Rencontres
moto

Simon Droux, l’âge dĂ©raison
Simon Droux tourne en rond sur le bivouac. Il vient de terminer l’étape mais son Ă©quipe d’assistance n’est pas encore arrivĂ©e. Alors, il pose sa moto sur la bĂ©quille au milieu du parc d’assistance, enlève son casque et fait quelques pas pour dĂ©lasser ses muscles engourdis. Pourtant, le Savoyard a le sourire. « Je retrouve le moral. Ce matin, j’ai vraiment failli abandonner. J’en avais marre de me battre avec la moto. Comme je suis un vieux bonhomme de 62 ans, j’ai choisi cette annĂ©e de partir en deux roues motrices, avec une moto lĂ©gère. Et il faut vraiment s’y faire. Un coup c’est la roue avant qui chasse, un coup c’est la roue arrière… C’est hyper casse-gueule quand on n’a pas le coup de main. Mais aujourd’hui, je crois que j’ai trouvĂ© le truc : il faut piloter debout… Et pour mes vieux os, ce n’est pas terrible. »
Mais Simon ne se plaint pas, malgrĂ© les chutes qui se multiplient. « Je suis tombĂ© tous les jours. Je ne prends pourtant aucun risque, mais il y a toujours une pierre ou une saignĂ©e pour vous envoyer au tas. J’ai donc pris quelques jolies pelles. La plus belle, c’est quand une voiture m’a touchĂ© par l’arrière il y deux jours. J’ai Ă©tĂ© Ă©jectĂ© de la moto. Je me suis relevĂ© immĂ©diatement et je me suis mis Ă hurler sur le pilote qui Ă©tait descendu de voiture. Il a eu l’air soulagĂ© de voir que je n’avais rien de grave, et on est reparti. Depuis, j’ai un peu mal au cou et au dos mais je n’irai pas voir les toubibs, sinon ils me renverront Ă la maison. »
RetraitĂ© depuis peu, Simon court aujourd’hui après le temps perdu, enfermĂ© dans son bureau. Il cherche dĂ©sormais Ă conjuguer au prĂ©sent ses envies de grands espaces et d’évasion. « Depuis bientĂ´t dix ans, je multiplie les rallyes-raid, en Tunisie, sur le Dakar et ailleurs. Je viens y chercher le calme dont je me suis privĂ© pendant des annĂ©es. Et tant que je m’en sentirai la force je continuerai. Le jour oĂą je m’arrĂŞterai, ça signifiera que je suis vraiment devenu vieux, » conclut-t-il en se dirigeant vers le bivouac pour dĂ®ner. Il y retrouve un ou deux amis, rencontrĂ©s au hasard de ses pĂ©rĂ©grinations africaines. Ensemble ils refont l’étape du jour autour d’un verre et d’un repas chaud avant de se retirer, chacun dans son coin. Simon se couche Ă l’abri de sa tente, pour reposer enfin son corps fourbu.
Mais la journée du lendemain lui réserve une péripétie fatale. Parti pour une longue route vers Zouerat, l’expédition tourne au calvaire après seulement dix kilomètres de spéciale. Egaré, Simon met une demi-éternité à rebrousser son chemin. Trop tard pour reprendre le départ, il est mis hors course. Plus fort que le désert, il y a le règlement.
