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étape 4 - mardi 3 janvier 2006 | Er Rachidia > Ouarzazate
  • Liaison  56 km
  • Spéciale 386 km
  • Liaison 197 km
  • Total  639 km
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Rencontres

moto

Faux départ, vrai coup de chance

Bernard Montaz

Tout le monde se rappelle de cette image : une moto ramenĂ©e au bivouac suspendue Ă  un hĂ©licoptère, vĂ©ritable symbole de « l’enfer » vĂ©cu par les concurrents dans l’étape Zouerat-Tichit, l’an passĂ©. Cette moto Ă©tait celle de Bernard Montaz, contraint Ă  l’abandon pour la 2e annĂ©e consĂ©cutive, la faute cette fois Ă  un carburateur gavĂ© de sable, mais aussi Ă  son sens de la solidaritĂ©. « Je ne veux pas me prĂ©senter comme un Saint-Bernard du dĂ©sert, mais c’est impossible pour moi de laisser un copain dans la m... Je n’arrive pas Ă  m’habituer Ă  la souffrance des autres. En fait, j’aurais sans doute pu rĂ©soudre mon problème, mais la situation Ă©tait tellement difficile autour de moi… » De quoi vous couper l’envie de repartir. « Quand je suis rentrĂ©, j’ai dit Ă  tout le monde que c’était terminé… et puis au mois de juin, j’avais tout oublié… C’est le grand problème du Dakar : c’est difficile de repartir, mais c’est encore plus difficile de ne pas repartir. » Alors, Ă  48 ans, ce « vrai montagnard », originaire des Alpes du Sud, se lance pour la septième annĂ©e consĂ©cutive Ă  l’abordage du rallye, toujours sur sa Honda 650 XR, qu’il a lui-mĂŞme prĂ©parĂ©e, et toujours sans assistance.

Du coup, depuis le dĂ©but du rallye, Bernard Montaz enchaĂ®ne les tuiles. Après 76 kilomètres de liaison sur la première Ă©tape, il a cassĂ© son moteur ! Mais le Savoyard est plein de ressources. Il a prĂ©vu un moteur de rechange, comme ça, au cas oĂą la malchance viendrait le frapper avant les premières pistes africaines. Il a donc appelĂ© ses amis Jacky et Joseph, ses compagnons de route sur toute l’Europe. Le fameux moteur Ă©tait justement bien rangĂ©, dans une malle Ă  l’arrière de leur camping car. Malheureusement les deux compères n’ont pas l’intention, ni la possibilitĂ© de faire demi-tour sur le parcours de liaison. Ils dĂ©cident donc de laisser le moteur aux bons soins de Francisco, barman dans une station service en bord d’autoroute. La situation en aurait sĂ»rement achevĂ© plus d’un, mais Bernard ne s’est pas dĂ©montĂ©. Serrant les dents, il a mĂ©nagĂ© sa monture pour rejoindre ladite station service. Après quelques remerciements Ă  Francisco, et un moteur tout neuf en mains, il a rĂ©ussi Ă  convaincre ses amis de l’attendre lĂ  oĂą ils se trouvaient. C’est-Ă -dire en bord de route, et par chance Ă  proximitĂ© d’un concessionnaire moto. Sensible aux arguments de Bernard, le garagiste en question a acceptĂ© avec enthousiasme d’ouvrir son atelier.

Et c’est lĂ  que Jacky, le bon copain, s’est saisi de la question. Il est tout simplement champion du monde des mĂ©canos Honda, Jacky. 37 minutes plus tard, le moteur HS Ă©tait dĂ©posĂ© et remplacĂ© par une mĂ©canique flambant neuve. Bernard a alors pu remonter sur sa moto. Trop tard pour disputer la spĂ©ciale, mais le règlement prĂ©voit ce genre de « joker » dans la partie europĂ©enne. Certes, son impasse sur le première spĂ©ciale et le changement de moteur lui ont coĂ»tĂ© la bagatelle de 10 heures de pĂ©nalitĂ©. Mais Bernard n’en a cure. « Tu te rends compte, tu crois que tu es mort, et en fait tu es vivant. C’est Ă©norme » sourit-il.

