Étape 9 - lundi 11 janvier 2010 | Copiapo > La Serena
- Spéciale 338 km
- Liaison 209 km
Échos
Un Scorpion dans le désert
Croiser des anciens vainqueurs du Dakar ou des sportifs de différentes disciplines sur le bivouac du Dakar à la journée de repos est plutôt habituel, mais des stars du rock, beaucoup moins. Rudolph Schenker, guitariste et fondateur du groupe Scorpions était invité par le team Volkswagen pour présenter son nouveau Pickup Amarok. Tout de cuir vêtu, cheveux peroxydés, le compositeur de la cultissime chanson ‘Still Loving You’ semblait ravi de découvrir ce nouvel univers très inspirant. « J’ai écrit un livre, ‘Rock your life’, qui parle de la vie et du besoin d’en faire une aventure. Le Dakar est à ce propos, la dernière aventure de ce siècle. Le fait de pouvoir faire un bout du Dakar va me donner de l’inspiration pour de nouvelles chansons. Il y a une telle énergie, une telle atmosphère. Le Dakar, c’est du rock and roll sur 4 roues ». Schenker va en effet vivre les trois prochains jours à partager le volant d’un pickup Amarok à la découverte des paysages de l’Atacama. De là à envisager participer vraiment à la course : « On ne sait jamais. J’ai une licence de pilote. J’ai déjà couru sur le circuit du Nurburgring ».
L’honneur des Sherco
Michael Pisano s’est lancé dans l’aventure. Celle du Team Casteu, qui s’est associé au constructeur français Sherco pour monter un projet ambitieux avec des motos 450cc capables d’aller chercher les toutes premières places du Dakar dans le futur. Pour l’heure, le jeune motard de 25 ans avait accepté le rôle de porteur d’eau de David Casteu, premier leader du Dakar 2010, avant de quitter la course sur une lourde chute. Pour la marque, la course a tourné à l’hécatombe, avec les abandons de Cyril Joanin et de Fred Lepan, eux aussi convertis à la Sherco. Michael reste donc le dernier à porter les couleurs de la marque, et résiste aux misères que lui joue chaque jour la course : « Il faut absolument que j’aille au bout, mais comme je suis un compétiteur, je suis déjà déçu par mon classement. Je sais que cette moto est bien née, mais chaque jour j’ai perdu du temps sur des petits pépins, c’est rageant. Dans l’étape de Copiapo j’ai passé près de deux heures à mécaniquer à cause d’un problème d’alimentation d’essence. Alors je révise presque quotidiennement mes objectifs à la baisse, en espérant maintenant de rentrer dans les 30 premiers. Je sais que le meilleur moyen de rester concentré, c’est de continuer à attaquer, sinon on subit. Et je pense que j’ai encore des choses à prouver sur les spéciales qui restent, si j’arrive à m’exprimer. »
Une Super Rocket sortie du trou
Décidément, la petite Annie Seel ne peut pas faire un Dakar sans vivre des aventures rocambolesques. Celle de la 8ème étape menant à Copiapo restera à jamais gravée dans sa mémoire. « Je roulais plutôt doucement dans la poussière avec une faible visibilité et en changeant de chemin je me suis retrouvée face à un énorme trou. Impossible de l’éviter. Je me suis jetée pour ne pas tomber dedans mais ma moto, la Super Rocket, s’est écrasée au fond ». Un trou que la Suédoise estime à 6 mètres. « Une vraie tombe, parfaitement creusée ». Le beau parcours de la plus rapide des femmes du Dakar semblait alors s’arrêter là, au fond d’un trou béant. Et Zorro est arrivé, sous les traits du directeur du Dakar, Etienne Lavigne à bord de son hélicoptère. « C’est lui qui est descendu pour sangler la moto, a enfilé mon casque pour se protéger des pierres et a aidé à la diriger lors de l’hélitreuillage. Etienne et le pilote d’hélicoptère sont les vrais héros du jour. Et en plus j’ai tout filmé ». C’est ainsi donc que l’aventure d’Annie se prolonge sur ce Dakar à émotion.
Cohue à Copiapo
Il y avait bien sûr l’avenue du 9 juillet à Buenos Aires et ses dizaines de milliers de spectateurs enthousiastes pour la présentation de départ. Il y a désormais aussi Copiapo et son public chilien qui n’hésite pas à braver le soleil, le sable et l’isolement. Dans le cirque désertique qui enserrait, hier, la ligne d’arrivée et le bivouac, le public s’est pressé de tous les côtés. A pied depuis le parking aménagé, en 4x4 ou en motos, ce sont des centaines de fans qui se sont massés derrière la fragile barrière de protection, puis ont investi les abords du campement pour apercevoir les pilotes et équipages du rallye. Sur l’arrivée de la spéciale, "Chaleco" Lopez est aussi déclaré vainqueur à l’applaudimètre, avec des « Chile ! Chile ! » d’autant plus vibrants que les spectateurs s’étaient trouvés un chauffeur de salle spontané. Les Frères Prohens n’étaient pas mal non plus. Et plus avançait la journée, plus la boutique Dakar était prise d’assaut : « On n’a plus de polaires, ni de vestes. Ni de sacs siglés Dakar », raconte Sabrina, l’une des vendeuses de cette enseigne itinérante sur le coup des 19h00, alors que le soleil tape encore très dur. Javiera Orellana, 20 ans, étudiante en agronomie essaye, elle, de tout comprendre. Mais le Dakar va parfois trop vite : « On n’a pas su quand ils arrivaient là-haut, sur la ligne, alors on s’est précipité au bivouac ! » Avec sa maman, Silvia Lopez, et sa copine Susana Marchant, elles sont là pour les Prohens, Gino Bianchi et la vedette du jour, « Chaleco » Lopez, évidemment.


