retour_racine
31 décembre 2005 - 15 janvier 2006 | Lisboa > Portimão
  • Total liaisons 4813 km
  • Total spéciales 4230 km
  • Total  9043 km
retour_boutique

Portraits

moto

D’égal à égal ?

NUMERO 12 - YAMAHA MOTOR
David Frétigné (FRA)

David Frétigné n’a participé au Dakar que deux fois, mais son évolution le place déjà comme un personnage incontournable de la caravane, y compris pour la bataille en tête de course. Son arrivée dans le monde du rallye raid a été remarquée par le défi technologique dans lequel il s’est lancé. En 2004, face à l’armada des KTM 660, Frétigné s’est présenté au départ de Clermont-Ferrand avec une Yamaha 450 cm3 deux roues motrices. Une révolution.

Dès les premières spéciales, « Fretos » a rendu l’expérience concluante. Il a remporté, il est vrai sur des distances assez courtes, les deuxièmes et troisièmes spéciales, qui l’ont propulsé temporairement à la tête du général. Ce classement, davantage symbolique que significatif, rassura le clan Yamaha et autorisa Frétigné à afficher quelques ambitions. Sans lutter à armes égales avec les motos autrichiennes, la suite de son parcours a tout de même été impressionnante. Le 14 janvier 2004, lors de l’étape entre Bamako et Ayoun El Atrous, Fretigné a frappé un grand coup en remportant sa première spéciale africaine : une consécration. « C’était mon jour. Au départ tout le monde croyait qu’une 450cm3 ne ferait rien de bien sur le Dakar. Mais j’avais confiance en cette moto, j’avais promis que je l’emmènerai jusqu’au bout. Et maintenant, non seulement je me rapproche du but mais en plus je gagne une vraie spéciale africaine » déclarait-il à l’arrivée au bivouac.

En 2005, Frétigné a confirmé sa domination sur les spéciales courtes en s’imposant à Barcelone et à Grenade, et a surpris tout son monde dans la fameuse étape Zouérat – Tichit, où il s’est adjugé un troisième scratch. Au final, David s’est classé 5ème du général et aurait probablement intégré le podium s’il n’avait pas passé une vingtaine de minutes avec Fabrizio Meoni, qu’il accompagnait au moment de sa chute fatale.

Pour la 28ème édition, la progression logique de l’ancien champion du monde d’enduro pourrait se poursuivre vers le sommet de la hiérarchie. Les changements réglementaires qui participeront à réduire la vitesse des leaders devraient combler une partie du handicap de Frétigné face aux plus grosses cylindrées. Le talent doit faire le reste.


Les temps forts de sa carrière

1993 2ème au Championnat du Monde d’Enduro par Equipe (I.S.D.E)

1994 5ème au Championnat de France d’Enduro
7ème au Championnat du Monde d’Enduro en France
1er au Husky - Days

1996 Vice-Champion de France d’Enduro
7ème au Championnat du Monde d’Enduro

1997 3ème au Championnat de France d’Enduro
3ème au Trèfle Lozérien
7ème au Championnat du Monde d’Enduro

1998 2ème au Championnat de France d’Enduro en 250 cc
3ème au Championnat du Monde d’Enduro
7ème à l’Enduro du Touquet

1999 Champion du Monde ISDE en 400 4-Temps
Vice-Champion de France (250cc)
Vainqueur du Trèfle Lozérien
Vainqueur du Cross-Country
3ème de l’Enduro du Touquet

2000 Champion de France d’Enduro
Champion du Monde ISDE
Champion de France de Cross Country
Vice-Champion du Monde d’Enduro ISDE (catégorie 400 – 4 Temps)
Vainqueur du Trèfle Lozérien
Vainqueur de la Rand’Auvergne

2001 Champion de France d’Enduro
Champion de France de Cross Country
Champion du Monde ISDE catégorie 250 4-Temps.

2002 Champion de France d’Enduro
Champion du Monde d’Enduro 250 4-Temps ISDE
Champion de France de Cross Country
Vainqueur du Trèfle Lozérien
Vainqueur du Rallye Raid AMV Shamrock.

