6 janvier 2007 - 21 janvier 2007 | Lisboa > Portimao
- Total liaisons 4309 km
- Total spéciales 3606 km
- Total 7915 km
Portraits
moto
Cyril Despres (FRA) : « Une revanche sur moi-mĂŞme »
Cyril Despres n’a jamais été habitué à la facilité. Avant de conquérir son premier titre sur le Dakar, il est d’ailleurs passé par tous les stades de développement du champion qui s’affirme. Engagé comme simple amateur désireux de convertir son expérience du trial sur les pistes, Cyril s’est progressivement fait remarquer par les équipes de pointe lors de ses premières apparitions sur le rallye. Mais une fois assis sur des machines à gagner, comme porteur d’eau de Roma ou pour son propre compte, il a fréquenté toutes les marches du podium avant de connaître la consécration sur le Dakar 2005.
HabituĂ© aux « jours sans », aux longues sĂ©ances de jardinage qui ruinent le bĂ©nĂ©fice d’un rallye par ailleurs maĂ®trisĂ©, Despres a connu en 2006 un degrĂ© supĂ©rieur dans la hiĂ©rarchie des galères du Dakar. A peine l’empoignade avec Marc Coma commencĂ©e, le Français perd sur une sĂ©rieuse chute ses espoirs de victoire dans l’étape menant Ă Zouerat. DiminuĂ© par une luxation de l’épaule droite, il a malgrĂ© lui laissĂ© l’Espagnol se constituer une marge confortable. La blessure, qui se transforme ensuite en tendinite, ne l’a pas laissĂ© tranquille après sa deuxième place finale Ă Dakar : « Je ne savais pas combien de temps cela allait durer, mais en deux mois j’ai pu reprendre la moto. Mais l’annĂ©e n’a vraiment pas Ă©tĂ© facile puisque peu de temps après, en Italie, je me suis cassĂ© le radius et rebelote. C’est la première fois dans ma carrière que je connais la chute et la blessure. Alors tout cela me laisse un sentiment d’inachevĂ©, j’ai une revanche Ă prendre sur moi-mĂŞme », explique Despres.
La quĂŞte de son Ă©quilibre personnel passera donc cette annĂ©e par une victoire sur lui-mĂŞme, plus que par une confrontation avec Marc Coma, qui reste invaincu dans toutes leurs rencontres cette saison. Mais Despres n’envisage pas non plus de se contenter d’une seconde place : « Je n’en veux plus, j’en ai dĂ©jĂ une collection. Concernant Marc, je sais qu’il a progressĂ© et qu’il est très sur de lui en ce moment. Moi, je commence Ă arriver Ă un très bon niveau de forme. J’ai peu de compĂ©tition derrière moi, mais je ne pense pas avoir besoin de beaucoup de roulage pour ĂŞtre en confiance sur la moto. En tout cas je ne vais pas lâcher l’affaire ».
camion
Gerard De Rooy : « Une bonne revanche Ă prendre »
Un an après la dĂ©sillusion de sa mise hors course pour non-conformitĂ© de son camion DAF avec le règlement, Gerard De Rooy est de retour sur le rallye avec les mĂŞmes ambitions : une place sur le podium tout en espĂ©rant rĂ©itĂ©rer la performance de son père Jan, vainqueur en 1987. « Nous visons la plus haute place du podium. Tout le monde est très positif dans l’équipe. Nous avons une bonne revanche Ă prendre », assure un Gerard De Rooy parfaitement serein Ă quelques jours du grand dĂ©part.
ArrivĂ© avec le retour de son père en 2002, GĂ©rard De Rooy est devenu une chance Ă part entière pour DAF de triompher Ă nouveau sur le plus grand des rallyes raids. A 26 ans, et dĂ©jĂ un podium Ă son actif en 2004, le fils du lĂ©gendaire Jan est devenu la cheville ouvrière de l’engagement des camions bleus. Directeur de l’entreprise familiale de transport, il a pendant toute une annĂ©e fait le nĂ©cessaire avec son père pour rendre leurs camions DAF conformes tout en espĂ©rant titiller l’adversaire russe Kamaz. « Le camion est complètement neuf. Nous n’avons gardĂ© que la cabine et le bloc moteur de la prĂ©cĂ©dente version. Nous avons procĂ©dĂ© Ă beaucoup d’essais et nous pouvons Ă prĂ©sent aborder le rallye avec confiance. »
Ultra rapide, mais encore un peu irrégulier, Gérard a énormément appris de ses dernières erreurs, et notamment cette sortie de route qui lui a sans doute coûté le podium il y a deux ans dans la cinquième étape, entre Agadir et Smara. Une mésaventure qui l’a condamné à se satisfaire de la 6ème place finale.