moto
Mais Simon ne se plaint pas, malgrĂ© les chutes qui se multiplient. « Je suis tombĂ© tous les jours. Je ne prends pourtant aucun risque, mais il y a toujours une pierre ou une saignĂ©e pour vous envoyer au tas. J’ai donc pris quelques jolies pelles. La plus belle, c’est quand une voiture m’a touchĂ© par l’arrière il y deux jours. J’ai Ă©tĂ© Ă©jectĂ© de la moto. Je me suis relevĂ© immĂ©diatement et je me suis mis Ă hurler sur le pilote qui Ă©tait descendu de voiture. Il a eu l’air soulagĂ© de voir que je n’avais rien de grave, et on est reparti. Depuis, j’ai un peu mal au cou et au dos mais je n’irai pas voir les toubibs, sinon ils me renverront Ă la maison. »
RetraitĂ© depuis peu, Simon court aujourd’hui après le temps perdu, enfermĂ© dans son bureau. Il cherche dĂ©sormais Ă conjuguer au prĂ©sent ses envies de grands espaces et d’évasion. « Depuis bientĂ´t dix ans, je multiplie les rallyes-raid, en Tunisie, sur le Dakar et ailleurs. Je viens y chercher le calme dont je me suis privĂ© pendant des annĂ©es. Et tant que je m’en sentirai la force je continuerai. Le jour oĂą je m’arrĂŞterai, ça signifiera que je suis vraiment devenu vieux, » conclut-t-il en se dirigeant vers le bivouac pour dĂ®ner. Il y retrouve un ou deux amis, rencontrĂ©s au hasard de ses pĂ©rĂ©grinations africaines. Ensemble ils refont l’étape du jour autour d’un verre et d’un repas chaud avant de se retirer, chacun dans son coin. Simon se couche Ă l’abri de sa tente, pour reposer enfin son corps fourbu.
Mais la journée du lendemain lui réserve une péripétie fatale. Parti pour une longue route vers Zouerat, l’expédition tourne au calvaire après seulement dix kilomètres de spéciale. Egaré, Simon met une demi-éternité à rebrousser son chemin. Trop tard pour reprendre le départ, il est mis hors course. Plus fort que le désert, il y a le règlement.

La jovialité comme passeport
Francisco Arredondo
Il demande juste une minute pour enlever ses bottes. Dans la main, il tient un repas Ă©nergĂ©tique Ă la mode nordique. « C’est bon », dit-il doucement en souriant. Sans plus de cĂ©rĂ©monial, Francisco est prĂŞt Ă raconter sa vie. Le visage rond, la jovialitĂ© comme passeport, ce jeune guatĂ©maltèque de 28 ans est venu souffrir sur le Dakar. Il vient de terminer l’une des Ă©tapes phares de l’édition 2006. Il n’en fait pas une affaire pour autant. ArrivĂ© 61ème sur sa moto Ă Atar il est le seul reprĂ©sentant amateur d’AmĂ©rique Centrale.
Le Dakar a commencĂ© pour lui, un jour de repas Ă la maison. Il avait 12 ans. Et il Ă©coutait les grands. Ce jour-lĂ , son père recevait un collègue toubib, Carlos Romero, dans leur maison de Guatemala City. Et l’ami argentin a racontĂ© une histoire incroyable pour le jeune Franny, comme Ă©tait alors surnommĂ© Francisco. Il avait participĂ© Ă une course en voiture qui traversait l’Afrique. Francisco fait une pause et insiste, alors que son mĂ©cano soigne la moto 129. « Tu te rends compte ! J’entendais parler d’un truc d’une autre planète ! Il Ă©tait question de Paris, de Dakar ! ». Seize ans plus tard, Francisco semble encore subjuguĂ© par la rĂ©vĂ©lation.
Aujourd’hui, il en est Ă son troisième rallye et il reste un ovni pour ses amis et ses proches. « C’est très difficile Ă expliquer et Ă faire vivre. Personnellement, j’ai beaucoup voyagĂ© et cela a contribuĂ© Ă renforcer un peu mon esprit d’aventure et le fait que mon rĂŞve du Dakar n’était pas impossible. » Quatre ans aux Etats-Unis Ă Ă©tudier Ă l’universitĂ© du Sacred Heard dans le Connecticut et un an et demi au Luxembourg pour passer un master en Ă©conomie, Francisco a mordu dans la vie et les responsabilitĂ©s Ă grande vitesse. Aujourd’hui, il dirige une entreprise de viande et aliments. Et s’occupe aussi du club de football champion du Guatemala 2005, Municipal. Il dit ĂŞtre heureux de tout cela, mais il dit aussi que le Dakar ne cesse de le fasciner : « Tous ces gens qui risquent tout pour rien… ». Francisco sait qu’il sort un peu des logiques habituelles de son continent : « Je n’ai trouvĂ© aucun sponsor et aucun autre centro- amĂ©ricain ne participe. D’abord parce que c’est cher et aussi parce que les latins n’aiment pas s’organiser si longtemps Ă l’avance. En Europe, mĂŞme des gens qui n’ont pas de gros moyens font l’effort, quitte Ă faire des emprunts. »
Francisco espère arriver Ă Dakar pour effacer ses abandons en 2004 et 2005. Pour aller au bout de ce rĂŞve de gamin. Et pour sourire Ă sa famille, au grand complet, qui sera lĂ le 15 janvier. Son père, Francisco, Beatriz, sa mère et Arizbet sa sĹ“ur. « Dis toi bien que sans leur appui, jamais je n’aurais pu faire ça. » L’aventure jusqu’au bout du dĂ©sert, mais jamais sans la famille !