2003 Vainqueur de la catégorie moins de 511 cc au Rallye ORPI du Maroc
Champion de France d’Enduro
Vainqueur du Rallye AMV SHAMROCK
Champion de France de Cross Country

2004 7ème du Rallye Telefonica – Dakar / 1er de la catégorie 450cc
4ème de l’Enduro d’Hossegor
Vainqueur du Trèfle Lozérien
Champion de France d’Enduro (450cc)
Champion de France Offroad
Vainqueur du Rallye AMV SHAMROCK

2005 5ème du rallye Telefonica – Dakar, 3 victoires de spéciales
Vainqueur du Rallye AMV SHAMROCK
auto

A l’attaque, Jean-Louis !

NUMERO 314 – Schlesser-Ford
Jean-Louis Schlesser (FRA) – François Borsotto (FRA)

Double vainqueur du Dakar, premier pilote à s’être imposé avec un véhicule deux roues motrices et quintuple vainqueur de la Coupe du Monde FIA des rallyes tout terrain : mais qu’est ce qui fait encore courir Jean-Louis Schlesser ? A 57 ans, cet ancien pilote de circuit a en effet quasiment tout gagné en rallye raid. Seulement voilà, depuis la main mise des Mitsubishi sur le Dakar, Jean-Louis Schlesser ronge son frein. Compétiteur dans l’âme, homme de défis, cet ancien pilote de F1 chez Williams n’est pas du genre à se laisser abattre. Et si le constructeur artisan qu’il est ne lutte forcément pas à armes égales avec les équipes officielles, il arrive tout de même à titiller les Peterhansel, Alphand et autres Saby.

Depuis 2001 et l’émergence des Mitsubishi, « Jean-Louis la malice » essaie de rivaliser. Ainsi, lors de l ‘édition 2001, alors qu’il écopait d’une heure de pénalité pour s’être fait pousser dans une zone neutre, il s’est battu comme un lion pour conduire sa deux roues motrices à la 3ème place au général. Le Dakar 2002 s’arrête au Maroc mais il finit la saison avec un quatrième titre consécutif de champion du monde des rallyes raids !

Les dernières années ont été marquées par une collection d’abandons sur le Dakar, à l’exception de sa 3ème place en 2004. Ses passages plus ou moins prolongés sur le rallye ont eu le tort de lui construire une réputation de « casseur de voitures », mais aussi le mérite de clarifier la situation sur le potentiel de ses machines. En 2005, par exemple, Schlesser avait pris l’ascendant sur ses rivaux dans l’étape Zouerat –Tichit, avant de rester bloqué au Fort de Gallaouya pour un problème mécanique. Nul ne sait dans quelle mesure il aurait pu taquiner les meilleurs si son camion d’assistance n’était pas, lui aussi, tombé en panne.

Pour prendre sa revanche sur les « usines », Schlesser s’est attaché les services d’un autre pilote de buggy bien connu, Thierry Magnaldi. Au volant de deux V8 qui n’ont pas grand chose à envier aux « Mitsu » et « VW », les deux hommes n’ont qu’un mot d’ordre : l’attaque, pour gagner. Josep-Maria Servia, assis dans la troisième voiture de l’écurie, jouera les porteurs d’eau de luxe.


Le palmarès Dakar de Jean-Louis Schlesser

1996 14ème au général, Grenade – Dakar (sans copilote)
1997 Abandon, Dakar - Dakar
1998 5ème au général, Paris – Grenade - Dakar
1999 Vainqueur, Grenade - Dakar
2000 Vainqueur, Dakar – Le Caire
2001 3ème au général, Paris - Dakar
2002 Abandon étape 6, Arras – Madrid - Dakar
2003 Abandon étape 7, Marseille – Sharm El Sheikh
2004 3ème, Clermont-Ferrand – Dakar
2005 Abandon étape 7, Barcelone - Dakar


Co-pilote : François BORSOTTO (FRA)

