, c’est vrai j’avais abandonné pour ne pas laisser seul, dans les dunes, mon compatriote Ricardo Pina, alors que ma moto marchait encore bien. Mais plutôt dans la journée, nous avions aidé Ruben Faria à continuer en lui passant des pièces de nos motos »

Cet ingénieur en génie civil de 34 ans est, cette fois, du côté de ceux que l’on aide. « C’est mon tour », dit-il avec un clin d’œil. Dans cette étape Atar – Tichit tout avait commencé avec un problème électrique entre les deux contrôles kilométriques de la spéciale. « J’avais des fusibles défectueux et un concurrent s’est arrêté pour m’en donner ». Maintenant, il vient de changer sa roue et pour enlever la malle qui lui a servi de support pendant l’opération, c’est un motard tchèque qui vient de déployer sa tente à côté qui se mobilise. La roue a vraiment bien tourné pour Nuno. Dès avant le départ, ce sont les sponsors venus sur l’équipe de l’Algarve qui lui permettent de bénéficier d’une vraie assistance. Et puis, la moto c’est quand même, pour Nuno, un vrai virus. Champion du Portugal d’enduro 1994, puis vice-champion en 1997, il a encore fini 6ème cette année. « Je veux arriver à Dakar et faire une super fête chez moi à Albufeira » Toujours le sens du collectif. Nuno ne changera pas.

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La famille Vulliet : les frangins du Dakar !

FRANCOIS VULLIET

Il y a pères et fils et même pères et filles qui font le Dakar mais le record de participation en famille est sans aucun doute détenu en 2007 par les trois frères Vulliet : Régis, François et Etienne.

François raconte : « Nous avons toujours été fous du Dakar et nous avions l’habitude de le regarder ensemble à la télé. Je ne suis pas bien grand et je pensais qu’il serait impossible de m’inscrire mais il y a environ 15 ans, j’ai vu Cyril Neveu monter sur le bateau à Marseille et je me suis rendu compte qu’il n’était pas plus grand que moi. Dès cet instant, j’ai voulu faire la course un jour. » François a réalisé son rêve il y a deux ans avec son frère aîné Etienne mais ni l’un ni l’autre ne sont allés jusqu’au bout. Etienne s’est cassé le pied et François s’est fêlé la clavicule. Quant à Régis, il n’avait pas pu les accompagner car il était en train de construire sa maison.

Par contre, en 2007, ils ont décidé de revenir à trois sur des Yamaha 450 quasi identiques, à la seule différence que le siège de François a été débarrassé de presque toute sa mousse pour qu’il puisse avoir les pieds plus près du sol. Mais après avoir atteint avec succès le jour de repos, les trois hommes étaient confiants et pensaient pouvoir arriver jusqu’au terme de l’épreuve jusqu’à ce que Régis casse sa boîte de vitesse lors de l’étape Atar – Tichit. François : « il était très fatigué le reste de la journée et a décidé de ne pas changer son moteur. Par contre, Etienne et moi, nous allons bien. Le seul problème que nous avons eu en chemin vers Tichit était une fuite au réservoir d’essence sur la moto d’Etienne. Alors on a rempli ma moto jusqu’à la gueule et partagé l’essence. » Si c’est pas de l’amour fraternel ça !