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31 décembre 2005 - 15 janvier 2006 | Lisboa > PortimĂŁo
  • Total liaisons 4813 km
  • Total spéciales 4230 km
  • Total  9043 km
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Portraits

moto

Doubler la mise

NUMERO 1 - GAULOISES KTM
Cyril Despres (FRA)

L’histoire de Cyril Despres s’apparente à un véritable comte de fées. Mécanicien il y a six ans, il se retrouve aujourd’hui dans la peau du tenant du titre sur ce 28ème Euromilhoes Dakar. A 31 ans, le Français est sans conteste l’homme à suivre en tête de course dans la catégorie motos, l’ensemble de sa saison 2005 ayant largement conforté son statut de grand favori.

Au moment de s’élancer pour son premier Dakar, en 2000, ce Francilien d’origine ne se doutait pourtant pas qu’il deviendrait l’un des tous meilleurs motards de rallye raid du monde. Après quelques expériences en enduro et en trial (premier français au Trêfle Lozerien), il s’engageait sur son premier Dakar en 2000 avec un ami, en véritable poireau. Alors que des pilotes tels que Richard Sainct ou Nani Roma luttaient déjà pour la victoire, le néophyte Despres poursuivait son apprentissage. Ce qui ne l’empêchait cependant pas de terminer 16ème au général au Caire.

L’annĂ©e suivante a Ă©tĂ© celle de la rĂ©vĂ©lation pour Cyril. Au guidon d’une Honda 650, il termina 3ème du rallye de Tunisie et remporta le rallye du Maroc ! Ses rĂ©sultats forcĂ©ment remarquĂ©s lui permirent d’intĂ©grer pour le Dakar 2001 le team BMW comme 4ème pilote. Porteur d’eau de luxe de Nani Roma, il s’offrait le luxe de rallier Dakar Ă  la 13ème place au gĂ©nĂ©ral et, cerise sur le gâteau, de gagner sa première spĂ©ciale africaine. Pour le Arras – Madrid – Dakar en 2002, Despres a Ă©tĂ© recrutĂ© par l’armada KTM. Mais une saignĂ©e mal placĂ©e l’a fait chuter lourdement et l’a contraint Ă  l’abandon dès la 7ème Ă©tape.

En 2003, pour le Marseille – Sharm El Sheik, le Nemourien confirmait les ambitions affichées l’année précédente au Maroc et en Tunisie. En gagnant trois spéciales, il finissait sur la deuxième marche du podium en Egypte, intercalé entre deux légendes de la piste, Richard Sainct et Fabrizio Meoni.
La saison qui suivit, Cyril passa Ă  la vitesse supĂ©rieure et s’adjugea le titre de champion du monde des rallyes raids 2003. Le pilote KTM continua ensuite de franchir les Ă©chelons en s’imposant notamment au Maroc. Fort de ces rĂ©sultats, il aborda le Dakar 2004 avec l’unique objectif de remporter le prĂ©cieux Graal. Grâce Ă  un dĂ©but de parcours exemplaire et des qualitĂ©s Ă©videntes de stratège, il rĂ©ussit Ă  prendre la première place du gĂ©nĂ©ral après la septième Ă©tape. Mais la journĂ©e suivante lui fut fatale : un jour « sans » ou tout va de travers (problème de GPS, panne d’essence) qui brise ses espoirs de victoire. Il termine tout de mĂŞme troisième Ă  Dakar.

Après avoir goûté aux deux dernières marches du podium, Cyril Despres a construit son premier succès en 2005 dans l’étape en boucle Atar-Atar, où il a écarté la concurrence pour le reste du rallye. Le décès de Fabrizio Meoni le lendemain n’a fait que lui donner une raison supplémentaire de porter au plus haut les couleurs de l’équipe KTM Gauloises, déjà assommée par la disparition de Richard Sainct quelques mois plus tôt. Malgré une pénalité réduisant son avance sur Marc Coma à deux jours de l’arrivée, la mission a été accomplie à Dakar.