Les temps forts de sa carrière

1985 Coupe de France Interligue - 1er
1986 Champion de France d’Enduro 125 cc
1989 Coupe de France Interclub - 1er
1996 Paris Dakar 15ème au général et 3ème catégorie Marathon
1998 Orpi Maroc 4ème au Classement Général ( copilote de Bruno Saby)
1999 Championnat de France des rallyes sur terre (Peugeot 206, copilote de Thierry Magnaldi)
2000 Coupe du Monde des rallyes raids, 2éme T1 sur Mercedes (copilote de Thierry Magnaldi)
2001 Coupe du Monde des rallyes raids, 2éme T1 sur Mercedes (copilote de Thierry Magnaldi)
2002 Coupe du Monde des rallyes raids, 1er production sur Mercedes (copilote de Thierry Magnaldi)
2003 Téléfonica-Dakar, 21ème au Classement Général (copilote de Andrea Mayer)
Orpi Maroc 3ème au Classement Général (copilote Josep-Maria Servia)
2004 Téléfonica-Dakar, 19ème au Classement Général (copilote Josep-Maria Servia)
Orpi Maroc, vainqueur de la catégorie 2roues motrices, 2ème au général (copilote de J-L Schlesser)
Rallye d’Orient vainqueur de la catégorie 2roues motrices, 2ème au général (copilote de J-L Schlesser)
camion

Un dernier baroud d’honneur ?

NUMERO 509 – LOPRAIS TATRA
Karel Loprais (RTC) - Petr Gilar (RTC) – Ales Loprais (RTC)

Recordman du nombre de victoires avec six Dakar glanés depuis 1988 (1988, 1994, 1995, 1998, 1999, 2001), Karel Loprais a écrit la légende de la catégorie camion sur le rallye. Et jusqu’à 2004 et la victoire de Peterhansel, le Tchèque était même le seul détenteur du nombre de victoires toutes catégories confondues. Ces performances lui ont d’ailleurs valu le titre de meilleur pilote tchèque du 20ème siècle.

Seulement, depuis 2001, Loprais est sorti de la spirale du succès : deuxième en 2002, abandon en 2003, 7ème en 2004 et abandon en 2005. De quoi faire resurgir sa déclaration à l’arrivée du rallye 2004 et le spectre de son retrait de la compétition : « Nous comptons participer l’année prochaine en assistance rapide. Après vingt ans de rallye, je commence à en avoir marre. Je ne vois plus le côté aventure mais surtout les galères. Je ne suis plus motivé par la compétition. »

Coup de bluff ou passion dévorante, ce vieux renard du désert est bel et bien au départ de Lisbonne, toujours comme officiel Tatra. Et au vu de son statut et de son palmarès, il sera comme chaque année l’un des outsiders les plus sérieux des Kamaz.


Le palmarès Dakar de Karel Loprais

1987 2ème au général de Paris – Alger - Dakar
1988 1er au général de Paris – Alger - Dakar
1990 3ème au général de Paris - Tripoli – Dakar
1991 4ème au général de Paris - Tripoli – Dakar
1992 3ème au général de Paris – Sirte – Le Cap
1994 1er au général de Paris – Dakar – Paris
1995 1er au général de Grenade – Dakar
1996 2ème au général de Grenade – Dakar
1997 abandon au Dakar - Dakar
1998 1er au général de Paris – Grenade – Dakar
1999 1er au général de Grenade – Dakar
2000 2ème au général de Dakar – Le Caire
2001 1er au général de Paris – Dakar
2002 2ème au général de Arras – Madrid – Dakar
2003 abandon étape 7 de Marseille – Sharm El Sheik
2004 7ème au général de Région d’Auvergne – Dakar
2005 abandon étape 11 du Barcelone – Dakar
moto

Simon Pavey : « Je ne pourrai pas être sur la moto à sa place »

Simon Pavey s’apprête à vivre un Dakar pas comme les autres. Avec six participations au compteur, dont une place de 40ème au classement général final en 1998, cet Australien émigré en Angleterre peut légitimement se considérer comme un motard expérimenté. Pendant cette 28ème édition, il s’est vu confier un rôle à part, celui d’un coach chargé de transmettre son savoir-faire à un novice, l’acteur Charley Boorman, le tout filmé par un cameraman assez déjanté pour accepter de filmer tout en pilotant, Matthew Hall.

