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étape 15 - dimanche 15 janvier 2006 | Dakar > Dakar
  • Liaison  38 km
  • Spéciale  31 km
  • Liaison  41 km
  • Total  110 km
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002 - M. COMA
002 - M. COMA
302 - L. ALPHAND, 304 - N. ROMA
302 - L. ALPHAND, 304 - N. ROMA
508 - V. CHAGIN
508 - V. CHAGIN
002 - M. COMA
002 - M. COMA
302 - L. ALPHAND, G. PICARD
302 - L. ALPHAND, G. PICARD
508 - V. CHAGIN
508 - V. CHAGIN
002 - M. COMA
002 - M. COMA
302 - L. ALPHAND, 002 - M. COMA
302 - L. ALPHAND, 002 - M. COMA
Team Mitsubishi
Team Mitsubishi

Le film de l'étape

Alphand et Coma découvrent, Chagin collectionne

Ce sont finalement 93 motards, 67 équipages en voiture et 33 camions qui ont achevé le 28ème Euromilhoes-Lisboa-Dakar. Luc Alphand en voiture et Marc Coma à moto ont tous deux été sacrés pour la première fois. Vladimir Chagin, au volant d’un camion Kamaz, remporte quant à lui son cinquième titre.

Par respect pour la mémoire des deux enfants décédés sur le passage du rallye en Guinée et au Sénégal, la spéciale du Lac Rose n’a pas été chronométrée. Les temps officiels pris en compte pour le classement final sont donc ceux enregistrés à l’issue de la 14ème étape entre Tambacounda et Dakar.

La traditionnelle apothéose du dernier jour avait ce matin un goût amer. La joie des concurrents qui font de ce tour du Lac Rose l’objectif prioritaire d’une année ou d’une vie a été ternie par la peine liée à la disparition du motard Andy Caldecott d’une part, de jeunes garçons Boubacar Diallo et Mohamed Ndaw d’autre part.

La cĂ©rĂ©monie du podium du Lac Rose s’est dĂ©roulĂ©e pour la dimension symbolique Ă  laquelle les concurrents sont attachĂ©s, les enjeux sportifs Ă©tant dĂ©jĂ  pliĂ©s depuis plusieurs jours dans les trois catĂ©gories. Pour les motos, la victoire finale de Marc Coma reste conforme aux prĂ©visions d’avant rallye, l’Espagnol Ă©tant prĂ©sentĂ© depuis Lisbonne comme le grand rival de Cyril Despres pour la dĂ©fense de son titre. Il a confirmĂ© avec une soliditĂ© et une gestion de course exemplaire que la malĂ©diction espagnole, qui avait frappĂ© en d’autres temps Jordi Arcarons puis « Nani » Roma, est bel et bien dĂ©passĂ©e.

Pour autant, le coude à coude attendu entre les deux grands favoris de la compétition n’a pas vraiment eu lieu. Le plan concocté par Despres, qui consistait à rester sagement dans le rythme des meilleurs avant d’assommer la course dans une des étapes mauritaniennes, a été respecté jusqu’à l’étape 6, Tan Tan - Zouerat. Mais au kilomètre 273, le tenant du titre s’est donné une luxation de l’épaule sur une lourde chute. Longtemps hésitant sur sa capacité à encaisser la douleur pendant tout le rallye, il a valeureusement commis quelques coups d’éclat, comme sur la route de Nouakchott où il a mené son coéquipier David Casteu à une première victoire d’étape sur le Dakar, ou dans celle de Kiffa, où il a encore grignoté quelques minutes à Coma. Au total, Despres termine le Dakar avec quatre victoires d’étapes, mais aussi avec quelques mauvais choix de navigation qui auraient de toute façon compromis une lutte d’égal à égal avec Coma.

Isidre Esteve Pujol aurait pu prendre le relais de Despres pour dĂ©fendre les chances de l’équipe KTM – Gauloises. Mais après une lourde chute qui lui a valu un Ă©clatement de la rate dans l’étape Nouakchott – Kiffa, le trio de costauds qui s’était dĂ©gagĂ© ne comptait plus qu’une vĂ©ritable tĂŞte : Marc Coma. Le sans-faute rĂ©alisĂ© ensuite pour tenir sa position est Ă  la fois une preuve de sa valeur et un hommage Ă  Andy Caldecott, son coĂ©quipier dĂ©cĂ©dĂ© Ă  qui il a dĂ©diĂ© sa victoire.