Le palmarès Dakar de Cyril Despres

2005 Vainqueur, Barcelone – Dakar (2 victoires d’étapes)
2004 3ème , Clermont-Ferrand – Dakar (4 victoires d’étapes)
2003 2ème du Telefonica-Dakar
2002 Abandon, Arras-Madrid-Dakar
2001 13ème , Paris-Dakar (une victoire d’étape)
2000 16ème, Dakar - Le Caire (2e de la catégorie 400)
1999 1er national de la Gilles Lalay Classique
1er national du Trèfle Lozérien
1998 Champion de France d’enduro national B
13ème du rallye de Tunisie
1993 Champion de France de trial senior
auto

L’homme des records

NUMERO 300 : MITSUBISHI RALLIART
Stéphane Peterhansel – Jean-Paul Cottret

StĂ©phane Peterhansel fait partie de la poignĂ©e de pilotes qui ont façonnĂ© le Dakar. Fort d’un passĂ© dĂ©jĂ  glorieux en… skate-board (champion de France Ă  14 ans), mais surtout en enduro, en motocross et en supercross, il a dĂ©couvert le Dakar en 1988. Sa première participation, achevĂ©e par une honorable 18ème place, lui permet Ă  la fois de cĂ´toyer ses mentors Cyril Neveu et Hubert Auriol et de confirmer son attirance pour le dĂ©sert et, question moto, pour la navigation. Son apprentissage du rallye-raid, oĂą le mĂ©lange de la sagesse et du panache s’avère payant, se poursuit jusqu’en 1991, annĂ©e de sa première victoire Ă  moto sur le Dakar. « J’avais enfin compris comment il fallait rouler », explique Peterhansel.

Et ce n’était que le dĂ©but, puisque le motard au bandana bleu remportait au total six titres en huit ans au guidon d’une Yamaha. A son passage sur quatre roues, dans un premier temps chez Nissan en 1999, « Peter » entame un nouvel apprentissage. Les qualitĂ©s acquises Ă  moto sont rapidement mises Ă  profit : 7ème pour son coup d’essai, il monte sur la deuxième marche du podium dès l’annĂ©e suivante, dĂ©jĂ  accompagnĂ© de Jean-Paul Cottret. En 2003, un incident minime dans l’avant-dernière Ă©tape le prive d’une victoire qui lui tendait les bras. La consĂ©cration attend donc 2004, annĂ©e oĂą « Peter » devient Ă  Dakar le deuxième pilote de l’histoire après Hubert Auriol Ă  s’imposer Ă  la fois Ă  moto et en auto.

Totalement maĂ®tre de son sujet, Peterhansel a survolĂ© le rallye 2005, contrĂ´lant Ă  distance son unique rival qui n’était autre que son coĂ©quipier Luc Alphand. Le multiple champion du monde de ski se prĂ©sente Ă  nouveau comme le principal concurrent pour la victoire, mais il est comme tout le monde prĂ©venu de la forme actuelle de son chef d’équipe, qui s’est montrĂ© plus qu’impressionnant lors de l’UAE Desert Challenge. Pour une de ses rares apparitions de l’annĂ©e, « Peter » a tout simplement remportĂ© les huit spĂ©ciales au programme de l’épreuve. Un grand chelem qui en dit long sur son niveau de performance et de motivation Ă  l’approche du Dakar.

Le palmarès « Dakar » de StĂ©phane Peterhansel

1991 1er Ă  moto, Paris - Dakar
1992 1er Ă  moto, Paris - Le Cap
1993 1er Ă  moto, Paris - Dakar
1995 1er Ă  moto, Grenade - Dakar
1997 1er à moto, Dakar - Agadès - Dakar
1998 1er Ă  moto, Paris - Grenade - Dakar
1999 7ème au général, Grenade – Dakar (auto)
2000 2ème au général, Dakar - Le Caire (auto)
2001 12ème au général (1er T1), Paris - Dakar
2002 Abandon, Arras-Madrid-Dakar
2003 3ème, Marseille – Sharm-el-Sheikh
2004 1er au général, Clermont-Ferrand - Dakar
2005 1er au général, Barcelone - Dakar



