La sécurité et la santé des participants est une préoccupation majeure des organisateurs du rallye. C'est pourquoi, cette année, cinquante personnes constitueront l'équipe médicale placée sous la direction du Docteur Jean-Charles Lamotte.
Cette équipe sera à votre disposition pendant toute la durée de l'épreuve, 24 heures sur 24, avec trois missions principales :
- assurer la sécurité et les premiers secours sur la course grâce à ses moyens d'intervention : 10 véhicules 4x4 médicalisés, présence d'un médecin dans chacun des 4 camions-balais, 3 hélicoptères avec à bord une équipe de 2 médecins (réanimateur, urgentiste, infirmier-anesthésiste) ;
- répondre à tous vos problèmes médicaux au bivouac médical situé à proximité du PC Course (équipe placée sous la responsabilité du Docteur Florence Pommerie) ;
- organiser votre rapatriement sanitaire en cas de nécessité.
Malgré l'importance de ses moyens humains et matériels, l'équipe médicale ne pourra supprimer tous les dangers afférents à une telle épreuve. Mais, si certains ne peuvent être prévus, d'autres peuvent être anticipés et évités. C'est pourquoi il nous semble nécessaire de vous informer des risques médicaux existants dans les pays traversés par le rallye et des précautions à prendre afin de s'en protéger.
Le paludisme
Du à un parasite, le plasmodium, il est
transmis par les piqûres de moustiques ; il s'agit d'une affection grave, parfois mortelle. Le risque, quasiment nul au Maroc, est
important en Guinée et au Sénégal (même si janvier n'est pas une période à haut risque) où sévit un paludisme dont le parasite est particulièrement résistant.
La maladie ne se déclare pas immédiatement et peut donc survenir à votre retour du rallye. Aucun vaccin n'existant, il est impératif de se protéger.
Pour cela :
- éviter les piqûres de moustiques en gardant des manches longues et en s'appliquant des « produits anti-moustiques » sur les zones découvertes, en particulier le soir ;
- prendre un traitement prophylactique :
- soit Méfloquine (dont la tolérance n'est pas toujours bonne) : à débuter 10 jours avant le départ pour juger de la tolérance et 4 semaines au retour à la dose de 1 comprimé par semaine ;
- soit l'association Atovaquone / Proganil souvent conseillée aujourd'hui : à commencer la veille ou le premier jour de l'exposition au risque et à continuer 7 jours après le retour. La prise est ici journalière.
En cas de traitement pour une affection chronique, il est impératif de se méfier des interférences médicamenteuses avec les anti-paludéens.
La fièvre jaune
Il s'agit d'une affection virale
transmise par les piqûres de moustiques. Souvent très grave (et même mortelle), elle est aujourd'hui évitée grâce à un vaccin. Un
certificat de vaccination est d'ailleurs
obligatoire en Afrique de l'Ouest (carnet de vaccination international).
Valable 10 ans, le vaccin n'est administré que dans des centres agréés et doit être fait au moins 10 jours avant le départ.
La dengue
Elle est également
transmise par les moustiques. Aucun vaccin ni traitement n'existe pour cette maladie qui peut être grave dans sa forme hémorragique. La protection contre les piqûres de moustiques est le seul moyen de s'en protéger.
La rage
Elle existe dans toutes les zones traversées par le Dakar. Elle est
transmise par les morsures d'animaux infectés ou le léchage de plaie ; le chien n'est pas le seul vecteur. Certains animaux qui ne mordent pas habituellement le font parfois quand ils ont la maladie. Un vaccin existe mais ne paraît pas justifié car le risque reste tout de même mineur. Il est néanmoins conseillé d'
éviter tout contact avec les animaux. De plus, la vaccination post-morsure est toujours possible.
Le choléra
Le risque est faible en dehors des épidémies et si on respecte les règles d'hygiène élémentaires (contamination par voie buccale). Lors d'une récente épidémie au Sénégal, aucun touriste et aucun étranger n'a contracté la maladie. Il existe depuis peu un vaccin oral.