Si le titre n’a pas échappé à un des ténors du plateau, le Dakar 2006 a permis de découvrir quelques motards de tous horizons, à prendre au sérieux pour les prochaines éditions. Les Portugais Faria et Rodrigues, qui ne se sont pas contentés d’assurer le show à domicile dans les premières étapes, ont fait une entrée remarquée. David Casteu, qui disputait son premier Dakar en tant que pilote officiel, a remarquablement rempli son rôle de porteur d’eau, accroché une victoire d’étape et terminé 8ème du classement général. Alain Duclos, vainqueur de la catégorie marathon grâce à sa 7ème place au général, a surtout remporté à Bamako une victoire d’honneur dans sa ville natale. Les Américains Chris Blais, 4ème cette année, et Jonah Street, 17ème pour sa première participation mais très en vue en fin de rallye, feront certainement encore parler d’eux dans le futur.

Le classement spĂ©cifique rĂ©servĂ© aux « malles moto », c’est-Ă -dire aux motards engagĂ©s sans assistance, a Ă©tĂ© remportĂ© par Patrice Carillon (29ème au gĂ©nĂ©ral). La course fĂ©minine, privĂ©e de la tenante du titre Ludivine Puy pour une chute alors qu’elle menait la catĂ©gorie, a quant Ă  elle Ă©tĂ© gagnĂ©e par Patricia Watson-Miller.

La victoire de Luc Alphand n’a rien d’une surprise. Sa deuxième place en 2005, pour sa première année chez Mitsubishi, avait laissé entrevoir un futur encore plus radieux. Avec la voiture qui semble la mieux taillée pour le Dakar, ses ambitions de victoire étaient donc légitimes. Encore fallait-il réussir à contrer son coéquipier, Stéphane Peterhansel. Et maîtriser les voitures de la maison d’en face, Volkswagen, dont les Race Touareg II se sont révélés redoutables.

Le schĂ©ma de course imaginĂ© par Peterhansel suivait le mĂŞme canevas que celui prĂ©vu par Despres. Il a fonctionnĂ© encore plus longtemps. « Peter » a mĂŞme exploitĂ© au maximum les possibilitĂ©s du Mitsubishi Pajero Evo IV sur le terrain mauritanien, lĂ  oĂą les Ă©carts se creusent. En arrivant au Mali, le pilote Mitsu avait au passage battu le record absolu de victoires d’étapes (51 succès !) et son avance confortable de 40 minutes sur Alphand donnait aux spĂ©ciales suivantes l’allure d’un boulevard. Mais les rebondissements sont parfois cruels. Sur la spĂ©ciale menant Ă  LabĂ©, Peterhansel a commis la faute irrĂ©parable, en percutant un arbre qui l’a bloquĂ© plusieurs heures. Le remake d’un mauvais film dont il Ă©tait dĂ©jĂ  le hĂ©ros en 2003, Ă  l’approche de Sharm-el-Sheikh.

Luc Alphand, qui Ă©tait constamment restĂ© Ă  distance raisonnable, a hĂ©ritĂ© de ce cadeau mais a aussi mis du panache dans le hold-up final orchestrĂ© les derniers jours. Pour contrĂ´ler le danger De Villiers, l’ancien skieur a remportĂ© deux Ă©tapes d’affilĂ©e, Ă  LabĂ© et Tambacounda. LĂ  oĂą « Peter » avait tremblĂ©, « Lucho » a remarquablement rĂ©sistĂ© Ă  la pression. Son avantage sur De Villiers est de 17’53’’. Amplement suffisant.

Dans un premier temps, l’attention avait Ă©tĂ© monopolisĂ©e par les « VW », le rallye s’étant ouvert par un festival du dĂ©butant vedette de l’annĂ©e, Carlos Sainz. Vainqueur des deux premières spĂ©ciales portugaises, le double champion du monde de rallye WRC a Ă©galement fait valoir ses talents de pilote Ă  Ouarzazate, mais avait dĂ©jĂ  perdu toutes ses chances de victoire Ă  la journĂ©e de repos. Alternant le meilleur et le pire, Sainz a, entre autres dĂ©convenues, passĂ© plusieurs heures bloquĂ© au km 26 de la spĂ©ciale vers Nouakchott. L’Espagnol Ă©tait venu pour apprendre. La leçon est parfois sĂ©vère, mais il repart tout de mĂŞme avec quatre victoires d’étape, record de l’annĂ©e.

A l’image de Sainz, la flotte des Race Touareg a connu de plus en plus de problèmes, pendant que les « Mitsu » trouvaient une stabilitĂ© dans le rallye. Dans la mĂŞme journĂ©e, Bruno Saby a perdu près de sept heures. Trois Ă©tapes plus tard, c’est Jutta Kleinschmidt qui stoppait sa route sur une rencontre avec un arbre. Finalement c’est Giniel De Villiers, avec une deuxième place finale au classement gĂ©nĂ©ral conquise grâce Ă  un niveau de galères minimal, qui reprĂ©sente le mieux la firme allemande.

