6 janvier 2007 - 21 janvier 2007 | Lisboa > Portimao
- Total liaisons 4309 km
- Total spéciales 3606 km
- Total 7915 km
Portraits
moto
Chris Blais (USA) : « Rester ‘’facile’’ tout en roulant à fond »
Chris Blais pourrait-t-il devenir le premier américain à remporter le Dakar ? Au vu de ses chevauchées sur les dunes africaines, on peut aujourd’hui très sérieusement se poser la question. Il y a deux, ans lors de ses grands débuts sur la course, le motard américain n’avait jamais posé les roues en Afrique. Pire, c’était la première fois qu’il participait à un rallye où la navigation au road book était si importante. Cette année-là , l’Américain a pourtant terminé à la 9ème place. L’année suivante, il a arraché la 4ème place. « Aujourd’hui, je n’ai qu’un objectif : monter sur le podium. Je me suis particulièrement entraîné pour cela », affirme Chris Blais. L’année 2006 aura en effet été particulièrement chargée pour ce motard originaire de Floride. Après avoir réussi un superbe Dakar, il s’est classé 3ème de la course Vegas-Reno, 10ème du rallye du Maroc, 4ème de la Henderson solo, 5ème du rallye de Dubaï. « A Dubaï et au Maroc, j’ai pu beaucoup m’entraîner à la navigation. C’est un aspect du Dakar qui n’était pas inné chez moi car aux Etats-Unis, la plupart des courses ne se jouent pas au road book », analyse le coureur.
Le pilotage est par contre beaucoup plus dans ses gênes. Avant ses trois ans, ses parents, qui pratiquent tous les deux le deux-roues, lui ont offert sa première moto, une 70 cm3. Depuis, il n’a plus jamais lâché un guidon, son père lui inculquant au passage quelques techniques. Chris Blais s’est lancé dans le grand bain de la compétition à l’âge de 16 ans. Il y a deux ans, il a signé avec l’équipe KTM /Red Bull Dakar Rally Team. Le défi que se lance ces hommes est simple et compliqué à la fois : amener un Américain sur le podium du Dakar. Cette année, Blais relèvera seul le défi de son équipe. « C’est un peu difficile de ne pas avoir de coéquipier pour partager l’expérience du Dakar. Mais ça va aller, je vais me concentrer sur la course. » En gardant toujours un Å“il sur ses aînés dont il a pu apprécier les qualités lors des deux précédentes éditions. « Les top coureurs comme Marc Coma sont impressionnants. J’admire surtout leur capacité à rester très « facile » tout en roulant à fond. C’est ça qu’il faut réussir à faire pour claquer le Dakar ». En tout cas, ses concurrents sont prévenus : l’Américain est observateur et surtout il apprend très vite…
auto
Carlos Sainz (ESP) : « Je vais arriver mieux préparé »
Après Ari Vatanen, Juha Kankkunen et Colin McRae, un nouveau multiple Champion du monde des rallyes s’aligne depuis l’an dernier sur le Dakar, et non des moindres : l’Espagnol Carlos Sainz, 26 lauriers en WRC. Sacré en 1990 et 1992, le Madrilène compte par ailleurs quatre titres de vice-champion et, en 17 ans de présence en WRC, est monté à 11 reprises sur le podium final du championnat du monde. Et c’est peut-être là la plus grande force de l’ancien champion d’Espagne de squash, titre qu’il enleva à l’âge de 16 ans : la régularité dans la performance. En attestent ses 97 podiums en WRC.
Après 17 saisons en Championnat du Monde des rallyes, et malgré une vitesse de pointe et un plaisir au volant toujours intacts, comme l’ont démontrées ces 4ème et 3ème places aux rallyes de Turquie et de Grèce 2005, alors qu’il n’effectuait qu’une pige chez Citroën en remplacement de François Duval, « L’Empereur » a donc décidé fin 2004 de laisser la place aux jeunes en WRC. Mais après avoir consacré quelques mois à sa famille, Carlos Sainz a rapidement reçu de nombreuses propositions pour préparer sa reconversion et parmi elles l’offre de Volkswagen dès le début de la saison 2005 en vue d’une première participation sur le Dakar. Une offre difficile à refuser pour l’éternel passionné qu’est ce ‘’socio’’ du Real Madrid.
