Étape 5 - mercredi 6 janvier 2010 | Copiapo> Antofagasta
- Liaison 90 km
- Spéciale 483 km
- Liaison 97 km
Échos
Claudio Rodriguez : jeune, chilien et talentueux
La valeur n’attend pas le nombre des années, c’est bien connu. Claudio Rodriguez, dernier numéro de dossard du plateau moto, plus jeune compétiteur du Dakar 2010 depuis le retrait de Rodrigo Caballero, a fini, sans presque forcer, 31ème de l’étape Fiambala – Copiapo. Boosté par l’arrivée sur ses terres chiliennes, il a, en plus, franchi la ligne d’arrivée sous les cris de la foule qui scandait son surnom : « Burrito ! Burrito ! » Connu, apprécié, Claudio recueille les fruits de son show sur le podium départ de Buenos Aires. Premier motard à passer, il a eu tout loisir de déployer un drapeau chilien en chantant l’hymne national. « Je crois que les images sont passés en boucle au Chili. Par contre je ne sais d’où me vient ce surnom », confesse avec un grand sourire le motard de Vallenar, 150 kilomètres au sud de Copiapo. « C’est mon milieu de vie. C’est là où j’ai appris à faire de la moto, dans le désert qui nous environne. » Un avantage dont il tire parti dès son premier Dakar : « Je vois bien que les Européens ne savent pas s’adapter au mélange sable et cailloux de chez nous ». Valeureux et content de courir chez lui, Claudio profite des conseils de ses potes « Chaleco » et De Gavardo et confie chaque soir son Husqvarna à son mécanicien de père. Un tableau idyllique, si ce n’étaient deux détails. Son équipe, d’abord. Tamarugal, lui a confisqué son portable pour éviter les longs appels de sa « polola » Maria. Sa timidité, ensuite. « Je n’ose pas parler à Coma, Despres ou Peterhansel . Ce sont mes idoles. Mais manger à leurs côtés au bivouac, c’est déjà beaucoup. »
Sauvée par un cheval
A voir Cristina Meier, marchant vers le bivouac de Fiambala vers 12h, beaucoup auraient pu penser que la grande Allemande avait tiré un trait sur son Dakar 2010. Et bien non, elle venait juste chercher de l’assistance. L’une des rares femmes inscrites en moto avait normalement pris le départ de l’étape du jour et roulait plutôt bien jusqu’au moment ou elle a calé, après une cinquantaine de kilomètres. Impossible de redémarrer sa Yamaha 450cc. Le parcours de la spéciale étant une boucle autour de Fiambala, Meier réalise alors qu’elle ne se trouve qu’à 2 kilomètres de la terre promise, le bivouac et son camion d’assistance. Encore fallait-il s’y rendre. « Je suis rentrée à dos de cheval », rigolait-elle en se dirigeant vers son assistance. « Des Argentins m’ont longtemps aidé à redémarrer et ils m’ont finalement proposé ce moyen de locomotion original pour retourner au bivouac ». Cristina allait ensuite retourner sur la spéciale accompagner d’aide pour lui donner les moyens de repartir à l’assaut de cette maudite spéciale. A 19h16, l’Allemande retrouvait enfin le bivouac de Fiambala… sur la selle de sa Yamaha !
Un taxi pour… Copiapo
Patrice Carillon en aura fait, des kilomètres, lors de l’étape menant les concurrents à Copiapo. Tout se passait relativement bien jusqu’au kilomètre 50, où un maudit rocher projette le pilote et sa moto à terre. Bilan, une fuite au niveau du réservoir de carburant et une roue avant sérieusement endommagée, mais suffisamment rafistolée pour continuer sa route. Le motard arrive tant bien que mal au CP2 où il tombe en panne sèche. « J’ai ensuite pris un taxi qui m’a emmené jusqu’à Copiapo pour récupérer du carburant mais sur le chemin du retour, c’est le taxi qui est tombé en panne d’essence ». Une histoire digne du parfait petit galérien du Dakar, qui s’est fort heureusement bien achevée. « Je suis tombé sur des touristes italiens qui m’ont embarqué dans leur 4X4 jusqu’à ma moto. Je leur dois beaucoup ». A l’arrivée de spéciale, la préoccupation principale de Patrice carillon était évidemment de trouver une station essence pour ne pas subir un nouveau contretemps en route vers le bivouac.
T2 : Le duel est lancé
Dans une course de vitesse, les projecteurs sont naturellement braqués sur ceux qui terminent les premiers. Mais en sports mécaniques, la différence de moyens techniques et financiers est décisive. Le mérite revient donc aussi aux pilotes qui ont choisi de s’engager dans des véhicules de la catégorie « Production », c’est-à-dire très légèrement modifiés par rapport aux modèles de série. L’année dernière, Nicolas Gibon s’était emparé de ce titre convoité. Sur l’étape de Copiapo, il a assumé son statut en précédant ses rivaux, mais les cinq meilleurs se tenaient toutefois en 23 minutes sur le parcours du jour. D’ailleurs, c’est toujours Xavier Foj, un des prétendants les plus crédibles au volant d’un Toyota Land Cruiser, qui domine la catégorie. Mais son avance n’est plus que de 10’20’’ sur Gibon. Bien sûr, l’Espagnol sait que sa position est instable, mais entretient toujours l’espoir : « Les étapes difficiles devraient me permettre de jouer ma carte. Sur les parcours roulant, j’ai conscience que Gibon est plus rapide, c’est un très bon pilote. Mais sur le sable, j’ai des possibilités. Je serais surtout fier de gagner dans cette catégorie, car elle est accessible à des pilotes de tous horizons, et c’est aussi ce qui intéresse Toyota Espagne ».