Co-pilote : Jean-Paul COTTRET (FRA)

- Vainqueur du Dakar en 2004 et en 2005 en tant que copilote
- Cinq arrivées sur le podium du Dakar
- Vainqueur des Rallyes de Tunisie et du Maroc en 2004 en tant que copilote
camion

Oublier 2005

NUMERO 508 – KAMAZ-MASTER
Vladimir Tchaguine (RUS)
Semion Yakubov (RUS) - Serguei Savostin (RUS)

Avec quatre victoires en sept participations, le Russe Vladimir Tchaguine, au volant de son Kamaz 4x4, fera cette année encore figure de grand favori au départ de Lisbonne. Une 28ème édition d’autant plus importante pour le chef de file de l’écurie Kamaz-Master, qu’il veut s’offrir une revanche après une course frustrante en 2005.

Malgré une domination éclatante et 6 scratches en 16 étapes, le quadruple vainqueur a en effet dû se contenter d’une 18ème place finale, indigne de son rang. La faute à une panne d’essence dans la terrible 7ème étape entre Zouerat et Tichit, alors qu’il menait le classement général avec plus de 25 minutes d’avance sur son coéquipier Firdaus Kabirov. Sorti de cette mésaventure en 49ème position sur 53 engagés, après avoir perdu plus de 12h30, Tchaguine laissait ainsi s’échapper ses chances de signer un quatrième succès consécutif.

Dur Ă  avaler pour l’enfant prodige de la catĂ©gorie camion ! En 1996 pour la première fois de l’histoire du sport automobile russe, Vladimir Tchaguine devenait champion du monde des rallyes raids. Il participa alors Ă  son premier Dakar, oĂą il a terminĂ© dans les cinq premiers au gĂ©nĂ©ral. La suite de sa carrière confirma ses talents de pilote : en 1999, il remporta le Desert Challenge, Dakar – Le Caire, la Baja italienne, puis le rallye de Tunisie en 2000. Depuis, le benjamin de l’équipe Kamaz a surfĂ© sur la vague de ses dĂ©buts avec notamment trois victoires consĂ©cutives sur le Dakar.

Cette 28e édition revêt une importance toute particulière pour le constructeur russe puisqu’un nouveau succès, le 7e, lui permettrait de pointer désormais seul en tête au palmarès des victoires par marque, une longueur devant son concurrent historique Tatra. Un honneur auquel tient Tchaguine, déjà vexé d’avoir dû laisser son porteur d’eau Kabirov égaliser l’an passé.


Le palmarès « Dakar » de Vladimir Tchaguine

1996 : 5ème du Grenade - Dakar
2000 : 1er au gĂ©nĂ©ral du Dakar – Le Caire
2001 : abandon Ă©tape 13 du Paris - Dakar
2002 : 1er au gĂ©nĂ©ral du Arras – Madrid – Dakar
2003 : 1er au gĂ©nĂ©ral du Marseille – Sharm El Sheik
2004 : 1er au gĂ©nĂ©ral du RĂ©gion d’Auvergne - Dakar
2005 : 18ème du Barcelone – Dakar
moto

Voyageur au long cours

NUMERO 205 : CBV RACING TEAM
Christophe Barrière-Varju

Plus que sa double nationalité franco-australienne, Christophe Barrière-Varju porte en lui l’esprit du voyage au long cours. Un tropisme naturel qui lui vient de ses grands-parents, originaires de Hongrie, d’Espagne et d’Italie. Une identité multiculturelle qui est aujourd’hui sa force. Enfance à Marseille, où son père était préparateur automobile de Formule Renault, adolescence à Abidjan, études à l’Université de San Diego et premiers boulots entre la Californie et New-York.