A 43 ans, Carlos Sainz a donc débarqué, l’an dernier, sur le Dakar fort d’une réputation d’éternel prétendant à la victoire, même s’il se défendait de viser un tel objectif pour sa première participation. Totalement novice en rallye raid, le Madrilène comptait initialement faire ses premiers pas dans la discipline à l’occasion du Rallye des Pharaons, puis de Dubaï. Volkswagen ayant renoncé à s’engager sur ces deux épreuves, préférant effectuer de longues séances de tests, l’Espagnol n’avait piloté son Race Touareg 2 en course qu’à l’occasion de la Baja Portalegre, dont le terrain est très proche de ce qu’il connaissait en WRC. L’adaptation du fougueux espagnol n’a pourtant pas tardée. Carlos Sainz a ensuite fait connaissance avec le Dakar, finissant 11ème, à 10 heures d’Alphand, mais ne rééditant pas la performance d’Ari Vatanen, vainqueur de son premier Dakar dès sa première participation en 1987…
« Malgré toute l’information que l’on m’avait fourni, rien ne vaut la photo personnelle que l’on peut prendre sur une épreuve. Je n’avais jamais participé à une course en Afrique. C’est maintenant fait et j’en ai retiré beaucoup d’informations ». Ainsi que quelques satisfactions, puisque Sainz a été, avec quatre succès, le plus gros vainqueur d’étapes du Dakar 2006 en voitures. Les deux premières, courues au Portugal, puis celles arrivant à Ouarzazate et Kayes. Connaissant le sens de la compétition de Sainz il y a fort à parier que son second Dakar sera d’un tout autre tonneau, même si l’Espagnol s’en défend : « L’objectif c’est de lutter pour que l’équipe gagne. Je sais que c’est une généralité de dire cela mais pas dans le cadre d’une course comme le Dakar, où l’on sait qu’il peut se passer beaucoup de choses. Ce qui est sûr c’est que je vais arriver mieux préparé ». Ce qui en langage Sainz veut dire compétitif.
camion
Hans Bekx (HOL) : La revanche du banni
Hans Bekx n’est plus très copain avec le règlement. En 2005, il attaque sur les pistes africaines et est en passe de réaliser sa meilleure performance, solidement accroché à la deuxième place du général avant la dernière étape. Lors d’un contrôle de routine à Dakar, les commissaires sportifs trouvent sur son camion trois éléments non-conformes au règlement. Conséquence : le sympathique entrepreneur de Maria-Heide est mis hors course, à 31 km seulement de la ligne d’arrivée ! Le compétiteur fulmine…
L’année dernière, Hans Bekx s’est aligné au départ de Lisbonne avec un superbe camion DAF. Après les vérifications techniques d’usage, le véhicule ainsi que quatre autres poids lourds ont été déclarés non-conformes la veille du départ par les commissaires de course. De guerre lasse, après de longues palabres, les Hollandais et leurs camions ont du reprendre l’autoroute. Direction : les Pays-Bas. Le compétiteur enrage une nouvelle fois…
Hans Bekx est en effet un véritable passionné du Dakar. Ancien sponsor du motard Eric Verhoef, le Néerlandais a découvert le Dakar comme concurrent en 1998 au volant d’un camion Ginaf de 560CV. Une première participation qui s’est conclue par un abandon à mi-parcours, mais qui a permis à l’entrepreneur de transport de contracter le virus et surtout de comprendre la compétition. Pas assez, néanmoins pour atteindre l’arrivée lors de sa deuxième participation l’année suivante. Le Néerlandais a alors pris une année de réflexion et développé un nouveau camion Ginaf de 700CV. Des modifications qui lui ont permis d’atteindre le Lac Rose en 8ème position en 2001, son meilleur résultat sur le rallye, égalé en 2004.
Mais le plus beau fait d’arme de Hans Bekx remonte peut-être à 2005, l’année de sa première disqualification. Lors de cette édition, le Néerlandais s’est positionné d’entrée comme l’un des outsiders les plus dangereux du Tsar Chagin, en remportant les deux premières spéciales. Une 3ème victoire suivra dans la 11ème étape. Mais, alors que le général était promis à Kabirov, Hans Bekx a été mis hors course. Si l’on ajoute cette déception à celle connue l’année dernière avant le départ, inutile de dire que pour le Dakar 2007, Hans Bekx a de l’énergie et de l’enthousiasme à revendre. Il espère approcher les premières places et pourquoi pas monter sur le podium. En tout cas le Hollandais n’est pas superstitieux : cette année encore, il présentera le même camion aux vérifications techniques. Son équipe et lui ont travaillé toute l’année pour se réconcilier avec le règlement mais surtout pour retrouver au plus vite les paysages d’Afrique…
moto
Kutlu Torunlar (TUR) : « Arriver à Dakar en un seul morceau »
Sportif accompli, mais aussi casse-cou assumé, Kutlu Torunlar est l’un des deux représentants turcs sur le Dakar. Sélectionné pour les Jeux olympiques de Barcelone en 1992 et d’Atlanta en 1996 pour défendre les couleurs de la Turquie en planche à voile, il a également un Camel Trophy au compteur, « 8000 kilomètres de galères entre Santiago du Chili et la terre de feu ». Pour ce motard de 38 ans, le sport c’est avant tout pour les montées d’adrénaline et pour l’effort : « je viens sur le Dakar parce que c’est dur et qu’on en bave ». Alors pour être certain d’avoir sa dose et de rester dans l’esprit des pionniers du rallye, il vient sans assistance, mais avec le soutien du premier turc à avoir participé au Dakar, Kemal Merkit, qui n’est autre que son associé en affaires.