Le projet s’inscrit dans la continuité d’un film documentaire pour lequel Charley Boorman s’était lancé dans un voyage autour du monde à moto avec Ewan McGregor. Après ce périple arctique, les commanditaire ont voulu organiser une suite dans le désert, et se sont donc tournés vers Simon Pavey : « Sky TV m’a contacté pour raconter l’histoire d’un véritable « poireau » du Dakar, en le suivant au quotidien, dans chacune de ses galères. Charly Boorman est un fan de moto. Mon job a donc consisté à l’entraîner pendant presque un an pour qu’il soit fin prêt pour le départ. Sur le Dakar, je serai son porteur d’eau avec une seule consigne : tout faire pour l’emmener au bout ».

Habituellement livré à lui-même sur les pistes et dans les dunes, Simon devra donc faire abstraction de ses ambitions personnelles et reporter ses objectifs sur son protégé. Un exercice d’abnégation qui ne l’effraie pas outre mesure et qu’il prend comme un nouveau défi : « Je ne pourrai pas être sur la moto à sa place, mais je serai avec lui à chaque instant, pour l’aider face aux difficultés techniques, le pousser à se dépasser, à se sortir les tripes quand il aura l’impression d’être au bout du rouleau ».

La réussite du Dakar 2006 de Pavey sera donc intimement liée à la performance de Charley Boorman. A cet égard, le coach accorde a priori toute sa confiance à l’acteur anglais : « C’est un garçon déterminé qui a de vraies qualités de pilote, mais il ne mesure pas encore l’ampleur de l’aventure dans laquelle il se lance. Je crois donc qu’il va d’abord se prendre une claque avant de comprendre qu’il faut se lancer à fond dans le truc. Je crois qu’il a toutes les qualités pour y arriver ». Reste à le prouver sur la piste.

Humanitaire





moto

Un Dakar pour l’espoir

NUMERO 67 : TEAM ALSACE DAKAR
Patrice Grunewald

Donner du sens à son Dakar. L’évidence s’est vite imposée à Patrice Grunewald lorsqu’il a appris, l’hiver dernier, que son fils aîné Lucas, âgé de neuf ans, était atteint d’une maladie génétique rare, l’Ataxie de Friedreich. Une maladie orpheline qui atteint le système nerveux, provoquant des troubles de l’équilibre et des difficultés d’élocution et limitant l’espérance de vie à une trentaine d’années. Après avoir un temps renoncé à son « projet Dakar » sous le coup de l’émotion, Patrice, modeste amateur alsacien de 39 ans, part avec l’objectif de vaincre ses propres appréhensions à moto pour aider la recherche médicale, en particulier l’Association Courage Contre l’Ataxie de Friedreich (A.C.C.A.F.), présidée par un professeur de l’hôpital Necker à Paris.

« Lorsqu’on nous a appris l’existence de la maladie, ç’a été comme un coup de massue, raconte Patrice d’une voix tremblante. Pour moi, il n’était plus question de partir sur le Dakar, je voulais simplement rester auprès de ma femme et de mes enfants… Et puis les copains du Team Alsace Dakar m’ont convaincu que le rallye, avec son exposition médiatique, pouvait nous être très utile pour informer le grand public et réunir des fonds pour la recherche médicale ». Les médias locaux ayant répondu présents, les opérations du team (repas, foires régionales, vente de T-shirts) ont déjà permis de récolter plusieurs milliers d’euros.

Et si son premier Dakar s’est achevé en 2004 aux portes du désert mauritanien, Patrice Grunewald, patron d’une concession Nissan Trucks dans les environs de Strasbourg, apparaît plus déterminé que jamais à amener sa KTM sur les rives du Lac Rose. Afin d’aider la recherche à préserver l’espoir pour les quelque 1500 enfants et adultes affectés en France par cette terrible affection génétique.
Visiter le site de France 2 Visiter le site de France 3 Visiter le site de France 4