Il demande juste une minute pour enlever ses bottes. Dans la main, il tient un repas Ă©nergĂ©tique Ă la mode nordique. « C’est bon », dit-il doucement en souriant. Sans plus de cĂ©rĂ©monial, Francisco est prĂŞt Ă raconter sa vie. Le visage rond, la jovialitĂ© comme passeport, ce jeune guatĂ©maltèque de 28 ans est venu souffrir sur le Dakar. Il vient de terminer l’une des Ă©tapes phares de l’édition 2006. Il n’en fait pas une affaire pour autant. ArrivĂ© 61ème sur sa moto Ă Atar il est le seul reprĂ©sentant amateur d’AmĂ©rique Centrale.
Le Dakar a commencĂ© pour lui, un jour de repas Ă la maison. Il avait 12 ans. Et il Ă©coutait les grands. Ce jour-lĂ , son père recevait un collègue toubib, Carlos Romero, dans leur maison de Guatemala City. Et l’ami argentin a racontĂ© une histoire incroyable pour le jeune Franny, comme Ă©tait alors surnommĂ© Francisco. Il avait participĂ© Ă une course en voiture qui traversait l’Afrique. Francisco fait une pause et insiste, alors que son mĂ©cano soigne la moto 129. « Tu te rends compte ! J’entendais parler d’un truc d’une autre planète ! Il Ă©tait question de Paris, de Dakar ! ». Seize ans plus tard, Francisco semble encore subjuguĂ© par la rĂ©vĂ©lation.
Aujourd’hui, il en est Ă son troisième rallye et il reste un ovni pour ses amis et ses proches. « C’est très difficile Ă expliquer et Ă faire vivre. Personnellement, j’ai beaucoup voyagĂ© et cela a contribuĂ© Ă renforcer un peu mon esprit d’aventure et le fait que mon rĂŞve du Dakar n’était pas impossible. » Quatre ans aux Etats-Unis Ă Ă©tudier Ă l’universitĂ© du Sacred Heard dans le Connecticut et un an et demi au Luxembourg pour passer un master en Ă©conomie, Francisco a mordu dans la vie et les responsabilitĂ©s Ă grande vitesse. Aujourd’hui, il dirige une entreprise de viande et aliments. Et s’occupe aussi du club de football champion du Guatemala 2005, Municipal. Il dit ĂŞtre heureux de tout cela, mais il dit aussi que le Dakar ne cesse de le fasciner : « Tous ces gens qui risquent tout pour rien… ». Francisco sait qu’il sort un peu des logiques habituelles de son continent : « Je n’ai trouvĂ© aucun sponsor et aucun autre centro- amĂ©ricain ne participe. D’abord parce que c’est cher et aussi parce que les latins n’aiment pas s’organiser si longtemps Ă l’avance. En Europe, mĂŞme des gens qui n’ont pas de gros moyens font l’effort, quitte Ă faire des emprunts. »
Francisco espère arriver Ă Dakar pour effacer ses abandons en 2004 et 2005. Pour aller au bout de ce rĂŞve de gamin. Et pour sourire Ă sa famille, au grand complet, qui sera lĂ le 15 janvier. Son père, Francisco, Beatriz, sa mère et Arizbet sa sĹ“ur. « Dis toi bien que sans leur appui, jamais je n’aurais pu faire ça. » L’aventure jusqu’au bout du dĂ©sert, mais jamais sans la famille !