Comme tous les rookies, il se dirige un peu vers l’inconnu. « Toutes les représentations que je me fais sont le fruit de mon imagination ». Son point fort ? La navigation. « Les nouvelles règles me conviennent car c’est un vrai retour à la navigation à l’ancienne, proche de celle dont le marin que je suis a besoin lorsqu’il part en mer ». Les pistes rocailleuses en revanche, ne sont pas son point fort, il lui faudra faire le dos rond jusqu’aux dunes mauritaniennes pour qu’il puisse faire étalage de sa maîtrise de la conduite dans des conditions extrêmes. Pour sa première participation, ce compétiteur insatiable met la barre haut, très haut. « Sportivement, je compte arriver à Dakar, en un seul morceau si possible, mais je ne viens pas pour les vacances, alors le vrai but, c’est d’être dans le top 20 de la catégorie 450, voire dans les cinq si cela se passe bien. » En fin de compte, Kutlu Torunlar ne craint rien ou presque : « Ma femme ! Elle est très inquiète et elle se demande où tout cela va s’arrêter, d’autant qu’elle m’a déjà récupéré en miettes à de nombreuses reprises…Mais elle sait que ces défis sont indispensables à mon équilibre et qu’autrement, je tournerais en rond. »
Javier Arenas : « Nous visons 4.000 parrainages »
Javier Arenas et Carlos Reig participent à leur deuxième Dakar cette année, mais c’est comme si c’était leur première fois. Pour ces deux Barcelonais, le sport est une chose importante mais la générosité tout autant. Un peu déçus de n’avoir pu monter une opération humanitaire digne de ce nom l’an dernier, les deux membres de l’équipe Pelayo-Aldeas Infantiles ont cette fois le sourire avant le grand départ de Lisbonne : « Depuis le début de notre projet Dakar nous étions motivés par une action humanitaire dans le cadre de la course, souligne Javier Arenas, le pilote. Nous avons réussi à nous entendre il y a quelques mois avec Aldeas Infantiles à partir d’un constat simple : le trajet du Dakar correspond à peu de choses près aux villes où est implantée l’association ».
Aldeas Infantiles est une organisation, présente sur tous les continents, qui vient en aide aux jeunes en leur proposant assistance et formation sur leur lieu de vie. « Le but est d’aider, mais surtout de construire. Les jeunes qui sont concernés par Aldeas Infantiles ont les éléments pour trouver des solutions professionnelles chez eux. C’est une philosophie que nous trouvons positive en ce sens qu’elle prend en compte les problèmes locaux et qu’elle permet d’éviter les risques d’une émigration désespérée ».
Concrètement les synergies entre les deux concurrents et l’ONG ont abouti à un projet visant à réaliser 4.000 parrainages de jeunes africains sur les 15 jours du rallye, financés par le versement d’une somme de 300 euros sur l’année. Pour cela un site internet a été créé (www.undakardiferente.org) ainsi qu’un numéro vert : 902.100.136
Comme Javier et Carlos ont de la suite dans les idées, ils se sont aussi projetés dans l’après Dakar : « Nous effectuerons une tournée de centres commerciaux dès que nous serons revenus où nous présenterons une expo photos sur l’épreuve et sur les centres où les jeunes sont accueillis ». Pelayo, assureur espagnol et sponsor principal de l’équipe, met également la force de son réseau dans la bataille humanitaire en relayant la campagne de parrainages auprès de ses clients : « C’est le retour de cette entreprise qui avait un temps été un sponsor majeurs avec des ambitions de victoires et qui cherche maintenant une participation simple et éthique » précise encore Javier Arenas.