Absent donc de l’édition 2006, le NĂ©erlandais volant n’en nourrit que plus d’envie de revanche pour ce Dakar 2007, oĂą il entend bien porter atteinte Ă la domination de Kamaz et de son chef de file Vladimir Chagin. « Nous pouvons vraiment rivaliser. Le camion est très rapide sur terrain rocailleux. Le fait qu’il y ait beaucoup de sable pour cette Ă©dition nous convient aussi parfaitement. Nos DAF seront aussi très performants en Mauritanie ».
L’objectif annoncĂ© est donc de renouer avec le podium de la catĂ©gorie mĂŞme si le fils De Rooy estime que la concurrence sera sans doute encore plus importante que les annĂ©es prĂ©cĂ©dentes. Reste Ă savoir lequel des deux De Rooy sera le mieux placĂ©. « Il n’y aucune règle entre mon père et moi. Cela va vraiment dĂ©pendre de la course et il peut se passer beaucoup de choses. »
En attendant d’en découdre sur les pistes africaines, Gerard De Rooy aura sans doute une légère appréhension au moment de passer devant les commissaires de course pour les vérifications.
auto
Giniel De Villiers (AFS) : « Je ne pourrai pas me satisfaire d’une deuxième place »
Sans tambours ni trompettes. Giniel De Villiers avance à pas feutrés. Mais son coup de volant est sûr et les experts qui l’annoncent comme le pilote le plus talentueux de sa génération ne peuvent pas être loin de la réalité. Son expérience du Dakar, c’est en tout cas l’histoire d’une progression sans faille. Pendant toute la durée de l’aventure Nissan, il a à chaque fois terminé le rallye comme meilleur représentant de la marque, pendant que ses coéquipiers se débattaient entre les problèmes d’électronique et les casses mécaniques. Et lors de la dernière édition, il représentait toujours une menace non négligeable pour Mitsubishi à deux jours de l’arrivée à Dakar.
Après quatre participations, toutes concluantes (au minimum 7ème), De Villiers se prĂ©sente lĂ©gitimement comme le concurrent direct de Peterhansel et Alphand pour la victoire finale. Surtout que l’évolution du Race Touareg semble correspondre Ă l’objectif fixĂ© par Volkswagen : « Je pense que la voiture a franchi un cap, elle a progressĂ© dans tous les compartiments, et spĂ©cialement sur le sable. Le but, c’est avant tout de battre Mitsubishi, quel que soit le pilote qui soit en position de le faire. Mais il est certain que ne pourrai pas me satisfaire d’une deuxième place cette annĂ©e. Je pourrais Ă©ventuellement l’accepter, mais je ne serai pas heureux. »
Le défi est de taille pour Dirk Von Zitzewitz, copilote de De Villiers pour la première fois sur le Dakar. Motard de grande classe dans une autre vie, il a notamment terminé 5ème du Dakar en 1997. Depuis son passage sur quatre roues en 2002, l’Allemand a essentiellement accompagné Mark Miller, avec qui il s’est également classé 5ème en 2006. Avec De Villers, Dirk pourrait avoir l’occasion de voir plus grand : les débuts du nouvel équipage ont été remarqués, avec deux victoires, au rallye Transiberico et au rallye du Maroc.