Du coup, Bernard est gonflé à bloc. Pour rattraper son retard de la première journée, il a attaqué un peu fort sur la deuxième spéciale. Résultat, deux chutes, un orteil retourné et cassé à travers la botte. Mais le Savoyard est dur au mal. Les premiers tours de roues africains se sont passés sans encombre, malgré une petite chute. Et Bernard a le sourire. Il est enfin de retour en Afrique. C’est ce qu’il attendait depuis six mois. Alors, quoiqu’il arrive, Bernard aura toujours le sourire.
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« Faire toujours mieux »

Eric Vigouroux – Alexandre Winocq

Eric Vigouroux et le Dakar, c’est une longue histoire qui a dĂ©butĂ© il y a plus de vingt ans, lorsqu’il a dĂ©couvert le rallye Ă  la tĂ©lĂ©vision. Ces aventuriers un peu fous des premières heures, lancĂ©s au milieu du dĂ©sert sur des machines improbables, ont longtemps titillĂ© son imagination avant qu’il ne franchisse le pas en 1997. Il avait alors en tĂŞte un objectif prĂ©cis : devenir le premier Ă  terminer le Dakar en quad. Le pari Ă©tait osĂ©, mais Eric s’est accrochĂ©. Après deux abandons successifs en 1997 et 1998, il a finalement rejoint Dakar en 1999 Ă  la dixième place du classement gĂ©nĂ©ral moto. « Plus qu’un aboutissement, cette première arrivĂ©e au Lac Rose a marquĂ© le dĂ©but de mon histoire d’amour avec le Dakar, confie-t-il discrètement. Vous ne pouvez pas imaginer le sentiment qui vous envahit quand vous dĂ©couvrez la plage de Dakar. Vous ĂŞtes Ă  la fois soulagĂ© d’en finir et vous ne pensez dĂ©jĂ  qu’à repartir. »

Eric repart donc dès l’annĂ©e suivante, mais change de monture. Il s’engage cette fois au volant d’un Pro-Truck, une sorte de monstre propulsĂ© par un moteur Chevrolet. « C’est une machine très impressionnante, et comme en quad, il faut un gros cĹ“ur pour ĂŞtre performant » souligne Eric qui signe dès 2001 une encourageante 37ème position avant d’abandonner en 2002 puis de terminer 14ème en 2003. « Mon abandon en 2002 m’a vraiment Ă©nervĂ©. Il fallait donc que je reparte très vite pour signer une bonne performance. Ma 14ème place de 2003 puis celle de 26ème de 2004 m’ont donnĂ© l’expĂ©rience et l’envie de continuer pour un jour rentrer dans les 10. » Pourtant, en 2005, il renonce, sa voiture Ă©tant trop pĂ©nalisĂ©e par les nouveaux règlements. Il s’engage donc cette annĂ©e avec la volontĂ© de frapper Ă  nouveau un grand coup. Il a dĂ©veloppĂ© avec ses partenaires amĂ©ricains un nouveau Pick-up qui devrait lui permettre de jouer les premiers rĂ´les. Et les premiers tours de roues sur les spĂ©ciales portugaises semblent lui avoir donnĂ© raison : « Cela fait un an et demi que nous travaillons sur la voiture. Les derniers essais en Arizona dĂ©but novembre nous ont vraiment enthousiasmĂ©s. Nous avons alors dĂ©cidĂ© d’engager cette nouvelle voiture dès cette annĂ©e. C’était un peu dĂ©raisonnable, mais finalement nous avons dĂ©couvert une voiture très saine en condition de course. J’avais un peu la pression mais je suis pleinement rassurĂ©. Nous ne nous sommes pas trompĂ©s dans nos choix, que ce soit pour le matĂ©riel ou pour les personnes avec qui nous avons travaillĂ© ». Et pour la suite, Eric ne manque pas d’ambition : « L’objectif est clair : Faire mieux que 14ème et pourquoi pas remporter la catĂ©gorie 2 roues motrices. » 30ème après les deux premières spĂ©ciales, Eric Vigouroux a toutes les raisons d’être satisfait. Car c’est dans le dĂ©sert qu’il devrait donner la pleine mesure de son potentiel.
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