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Étape 5 - mercredi 6 janvier 2010 | Copiapo> Antofagasta

  • Liaison  90 km
  • Spéciale 483 km
  • Liaison  97 km

Focus

Ne pas manquer de liquide !

Aves des températures dépassant les 45 degrés, les problèmes de déshydratation et d’insolation sont une réelle menace pour les pilotes et équipages. L’approvisionnement des concurrents en eau est aussi une donnée majeure à prendre en compte pour les équipes d’organisation.

Copyright A.S.O. / Amaury Sport Organisation

La progression du rallye vers le nord et son exploration de l’Atacama jusqu’à Iquique promet aux concurrents un menu copieux en dunes. Elle s’accompagnera certainement d’une hausse des températures avec laquelle devront composer les pilotes, qui ont déjà eu un avant-gout de la fournaise lors des deux étapes précédant l’entrée au Chili. Le mercure a dépassé les 45 degrés, et les premiers cordons de dunes exigent des efforts difficilement soutenables sous la chaleur. Ludovic Boinard, pourtant conscient de la nécessité absolue de s’hydrater en continu, fait partie de ceux qui ont souffert entre La Rioja et Fiambala : « dans un premier temps j’ai eu des problèmes avec ma moto, et c’est à cause de cela que j’ai sombré. Je ne pouvais rouler qu’en première et en deuxième, jusqu’à ce qu’elle s’arrête complètement. Je me suis posé sous un arbre, j’ai fait le maximum pour éviter le soleil, mais j’ai dû pousser la moto assez longtemps, c’était très dur. Je crois que j’ai bu six litres d’eau, en demandant plusieurs fois du ravitaillement à des spectateurs, mais j’ai bien senti que je déclinais », raconte Ludo.

A peine rendu à Fiambala, la mine pale et la démarche peu sure, le motard s’est donc dirigé illico vers la tente médicale, où l’on avait déjà agencé une enfilade de lits de camp prêts à accueillir les victimes de coups de chaud. « Depuis deux jours, les symptômes de déshydratation et d’insolation sont nets : maux de tête, vomissements, diarrhées, etc. En fait, ils ont généralement l’impression de boire suffisamment, environ 5 ou 6 litres, mais la réalité c’est qu’il faudrait plutôt boire 8 litres par jour, explique Zeferino Campos, un des médecins de l’organisation. Aujourd’hui nous avons eu environ 60 cas de ce genre, c’est-à-dire plus de la moitié de notre activité. C’est mon quatrième Dakar, et pour l’instant je n’avais jamais vu une journée avec autant de problèmes liés à la chaleur. Certaines fois, cela peut conduire à un abandon immédiat. Le motard tombe, sans gravité, mais il est bien trop affaibli pour pouvoir relever sa moto. Surtout qu’il est aussi atteint au niveau de sa lucidité ! ».

Pour éviter ces cas de défaillances extrêmes, la question de la distribution et de l’acheminement de l’eau est centrale pour les équipes d’organisation du rallye. Sur les contrôles horaires (CH), les contrôles de passage (CP) ou, au besoin, sur n’importe quel endroit de la piste, il faut pouvoir dépanner un concurrent en manque d’eau. Avec plus de 350 véhicules, et des concurrents qui tournent à 5 litres par jour en moyenne, le dispositif doit être souple et réactif. Marc Phily, en charge des opérations de logistique sur le rallye, a donc été contraint d’anticiper les cas où des postes stratégiques pourraient manquer de liquide : « qu’il s’agisse des médecins, des véhicules télé, des balais, des CP, tous les véhicules qui partent sur le parcours embarquent environ 100 litres d’eau. On peut ajouter à cela les bus d’arrivée et de départ, qui ont dans leurs coffres environ 500 litres chacun. Sur le bivouac, c’est notre prestataire en matière de restauration qui s’occupe d’avoir en permanence les quantités nécessaires. Et en réserve, nous avons aussi environ 3000 litres dans les camions de fret de l’organisation. Evidemment, ces quantités sont réapprovisionnées en permanence quand nous passons dans des villes ». Sur une étape comme celle de Fiambala, les redéploiements imaginés par Marc ont été utiles : « Avec la consommation qu’il y a eu, nous avons déclenché le plan B, de manière à redistribuer l’eau dans certains endroits. Par exemple, les hélicoptères ont aussi été mis à contribution à chaque fois qu’ils passaient par le bivouac, afin de transporter de l’eau vers les CP. L’essentiel, c’est que les besoins en eau nous soient signalés suffisamment tôt. Ensuite, nous trouvons les moyens adaptés pour intervenir. »