En 2000, Christophe trouve son petit paradis terrestre au nord de Sydney. « L’Australie est un mĂ©lange de cultures europĂ©enne et amĂ©ricaine avec une vĂ©gĂ©tation de brousse qui me rappelle les pistes africaines », insiste-t-il. C’est pourquoi ce fou de moto, devenu responsable d’une sociĂ©tĂ© de consulting, portera les couleurs de « ses » trois pays sur la route de son premier Dakar : la France, la CĂ´te d’Ivoire et l’Australie. « C’est un peu les Nations Unies », s’amuse-t-il.

Autre certitude, son retour sur le continent africain, par le biais du Dakar, aura une forte charge Ă©motive : « En fait, lorsqu’on me demande d’oĂą je viens, j’ai tendance Ă  rĂ©pondre : « Abidjan », parce que j’y ai passĂ© toute mon adolescence (douze annĂ©es au total, ndlr). C’est lĂ  que j’ai commencĂ© le motocross avec mon père. En 1986, un copain de mon père m’a donnĂ© le casque d’Hubert Auriol. J’ai commencĂ© Ă  gagner des courses avec cet objet fĂ©tiche (…) Revenir Ă  moto en Afrique, c’est très spĂ©cial pour moi ». D’autant que ses parents habitent toujours en CĂ´te d’Ivoire et que sa sĹ“ur rĂ©side aujourd’hui au Mali. Par consĂ©quent, Christophe considère qu’il n’a pas le droit de manquer son objectif : arriver au Lac Rose. Et il voit dĂ©jĂ  plus loin puisqu’il compte crĂ©er un team australien pour le Dakar 2007 avec son copain David Schwarz.

Humanitaire





moto

Francisco le galicien solidaire

Numéro 204
Francisco Gomez Pallas

Francisco a la solidaritĂ© chevillĂ©e au corps. Quand on est Galicien c’est une valeur incontournable. La rĂ©gion est rude et l’entraide permanente. Le naufrage du Prestige et ses consĂ©quences n’ont fait que renforcer ces liens. Et pour Francisco, le Dakar est intimement liĂ© a cette catastrophe. « Je m’entraĂ®nais quand le navire a coulĂ©. J’ai continuĂ© a prĂ©parer le rallye tout en aidant comme je pouvais ». Sur la moto de sa première participation, Francisco avait apposĂ© un autocollant oĂą figurait simplement le nom de ce coin d’Espagne : « Costa Da Mort ». Sa course est devenue celle de ses compatriotes. « Les gens ont vu que la vie continue toujours et que quand on lutte, on avance. Les mĂ©dias parlaient de moi. C’était comme si j’étais allĂ© loin, lutter seul, mais au nom de tous. »

Francisco, pour sa quatrième participation, est toujours un hĂ©ros local. Le courant de sympathie a son Ă©gard n’a pas baissĂ© et lui, toujours fidèle a ses origines, ne fait pas ce nouveau Dakar sans penser aux autres. « J’ai conclu un accord avec Caritas pour recueillir des vĂŞtements. Nous avons installĂ© sept points pour les donations dans mon village de Carvahlo. Le but est de rĂ©colter le plus de vĂŞtements possible pour pouvoir les distribuer dans les 7 pays que nous allons traverser. »

Francisco a mĂŞme fait faire une affiche apposĂ©e partout dans sa rĂ©gion : « ÂżAfrica tiene Frio ? Dona tu Ropa ! » (« L’Afrique a froid ? Donne tes vĂŞtements ! » Cette annĂ©e encore, le succès a dĂ©passĂ© toutes ses espĂ©rances. « On ne pourra pas tout emmener dans le camion et on cherche dĂ©jĂ  comment faire parvenir les surplus. Il faut dire que les gens ont rĂ©pondu avec beaucoup de gĂ©nĂ©rositĂ©. Des commerçants ont mĂŞme donnĂ© des vĂŞtements neufs ». En Galice la solidaritĂ© est dĂ©cidĂ©ment une marque de fabrique Ă©ternelle.
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