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6 janvier 2007 - 21 janvier 2007 | Lisboa > Portimao

  • Total liaisons 4309 km
  • Total spéciales 3606 km
  • Total  7915 km

Portraits

Copyright A.S.O. / Amaury Sport Organisation

moto

David Casteu (FRA) : « J’ai le beau rôle »

Premier amateur et vainqueur de la catégorie Marathon sur le Dakar 2005, avec la 13ème place finale au scratch, David Casteu a vu l’équipe officielle KTM Gauloises lui offrir sa chance. Le Niçois ne l’a pas laissée passer, avec une saison pleine en 2005, et surtout un Dakar 2006 sur lequel il a rempli avec les honneurs son contrat de porteur d’eau de Cyril Despre et Isidre Esteve : « je suis bien obligé de constater qu’on peut difficilement faire mieux : je suis resté proche de Cyril pendant tout le rallye, j’ai sauvé la vie d’Isidre lorsqu’il a eu son accident, je me suis classé 8ème au général et j’ai remporté une spéciale ». Le nouveau venu dans le monde des pros a poursuivi l’année par une démonstration de performance au long cours : « Ce dont je suis le plus fier, c’est que j’ai participé à huit courses cette année, et je n’ai pas abandonné une seule fois. Au final je termine deuxième du championnat du monde derrière Marc Coma, mais je n’ai vraiment rien à regretter, il est au-dessus du lot », analyse Casteu.

La qualité de la saison écoulée donne naturellement des idées ambitieuses au motard le plus souriant du plateau. Ses projets pourraient d’ailleurs être facilités par le statut à part qu’il occupera au sein de l’écurie KTM Gauloises. Ni porteur d’eau des deux grands prétendants à la victoire Cyril Despres et Isidre Esteve Pujol, ni totalement libre, le Niçois aura un rôle de joker dont le but sera de tout faire pour assurer la victoire d’une moto bleue à Dakar. Cette position d’outsider correspond parfaitement au tempérament de Casteu, qui mêle toujours décontraction et détermination : « J’ai vraiment le beau rôle : personne ne me met de pression car je ne suis pas considéré comme un leader, et j’ai la possibilité de jouer des coups car je leur ai prouvé que je suis un pilote fiable. Par exemple, si je suis devant, ils ne vont pas me demander d’attendre les autres. Si c’est le cas, j’aimerais vraiment faire un podium. Je sais que je peux le faire car l’expérience de cette année a été constructive ».

Copyright A.S.O. / Amaury Sport Organisation

auto

Jean-Louis Schlesser : « Je serai à l’affût »

Double vainqueur du Dakar, premier pilote à s’être imposé avec un véhicule deux roues motrices et quintuple vainqueur de la Coupe du Monde FIA des rallyes tout terrain : mais qu’est ce qui fait encore courir Jean-Louis Schlesser ? A 58 ans, cet ancien pilote de circuit a en effet quasiment tout gagné en rallye raid. Seulement voilà, depuis la main mise des Mitsubishi sur le Dakar, Jean-Louis Schlesser ronge son frein. Compétiteur dans l’âme, homme de défis, cet ancien pilote de F1 chez Williams n’est pas du genre à se laisser abattre. Et si le constructeur artisan qu’il est ne lutte forcément pas à armes égales avec les équipes officielles, il arrive tout de même à titiller les Peterhansel, Alphand et autres Sainz.

Depuis 2001 et l’émergence des Mitsubishi, « Jean-Louis la malice » essaie de rivaliser. Ainsi, lors de l ‘édition 2001, alors qu’il écopait d’une heure de pénalité pour s’être fait pousser dans une zone neutre, il s’est battu comme un lion pour conduire sa deux roues motrices à la 3ème place au général. Le Dakar 2002 s’est arrêté au Maroc mais il a fini la saison avec un quatrième titre consécutif de champion du monde des rallyes raids !

Les dernières années ont été marquées par une collection d’abandons sur le Dakar, à l’exception de sa 3ème place en 2004. Ses passages plus ou moins prolongés sur le rallye ont eu le tort de lui construire une réputation de « casseur de voitures », mais aussi le mérite de clarifier la situation sur le potentiel de ses machines. En 2006, surtout, Schlesser est parvenu à inverser la tendance avec les trois voitures engagées sur le rallye. Avec Thierry Magnaldi et Josep-Maria Servia comme coéquipiers, le chef de bande a rallié Dakar avec un effectif complet, une 6ème place au classement général et surtout trois victoires de spéciale (Schlesser à Er Rachidia, Magnaldi à Zouerat et Nouakchott), un frisson qu’il n’avait plus connu depuis 2001.

Si cette belle série n’a pas réellement troublé le sommeil de Peter et Alphand, Schlesser ambitionne toujours de faire la nique aux usines cette année, bien qu’il ne prenne le départ qu’avec une voiture, dans laquelle Arnaud Debron l’accompagnera : « La saison a été bonne, puisque nous avons été 3ème au rallye de Tunisie, 2ème au Maroc et 3ème à Dubaï. Je monte en puissance, alors je ferai tout pour défendre mes chances. L’année dernière nous avons fait la preuve que les voitures étaient compétitives en gagnant trois fois sur des étapes africaines. Alors je peux clairement viser la victoire. En tout cas je serai à l’affût ».

