

Vérifications techniques et administratives
Un record pour la route
Le premier grand départ du Portugal coïncidera donc avec un autre fait historique pour le Dakar, puisque le record de participation au rallye est officiellement battu à l’issue des vérifications techniques et administratives. Il y aura pour cette 28ème édition 475 véhicules en course (232 motos, 174 voitures et 69 camions, soit 775 personnes), auxquels il faut ajouter 237 véhicules d’assistance. La caravane du Dakar aurait même pu être légèrement plus étoffée, mais cinq camions DAF, qui comptaient disputer la victoire aux favoris de Kamaz, ont été refusés après les vérifications techniques.
L’exclusion des rivaux annoncés de Vladimir Tchaguine et du tenant du titre Firdaus Kabirov a constitué le feuilleton à épisodes de cette dernière journée avant le départ de Lisbonne. L’absence des Néerlandais Jan et Gerard De Rooy, et dans une moindre mesure de Hans Bekx, prive il est vrai la catégorie d’un duel de haute facture, bien que les Tatra (Loprais, A.De Azevedo) et les Hino (Sugawara) aient promis aux Russes de livrer bataille. Revenus pour tenter leur chance aujourd’hui en espérant l’octroi hypothétique d’une nouvelle fiche d’homologation de leurs camions, De Rooy et consorts ont patienté en vain.
Les Hollandais avaient durant les derniers jours essayĂ© de modifier leurs machines afin qu’elles puissent respecter la fiche d’homologation dĂ©jĂ existante de leurs anciens camions. Certains travaux n’ayant pu ĂŞtre menĂ©s, les camionneurs se sont vus opposer une rĂ©ponse sans surprise de la part du collège des commissaires sportifs. « Nos commissaires ont relevĂ© des non-conformitĂ©s par rapport Ă la fiche d’homologation », a prĂ©cisĂ© son prĂ©sident, Robert Lagulhon. Ils nous ont dit que certains points pouvaient ĂŞtre mis en conformitĂ© avant le dĂ©part, mais que pour d’autres ce serait bien trop long. Nous avons donc pris la dĂ©cision de refuser le dĂ©part Ă ces camions ». Devant l’évidence de l’application du règlement de la FIA, les intĂ©ressĂ©s n’ont pas fait appel de cette dĂ©cision et ont immĂ©diatement rebroussĂ© chemin. « Nous n’avons plus qu’à rentrer aux Pays-Bas pour fĂŞter la nouvelle annĂ©e », essayait de plaisanter Gerard De Rooy malgrĂ© la dĂ©ception.
Tous les autres concurrents ayant Ă©tĂ© dĂ©clarĂ©s aptes, la plupart se contenteront certainement d’un rĂ©veillon beaucoup plus calme, entre la 1ère et la 2ème Ă©tape. A commencer par David FrĂ©tignĂ©, expert s’il en est des spĂ©ciales europĂ©ennes, puisqu’il a tout simplement remportĂ© les quatre dernières au programme, Ă Narbonne et Castellon (2004), puis Ă Barcelone et Grenade (2005). Cette annĂ©e, l’Aveyronnais compte confirmer l’évolution comptable des Yamaha (plus de 60 prĂ©sentes sur le rallye, contre 23 l’an dernier) par une progression qualitative au classement gĂ©nĂ©ral : « J’aime assez prendre des initiatives, et je n’ai pas peur de tenter des coups. En tous cas, je jouerai Ă fond ma chance pour aller chercher le podium », s’enthousiasme celui qui a terminĂ© Ă la cinquième place en janvier dernier.
Cette veille de dĂ©part a Ă©galement sonnĂ© l’heure des retrouvailles de StĂ©phane Peterhansel avec son univers favori. L’homme aux huit victoires (six Ă moto, deux en voiture) s’est prĂ©sentĂ© dans un Ă©tat de quiĂ©tude qui lui est coutumier, malgrĂ© la grosse impression laissĂ©e par ses rivaux de Volkswagen la veille. Avec un grand chelem de huit spĂ©ciales sur huit gagnĂ©es lors de sa dernière apparition, Ă l’UAE Desert Challenge, « Peter » semble avoir les moyens de sa tranquillitĂ©. La confiance qu’il accorde Ă son vĂ©hicule est elle-aussi certainement lĂ©gitime, mais permet Ă©galement Ă ses coĂ©quipiers de s’imaginer en haut de l’affiche. Luc Alphand, 2ème l’an dernier, reprĂ©sente probablement la plus grande menace pour le double tenant du titre : « J’ai beaucoup gagnĂ© en confiance, et maintenant il est temps de concrĂ©tiser sur le Dakar. Nous visons tous la gagne et il y a infiniment de respect entre nous. Que le meilleur gagne… », conclut l’ancien champion du monde de ski.
Jean-Louis Schlesser, qui n’a jamais nourri le moindre complexe face aux « Mitsu », avait la lourde responsabilitĂ© de fermer le bal pour ce qui concerne la prĂ©sentation de la course auto. Cette annĂ©e, le double vainqueur (1999-2000) a recrutĂ© Thierry Magnaldi et engage trois buggys de sa conception : « Ces dernières annĂ©es, j’avais fait une course un peu sage parce que les « Mitsu » Ă©taient vraiment au-dessus des autres. Mais cette annĂ©e, nous avons travaillĂ© toute la saison sur le buggy, tout est au point. En plus, avec trois voitures en course (Thierry Magnaldi et Josep-Maria Servia, ndlr), je pars bien libĂ©rĂ© pour attaquer ».