L’écurie Schlesser-Ford s’est aussi momentanĂ©ment positionnĂ©e comme une alternative crĂ©dible aux « Mitsu » et « VW ». Les trois vĂ©hicules du team sont Ă  l’arrivĂ©e Ă  Dakar, et le recrutement de Thierry Magnaldi est probablement la trouvaille de l’annĂ©e. Vainqueur Ă  Zouerat et Ă  Nouakchott, l’ex-motard signe deux des trois victoires de l’équipe, « Monsieur Jean-Louis » ayant gagnĂ© son premier scratch depuis 2001 Ă  Er Rachidia. Leur poids dans le classement gĂ©nĂ©ral n’a pas Ă©tĂ© si important qu’ils l’espĂ©raient (Schlesser 6ème, Magnaldi 10ème), mais la rĂ©colte 2006 a de quoi rĂ©jouir le constructeur de buggys. L’animation de la course a Ă©galement Ă©tĂ© assurĂ©e par les BMW – XRaid, et notamment une belle fin de rallye de Guerlain Chicherit, qui poursuit son apprentissage du Dakar avec une victoire d’étape entre Tambacounda et Dakar.

Derrière l’élite, le challenge des amateurs a été remporté par Bob Ten Harkel et Herman Vaanholt sur un Land Rover (19ème au général), celui des premiers participants par Miguel Barbosa et Miguel Ramalho (22ème). La compétition entre les véhicules de production a été quasiment dominée de bout en bout par Jean-Jacques Ratet au volant d’une Toyota HDJ 100 (18ème), le classement des T2 diesel revenant au Japonais Yoshio Ikemachi (23ème). Mention spéciale à Florence Bourgnon et Corentine Quiniou (50ème), seul équipage féminin arrivé au Lac Rose, et au Portugais Ricardo Leal Dos Santos (46ème), qui a commencé et terminé le rallye seul dans un Mitsubishi Pajero.

La compĂ©tition camions n’a pas Ă©chappĂ© aux Kamaz et prĂ©cisĂ©ment Ă  Vladimir Chagin, qui a mis tous les moyens nĂ©cessaires pour ne pas vivre une mĂ©saventure similaire Ă  celle de 2005. En se confectionnant une avance de plus de trois heures après avoir remportĂ© les six premières spĂ©ciales, le « Tsar » s’est mis Ă  l’abri de la concurrence. L’inspiration Ă©tait bonne, puisque Chagin s’est fait piĂ©ger Ă  deux reprises dans le sable mauritanien. Ensuite, aidĂ© par son lieutenant Firdaus Fabirov, il a gĂ©rĂ© son avance sur Hans Stacey, qui a tout de mĂŞme bĂ©nĂ©ficiĂ© de la libertĂ© de gagner cinq Ă©tapes. A Dakar, Chagin fĂŞte son cinquième titre, le septième pour Kamaz.

Dépêches

20:44

Inauguration de la stèle Thierry Sabine

Vingt ans et un jour après la disparition de Thierry Sabine, crĂ©ateur du Paris-Dakar en 1979, les organisateurs du rallye ont inaugurĂ© une stèle en son hommage dans le village de N’Gor. En prĂ©sence du Maire de la commune, du reprĂ©sentant du Maire de Dakar et du Ministre des sports, la cĂ©rĂ©monie s’est tenue « dans la simplicitĂ© et l’intimitĂ©, comme Thierry Sabine l’aurait aimĂ©e », a soulignĂ© Etienne Lavigne, Directeur du Dakar.

Fondateur du rallye, Thierry Sabine a Ă©tĂ© unanimement saluĂ© pour son action. Son sens de la dĂ©couverte, son intĂ©rĂŞt pour l’Afrique et en particulier pour le SĂ©nĂ©gal, ont marquĂ© les esprits depuis maintenant 27 ans. « Je voudrais d’ailleurs demander Ă  tous les concurrents du Dakar, qui passeront dans le futur sur cette route en se rendant Ă  l’arrivĂ©e finale, de marquer une pause devant cette stèle en hommage Ă  ce grand homme », a souhaitĂ© Daouda Faye, ministre des sports du SĂ©nĂ©gal.
10:01

Étape 15 : Dakar > Dakar

En raison des événements dramatiques survenus ces deux derniers jours, l’ultime étape Dakar-Dakar conduisant les concurents au podium du Lac Rose ne sera pas chronométrée.
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