Copyright A.S.O. / Amaury Sport Organisation

camion

Ilgizar Mardeev (RUS) : Mieux qu’un second couteau

Ilgizar Mardeev aura la tâche d’aider Vladimir Chagin à conquérir sa sixième couronne, la huitième pour le team Kamaz. C’est une mission paradoxale pour ce pilote qui a déjà fini 4ème de l’épreuve en 2004 et qui a donc les moyens de monter sur le podium. Mais la domination récente des Kamaz n’est cependant pas inéluctable,comme l’a rappelé le manager sportif de la marque, Semyon Yakoubov : « Les équipes se préparent depuis février et une quinzaine de camions peut gagner ». Ce contexte de concurrence n’est pas pour déplaire à Mardeev, solide compétiteur. Connaissant bien les rouages de la maison Kamaz et du Dakar, il sait ce qui l’attend dans ce combat des chefs que sera cette année la compétition camions. La marque russe n’entend en effet pas se reposer sur ses lauriers et l’ambition de son directeur général est claire, cette année encore : « Tout va être fait pour gagner », a notamment déclaré Serguey Kogoghin. Un objectif qui s’inscrit tout à fait dans l’ascension continue d’Ilgizar Mardeev.

Cela fait maintenant une dizaine d’années qu’il a intégré la formation russe. D’abord pilote du véhicule d’assistance technique, il a participé à partir de 1996 au rallye comme mécanicien, puis comme navigateur entre 1997 et 2003. En 2004, Ilgizar pilote pour la première fois en course et finit donc au pied du podium. Un résultat qui situe les possibilités de celui qui s’installe cette année comme le second pilote Kamaz en l’absence de Firdaus Kabirov, soucieux de prendre une année sabbatique avec la course. La trajectoire de Ilgizar fait de lui un élément incontournable de l’équipe autant qu’un soutien de poids pour la défense du titre de Vladimir Chagin.

auto

Wouter Rosegaar (HOL) : « J’ai passé un accord avec mon école »

« Aux âmes bien nées la valeur n’attend pas le nombre des années », assurait Corneille dans le Cid. Et Wouter Rosegaar ne le fera pas mentir. S’il n’est pas le concurrent le plus jeune du plateau, à 24 ans, il n’est pas non plus un vieux de la vieille. Assis sur le siège passager du Mitsubishi L200 de son compatriote néerlandais Toni Van Deijne, il prend la direction de Dakar pour la deuxième année consécutive après une arrivée en 34e position en 2006.

Entre ses études en marketing, la gestion de sa petite entreprise de communication sur internet, il lui a bien fallu trouver le temps pour se préparer sur le Dakar pour garder la confiance de son pilote, de plus de vingt ans son aîné. « J’ai dû passer un accord avec mon école pour que mes horaires de cours soient aménagés », avoue-t-il. Cette année, l’ambition des deux bataves, épaulés par un team d’assistance de huit personnes, est de terminer à la 15e place. Que le tandem y parvienne ou pas, Wouter Rosegaar et Toni Van Deijne comptent revenir ensemble en 2008, avant peut être que le plus jeune des deux ne prenne lui-même le volant et son indépendance.

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auto

Eric Morin (FRA) : « Deux fois plus cette année »

Eric Morin et Marc-André Desneuf sont partis ensemble sur le Dakar en 2005. Les deux hommes y avaient signé un très bon résultat : 61ème au scratch. A côté de leur passion commune pour le rallye raid, Eric et Marc-André partagent surtout le même amour pour le continent africain. En 2005, ils avaient déjà participé à l’équipement d’une école de la région de Fatick au Sénégal (livres, fournitures scolaires, etc.) et financé la construction d’un puits. Ce lien particulier avec l’Afrique, Marc-André Desneuf l’a tissé très tôt. Né à Rennes, ce chef d’entreprise dans les travaux publics a ensuite vécu jusqu’à l’âge de vingt ans au Sénégal. « Je parle wolof couramment et j’ai grandi avec Syndiely Wade (fille d’Abdoulaye Wade – président du Sénégal) car mes parents et les siens étaient amis. Aujourd’hui, une grande partie de ma famille vit d’ailleurs toujours au Sénégal. Et depuis la création du rallye, je n’ai pas raté une seule arrivée, malgré mon retour en métropole il y a quelque années à cause de mes obligations professionnelles ».

Cette année, Eric Morin et Marc-André Desneuf entendent à nouveau associer leur course à un projet humanitaire : l’équipement de deux écoles et la construction de deux puits dans la région de Sokhone au Sénégal. Et leur implication a fait des émules puisque le Crédit Agricole, un de leur sponsor en 2005, participe quant à lui cette année à une opération de mécénat : la construction d’une école avec cantine, ainsi qu’un potager pour assurer l’autosuffisance de l’établissement, toujours dans la région de Sokhone.

Marc-André Desneuf compte procéder de la même façon que l’année passée pour récolter les fonds destinés à financer le projet : « Nous avions organisé une soirée de retour et nous comptons faire la même chose cette année en espérant pouvoir doubler notre aide. Nous avions récolté environ 450 euros il y a un an et cette année je table sur 1000, quitte à rajouter un peu de ma poche s’il le faut. Deux fois plus, cela veut dire une aide deux fois plus conséquente ».