Hépatite A
Maladie répandue dans le monde entier, y compris dans les pays les plus développés, le risque de contamination est fonction des conditions de séjour. La maladie s'attrape par voie buccale. Il existe un vaccin. Certaines personnes, sans le savoir, ont déjà contracté l'hépatite A. Un dosage des anticorps peut être fait afin d'éviter une vaccination, certes non dangereuse, mais inutile. Le traitement n'est que symptomatique.
La turista
Le plus souvent due à des virus, elle s'attrape par voie buccale. Il n'existe pas de traitement préventif. Le seul moyen de s'en protéger est le parfait respect des règles d'hygiène.
Les salmonelloses shigelloses
Ces maladies s'attrapent par voie buccale. Un vaccin existe contre la fièvre typhoïde (qui est une salmonellose) mais pas contre toutes les bactéries. Ces maladies peuvent être graves malgré le traitement en règle pourtant très efficace.
Maladies des « mains sales »
CHOLÉRA, HÉPATITE A, TURISTA, SALMONELLOSES SHIGELLOSES ont toutes en commun de s'attraper par voie orale, soit par l'eau ou par des aliments contaminés, soit en portant les mains à la bouche après avoir touché un objet contaminé.
Il est donc important :
- de se laver les mains,
- de ne pas porter les mains à la bouche,
- d'éplucher les fruits et légumes et de manger des produits à la préparation dûment contrôlée,
- de ne boire que des produits en emballage clos que l'on ouvre soi-même sans les partager (contamination buccale).
D'autres affections
D'autres affections bactériennes, virales ou parasitaires, existent dans les pays traversés par le rallye. Le risque d'être touché par l'une d'elles est faible, voire nul. Pour s'en prémunir, nous insistons à nouveau sur l'importance de se protéger contre les piqûres d'insectes (et pas seulement de moustiques), de toujours porter des chaussures, de ne pas se baigner en eau douce et d'éviter le contact avec les animaux.
En conclusion
Il faut absolument :
- se prémunir contre le paludisme,
- être vacciné contre la fièvre jaune,
- éventuellement, se faire vacciner contre l'hépatite A et la typhoïde,
- et, bien sûr, ne pas oublier les vaccinations habituelles qui doivent être à jour : Diphtérie, Tétanos, Polio, Hépatite B.
Seul votre médecin traitant est habilité à vous conseiller au mieux sur les choix à prendre.
Autres risques médicaux
Nous ne ferons que rappeler la fréquence du virus du
Sida et des maladies sexuellement transmissibles dans les différents pays traversés et que les règles qui s'appliquent dans votre pays y sont bien évidemment également valables.
La déshydratation
Elle survient insidieusement, participe grandement à la fatigue et peut être responsable d'incidents désagréables telles les coliques néphrétiques. Nous perdons par la peau de l'eau mais également des sels (en particulier, du Nacl ou sel de cuisine).
Il y a donc lieu :
- de vérifier ses réserves d'eau et de les compléter chaque fois que possible,
- de boire de l'eau, mais également de manger les rations qui vous sont données le matin,
- ou de boire des produits spécialement préparés.
Un bon moyen de surveillance :
les urines doivent restées claires.
Les plaies et brûlures
Elles doivent être désinfectées et couvertes par un pansement en attendant les soins appropriés.
D'oú l'intérêt de posséder une pharmacie minimale :
- un désinfectant,
- quelques compresses,
- un bandage,
- de l'adhésif,
- et quelques comprimés anti-diarrhéiques
Sachez que ces informations, qui n'ont bien évidemment pas pour but de vous inquiéter, vous sont communiquées à titre préventif afin que vous puissiez vous protéger efficacement et passer ainsi d'excellents moments sur le Dakar.
Bon rallye à tous
Docteur Jean-Charles LAMOTTE
Directeur Médical