Dakar

- moto

040 - Le « Chavo » n' en revient pas

    La nuit est engagée. Le froid s'est insinué partout. La ville, tout près, résonne pourtant toujours des orchestres et son ciel est zébré des fusées d'artifices que la population en fête lance aux étoiles, déjà moins lointaines  quand on vit à 3 700 mètres…Il sort de la salle du réfectoire où les rescapés de l'étape étudie le road-book du lendemain. Une famille VIP qui a arraché le privilège de rentrer dans le bivouac des aventuriers du Dakar l'assaille : « Chavo ! Chavo ! » Le sourire las, il pose. Encore une fois. « Tu sais c'est incroyable ! dit-il ensuite. Tous ces gens, tous ces drapeaux. Et le Président qui me donne en exemple dans son discours… » Juan-Carlos Salvatierra fréquente le Dakar depuis quelques années déjà (29e l'an dernier) mais l'arrivée en Bolivie l'a bouleversé au-delà de tout. Et perturbé aussi : « Il est 21h30 et je n'ai pas fini de noter le road book. Et je dois encore travailler sur la moto. Et, tu sais, même sur le parcours j'avais du mal à me concentrer avec tous les vivas et les drapeaux. » Le parc fermé est attenant à la caserne où est établi le camp de base du Dakar à Uyuni. Ils sont des centaines derrière les barrières à regarder les pilotes changer les roues, faire la vidange ou changer les filtres. Certains, impatients, scandent, de temps en temps : « Chavo ! Chavo ! » Lui ne sait pas encore qu'il faudra aussi affronter ce nouveau pic de popularité. En pleine nuit. De quoi dérouter n'importe quel pilote du Dakar.

    La Ch'ti Friterie a toujours la patate

      La baraque à frites, c'est pour certains un défi qui fait sourire. Pourtant, Hervé Diers, qui avait réussi à conduire son drôle d'engin au bout du Dakar en 2009, peut déjà se réjouir d'avoir atteint la journée de repos à Salta, ce que seuls 73 pilotes ont réussi à faire. Mais ce premier objectif, c'est au prix d'efforts conséquents et en affrontant des pépins en cascade que le Nordiste l'a rempli : « Je crois que nous avons eu notre dose de problèmes. Dès la 2ème étape, nous avons cassé nos amortisseurs et nous avons passé la nuit dehors avant d'attaquer les dunes. Et l'étape la plus galère, ça a été la 5ème, où là-aussi nous nous sommes tankés dans les dunes. Nous avons passé un bout de temps à aider des motards, et nous avons pris notre plaisir comme cela, explique Hervé. En sortant de la spéciale le lendemain matin, nous pensions que c'était terminé parce que le bivouac était très loin. Mais la direction de course nous a autorisés à rejoindre directement le départ de la spéciale suivante. Avec 10 heures de sommeil en trois jours, on commençait à piocher, mais on est quand même passés de la dépression à l'euphorie. » Depuis, le duo a repris confiance, notamment après avoir résolu tous les problèmes mécaniques qui pourrissaient leur progression : « La journée de repos a fait du bien, tout est maintenant réparé et nous commençons à vraiment nous faire plaisir avec l'auto ». Mais le réel plaisir, ce sera à Valparaiso, bien entendu.

      Nelson n'a pas appuyé sur le bouton rouge…

        Il remarque que lors du départ de la 5e étape il était encore 5e au général. On sent que c'est juste pour se confirmer à lui-même que son pari n'était pas si fou. Premier paraguayen à participer au Dakar dans la catégorie quad, Nelson Sanabria, fils de Nelson Sanabria, le préparateur de son quad, a ensuite connu l'extrême exigence du Dakar. « C'était le jour de la grande chaleur. C'était le jour de ce fesh-fesh avec, en-dessous, du sable meuble. Le quad s'enfonçait. Je le sortais. Il s'enfonçait encore. Et je le ressortais. Et puis je n'ai plus pu. La déshydratation était là. Heureusement un Chilien, Enrique Guzman, s'est arrêté. Il m'a donné de l'eau. On a ressorti le quad. Et il est parti. J'ai failli appuyer sur le bouton rouge Et je ne l'ai pas fait. Aujourd'hui je suis 14e mais je suis là. Le Dakar c'est quelque chose. Aujourd'hui encore (pour hier) l'étape pour arriver en Bolivie était super. Et puis, quand je suis descendu du quad, tout à l'heure, à Uyuni, toute la fatigue m'est tombée dessus! Avec l'altitude c'est impressionnant. » Nelson a fini 8e à Uyuni. Il sait que le classement est secondaire. Il est épuisé mais fier de lui.









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