auto
Ginda Petrus : « L’envie a toujours Ă©tĂ© prĂ©sente »
Entre le couple Milda - Gintas Petrus et le Dakar, il y a une histoire d’amour. Une vraie. Les deux Lituaniens se sont rencontrés en 2001 sur un ferryboat, alors qu’ils partaient tous les deux assister au départ de l’épreuve. Pour ces deux passionnés de sports mécaniques, le coup de foudre a été immédiat. Certains se seraient rangés et auraient cultivé leur bonheur dans leur pays d’origine. Pas ces Lituaniens à la personnalité bien affirmée. Deux ans après cette rencontre en haute mer, c’est en couple qu’ils ont tenté l’aventure du Dakar, avec à l’époque Sharm el Cheikh en ligne de mire. C’est d’ailleurs lors de leur arrivée dans la station balnéaire égyptienne qu’ils ont décidé de formaliser leur union et de s’unir pour le meilleur et pour le pire. Ils repartent cette année, en direction cette fois de la capitale sénégalaise. L’occasion pour eux de couper avec les contraintes de leur quotidien rythmé par la gestion de leur entreprise de production d’eau minérale.
« Depuis quelques annĂ©es, notre entreprise nous prenait beaucoup de temps, mais au fond de nous, l’envie Ă©tait toujours prĂ©sente, d’autant que notre prĂ©cĂ©dente participation en couple avait Ă©tĂ© couronnĂ©e. Etre sur le Dakar, dormir Ă la belle Ă©toile dans le dĂ©sert mauritanien est l’une des plus belles expĂ©riences de ma vie », avoue Ginda Petrus qui avait dĂ©jĂ terminĂ© le Dakar en 2002 sans sa femme. Cette annĂ©e, le couple revient donc sur le rallye avec une nouvelle voiture et un regard encore plus affĂ»tĂ© sur le parcours. « Le parcours est très sĂ©lectif. Le passage en Mauritanie s’annonce comme le plus dĂ©licat, nous allons donc concentrer notre conduite sur l’approche des dunes », prĂ©cise ainsi Ginda Petrus. Un seul objectif en tĂŞte : arriver ensemble encore une fois, Ă Dakar.
Dr Xavier Mir : « RĂ©pondre exactement aux besoins »
Xavier Mir est rentrĂ© sur le Dakar par la porte derrière. MĂ©decin attitrĂ© de Nani Roma, il a commencĂ© par accompagner son patient de choix, qui concourait alors pour les toutes premières places dans la catĂ©gorie moto. Au-delĂ des soins apportĂ©s Ă son protĂ©gĂ©, le « Doc » a surtout eu de nombreuses idĂ©es lors de ce premier voyage passĂ© dans un vĂ©hicule d’assistance. Sensible Ă l’état de dĂ©nuement des structures hospitalières visitĂ©es sur son passage, il a rapidement imaginĂ© un moyen de convoyer du matĂ©riel de soin avec l’aide des concurrents du rallye.
Depuis 2004, l’opĂ©ration Dakar Solidario a pris de l’ampleur et permet maintenant d’équiper plusieurs hĂ´pitaux en Mauritanie et au SĂ©nĂ©gal sur le parcours du Dakar, notamment en matĂ©riel lourd : « Ce qui est intĂ©ressant dans notre dĂ©marche, ce n’est pas tellement la quantitĂ© de mĂ©dicaments et d’appareils que nous distribuons mais plutĂ´t le fait qu’ils rĂ©pondent exactement aux besoins de ces dispensaires, avec lesquels nous sommes en relation pendant toute l’annĂ©e », souligne Xavier Mir.
Cette annĂ©e, le dispositif dĂ©ployĂ© sur le rallye mobilise, avec le soutien logistique de l’organisation, trois grands camions, chargĂ©s d’une cinquantaine d’appareils mĂ©dicaux (incubateurs, Ă©chographes, Ă©lectro-bistouris, appareils de dialyse) et d’environ un millier de boĂ®tes d’antibiotiques, sĂ©rums et dĂ©sinfectants. Les centres sĂ©lectionnĂ©s sont l’hĂ´pital d’Atar, l’hĂ´pital la FraternitĂ© de Chinguetti, l’hĂ´pital de chirurgie infantile de Nouakchott, l’hĂ´pital national de Nouakchott, l’hĂ´pital rĂ©gional de Nema, l’hĂ´pital Thierry Sabine et le dispensaire de Louly Benteigne (SĂ©nĂ©gal).