





Le film de l'étape
Schlesser, le retour
Andy Caldecott (KTM – n° 10), récemment intégré à l’équipe KTM Repsol-RedBull, a signé sa troisième victoire d’étape sur le Dakar. Despres (KTM – n°1) prend quant à lui la tête du classement général devant Marc Coma (KTM – n° 2). Dans la catégorie autos, c’est Jean-Louis Schlesser (SCH – n° 314) qui s’est montré le plus rapide, tandis que Joan « Nani » Roma prend la tête du général. En camions, Vladimir Chagin (KAM – n° 508) conserve la tête du classement général et accroit son écart grâce à une troisième victoire d’étape consécutive.
Il y a moins d’un mois, il pensait regarder le Dakar à la télévision. Pourtant, Andy Caldecott remporte la première étape africaine du rallye. Classé 6ème de la dernière édition, l’Australien a passé l’année à s’interroger sur sa participation au Dakar, sans réussir à trouver le financement nécessaire. Par manque de sponsors, celui qui avait terminé son premier Dakar avec une cheville cassée en 2004 s’était résigné à rater son grand rendez-vous. Mais le malheur des uns fait parfois le bonheur des autres. Dans le courant du mois de décembre, un coup de téléphone de Jordi Arcarons lui apprenait la chute de Jordi Duran, jeune espoir du team KTM – Repsol, mais forfait pour cette année. Lors de la même conversation, ledit Arcarons l’interrogeait sur ses disponibilités, lui proposant de jouer les porteurs d’eau de luxe de Marc Coma. La réponse a été immédiate !
Tout à son bonheur de retrouver le rallye à Lisbonne, Caldecott est resté raisonnable et sage sur les deux spéciales portugaises. Tactique ou concours de circonstances, il se trouve que l’Australien a eu la chance de partir en 25ème position ce matin. Son pilotage technique et rapide lui a permis de rattraper un groupe de cinq rouleurs lancés à la poursuite de la tête de course. C’est en compagnie de Frétigné (YAM – n° 12), De Gavardo (KTM – n° 4) et Despres que Caldecott a continué sa route, à quelques kilomètres du quatuor Esteve-Casteu-Coma-Pellicer. Au final, l’Australien réalise le meilleur temps, avec 3’04’’ d’avance sur Andy Grider, nouveau venu sur le Dakar au sein de l’équipe américaine KTM –RedBull. Au classement général, Isidre Esteve (KTM – n° 3) cède la tête du classement général à son coéquipier Cyril Despres, qui compte 1’16’’ d’avance sur son dauphin de l’année dernière, Marc Coma. Le duel se précise à nouveau, Jordi Arcarons peut être doublement fier de son flair.
Sur quatre roues, la question du jour avait trait à la capacité de Carlos Sainz (VW – n° 307) de poursuivre son entrée en matière magistrale dans le monde du rallye raid. Après deux victoires d’affilée sur un terrain propice aux coups d’éclat, le double champion du monde WRC a été rattrapé par les réalités du Maroc, et plus précisément par Hiroshi Masuoka (MIT – n° 306). Le double vainqueur japonais, parti en 4ème position, a dans un premier temps doublé Nasser Al Attiyah (BMW – n° 308), puis Luc Alphand (MIT – n° 302), et enfin Sainz, accessoirement accompagné de son ex copilote Andreas Schulz. L’Espagnol n’a eu aucune hésitation au moment de céder à Masuoka la responsabilité d’ouvrir la course. C’est donc un petit train composé de trois wagons, avec El Attiyah en renfort, qui a progressé sur les pistes marocaines, Masuoka étant le garant de la rapidité du trio.
Mais loin derrière, Jean-Louis Schlesser était bien décidé à élever le débat. Sa stratégie est connue de tous, puisque le constructeur de buggys n’a qu’un seul mot d’ordre : l’attaque. Souvent raillé à propos de la fiabilité de ses véhicules, Schlesser avait de nouveau provoqué quelques moqueries à l’issue de la première spéciale, durant laquelle il a été contraint de rouler sans freins. Il n’aura pas attendu longtemps pour faire taire les mauvaises langues. Parti en 15ème position, il signe le meilleur temps à l’arrivée avec 19’’ d’avance sur Masuoka, et 37’’ sur Peterhansel (MIT – n° 300). Une sorte de revanche sur Mitsubishi, puisque Schlesser n’avait plus remporté d’étape depuis 2001, l’année où la marque japonaise a pris le contrôle de la course jusqu’à ce jour. A l’époque, le célèbre attaquant avait signé sept scratches entre Paris et Dakar !
Dans la course camions, Vladimir Chagin a profité de l’entrée au Maroc pour accroître son avance sur ses principaux. Invaincu depuis le début de la compétition, le Russe a signé le meilleur temps avec 7’06’’ d’avance sur l’ancien champion du monde de rallye, Miki Biasion. Il s’agit de la cinquième victoire d’étape consécutive de Chagin sur le Dakar, si l’on prend en compte les deux derniers scratches du Dakar 2005... série en cours. Au général, un trio de tête est dessiné à gros traits, mais le déficit d’Andre De Azevedo est déjà de plus d’une demi-heure.
